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Politique

Convergence

Ce mardi, les travailleurs de la santé convergent avec les retraités mobilisés pour leur pension

Le 8 octobre, les retraités sont dans la rue, pour la 9ème fois depuis l'élection de Macron, pour la revalorisation des pensions. Par suite de l’appel de neuf organisations du secteur de la santé et du social, les retraités seront rejoints par les travailleurs des hôpitaux, des Ehpad et du service à domicile, dont ceux mobilisés par le collectifs inter-urgence mobilisés depuis plus de 6 mois dans une grève dure contre la détérioration de leurs conditions de travail.

lundi 7 octobre

C’est pour la revalorisation de leur pension que les retraités battent le pavé. Et pour cause, ils subissent depuis maintenant de trop nombreuses années des politiques libérales compressant leurs pensions et faisant toujours plus baisser leur pouvoir d’achat. Des pensions qui seront une fois de plus attaquées de plein fouet par la réforme des retraites de Macron qui prépare, avec la retraite par points, une baisse généralisée des pensions.

Les hospitaliers, urgentistes, travailleurs des Ehpad rejoignent les retraités !

Ils ont été rejoints ce lundi par les personnels de la santé, ce qui constitue un élément important de convergence et de solidarité avec les retraités. Ainsi, plusieurs organisations syndicales - CFE-CGC, CFDT, CGT, FO, Sud, Amuf -, le collectif Inter-Urgences, ou encore la Coordination nationale de défense des maternités et des hôpitaux de proximité appellent à se mobiliser pour que « les services d’urgence montrent la voie ». Dans un communiqué les neuf organisations déplorent « un profond malaise » et appellent les travailleurs et les usagers à la mobilisation. Parmi elles, le collectif Inter-Urgences, à l’origine de la grève des urgences, a refusé toutes les miettes du gouvernement visant à casser le mouvement et est au front dans une grève qui dure depuis six mois et touche 264 hôpitaux.

Les retraités passent toujours à la caisse : la réforme des retraites comme un coup de grâce

Déjà, Macron avait montré par sa volonté de gel des pensions et d’augmentation de la CSG de 25%, que son gouvernement ferait des économies sur nos anciens, alors même que les taxes des grands patrons sont diminuées, et que leurs cotisations sont exonérées. Les fortes mobilisations des retraités et retraitées et leur place aux côtés des gilets jaunes, sur les ronds-points, avaient contraint le président à céder en partie, de manière temporaire.

Si Delevoye et le gouvernement tentent de faire passer la réforme pour un projet tendant à renforcer l’équité, les retraités et plus globalement de larges pans de la population et des travailleurs ne sont pas dupes. Rappelons que le système de retraites à points constitue une attaque violente du gouvernement Macron contre sa population : en annonçant sa volonté de remettre à l’équilibre le système des retraites en 2025, il promet le gel ou la baisse des pensions. De plus, l’objectif principal de la réforme est la maîtrise des dépenses, le gouvernement bloquant la part des dépenses de pension (part des retraites maintenue sous 13,8% du PIB) alors que tous les ans 150 000 nouveaux retraités supplémentaires seront contraints de se partager une pension de plus en plus en petite.

La réponse au projet de réforme se fait de manière explosive. Le 13 septembre dernier, c’est l’ensemble du réseau ferré d’Ile de France qui était à l’arrêt, c’est plus de 98% des agents RATP qui s’étaient mis en grève. Ce mardi 8 octobre, ce sont nos retraités qui rentrent dans la bataille, contre la réforme mais aussi derrière la revendication d’une fin de vie juste et digne. En sortant dans la rue, ils affirment leur colère face à une réforme qui ne passe pas et face à des gouvernements qui ont cru pouvoir, sans recevoir de réaction, attaquer leurs conditions de vie.

Cependant pour gagner face au gouvernement Macron, il faudra proposer une réponse bousculant le calendrier établi jusqu’ici par les syndicats et il faudra permettre au monde du travail de se doter d’un vrai plan de bataille. Face à la stratégie de négociation systématique de nos directions syndicales et face à la timide préparation de la mobilisation interprofessionnelle du 24 septembre, pour gagner s’impose la nécessité de renverser le calendrier qu’elles ont établi. Face à la casse de nos acquis sociaux, c’est seulement tous ensemble, avec les retraités, les travailleurs, les enseignants et la jeunesse, en refusant toute forme de négociation, que nous pourrons obtenir une victoire. La jonction avec les travailleurs de la santé, avec les retraités, ou encore avec les travailleurs de la RATP - qui ont montré le chemin en appelant à la grève générale illimitée le 5 décembre - ouvre la possibilité de construire un « tous ensemble » pour défaire Macron.




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