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Politique

Masques gratuits !

Castex à Lille. Masque obligatoire en extérieur, exigeons la gratuité pour tous !

Ce lundi Jean Castex était à Lille, l'une des villes qui a rendu obligatoire le port du masque dans les zones piétonnes. Si la généralisation du port du masque est plus que tardive au vu des signaux de reprise épidémiques, ce sont bien les moyens pour imposer cette obligation en extérieur qu’il s’agit une nouvelle fois de dénoncer : la répression pour imposer cette obligation d’un côté, la non-gratuité des masques pour les profits des grandes entreprises de l’autre.

lundi 3 août

Crédits photo : © ALIX GUIHO - FRANCE

Après la visite surprise de Darmanin ce dimanche, Jean Castex a tenu à se rendre à Lille. Tandis que le premier ministre est venu annoncer le renforcement de la police municipale de 60 policiers suite aux demandes de Martine Aubry, la maire PS, le second est venu promouvoir la stratégie sanitaire du gouvernement face aux premiers signaux de reprises épidémiques. Au programme, l’obligation du port du masque en extérieur notamment dans les zones piétonnes.

Et pour cause, dans la métropole lilloise, « la dynamique est très inquiétante et il faut absolument (la) casser » prévient le docteur Patrick Goldstein du CHU de Lille. Ainsi dans l’agglomération lilloise, « le taux de positivité atteint 3 %, un niveau trois fois plus élevé que dans le reste du département » explicite Ouest-France. De plus, « le taux d’incidence s’établit désormais à 38 personnes contaminées pour 100 000 habitants contre 17 deux semaines plus tôt ». Au cœur de Lille, la situation est encore plus préoccupante puisque le taux se situe « autour de 40, encore plus proche du seuil d’alerte » qui est fixé à 50.

Dès lors, la généralisation du port du masque y compris en extérieur aurait dû être conseillée bien avant pour chercher à briser la dynamique épidémique en cours. Et cela d’autant plus qu’au niveau national, ce week-end a vu plus de 1000 nouveaux cas par jours et des réanimations en hausse le virus continue de circuler. C’est ce que pointe notamment un jeune retraité lillois toujours selon Ouest-France. « Je trouve que ça a été pris un peu tard » pointe-t-il.

Mais cette obligation de porter le masque doit aussi être jaugé à l’aune des déclarations contradictoires du gouvernement précédent qui affirmait que les masques étaient « inutiles » voire contre-productif. Dès lors comment imaginer que le port du masque comme les mesures barrières soit respecté lorsque les affirmations sont si contradictoires ? De même, lorsque le gouvernement lui-même se pavanait sans masque, il y a quelques semaines, à Matignon lors de la signature du Ségur de la Santé alors même qu’il s’agissait d’un endroit clos.

Aujourd’hui donc, c’est par la répression une nouvelle fois que le gouvernement compte bien imposer une obligation que la population serait à même de s’imposer elle-même si elle ne s’affrontait pas à un discours aussi contradictoire. C’est ce que pointe toujours Ouest-France : « dans les rues du centre-ville, la quasi-totalité des passants portaient un masque ».

Comme lors du confinement, le gouvernement compte bien au travers la répression faire peser la responsabilité d’un redémarrage de l’épidémie sur la population. C’est en ce sens, qu’il faut lire la venue de Darmanin pour plus de police et de répression. Désormais, le port du masque sera obligatoire pour sortir dans certaines zones sous peine d’amendes, d’abord 135, puis 1500 euros en cas de récidive dans les 15 jours, puis de la prison. Et Jean Castex ne s’en cache pas : « Ça donne une ambiance de sécurité » précise le nouveau chef du gouvernement. Ainsi, l’une des faces du port obligatoire du masque, c’est la répression accrue des contrevenants, qui sont souvent contraints financièrement de s’exposer au virus. On peut présumer qu’à l’instar de la période de déconfinement, le port du masque rendu obligatoire sera le théâtre d’une répression toute aussi féroce.

Mais l’autre face, c’est celle du coût que pèse une telle obligation sur les travailleurs. Ainsi, les populations les plus précaires, mais aussi les plus exposées au virus, sont ceux qui sur lesquels pèsent le plus cette obligation et surtout le risque d’amende. C’est ce que pointe à Libération un retraité lillois lors de la visite de Castex : « Où est le Premier ministre ? Où se cache-t-il ? Je vais lui montrer ! » interpelle le retraité agitant une facture en l’air : « Comment voulez-vous que les gens achètent cinquante masques à 40 euros ? ». En somme, c’est encore une fois une manière de faire payer aux travailleurs la crise sanitaire.

Plus que jamais, il s’agit de dénoncer l’offensive liberticide qui vise à imposer une mesure sanitaire nécessaire par la répression, mais aussi d’exiger plus que jamais la gratuité des masques pour toutes et tous. Nos vies pas leurs profits !




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