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Notre classe

Ouverture à la concurrence

Convergence au dépôt RATP de Belliard à l’appel de la Rencontre des transports publics !

Ce jeudi matin, les travailleurs de la RATP étaient en grève à l’appel des syndicats contre l’ouverture à la concurrence. Des centaines de personnes ont convergé à Belliard pour un rassemblement dans l’esprit de la lutte contre la réforme des retraites !

jeudi 17 décembre 2020

Photo de couverture : Révolution Permanente - Photos de portfolio : Loubar_19

Ce jeudi 17 décembre, une partie des travailleurs de la RATP était en grève contre l’ouverture à la concurrence. Comme le notait Laura Varlet sur Révolution Permanente la veille : « L’attaque en cours contre les salariés de la RATP est historique car elle prévoit notamment la perte du statut, le transfert des personnels vers le privé, et une dégradation sans précédent des conditions de travail. Mais surtout, il s’agit de la destruction progressive du service public des transports au profit d’une logique de rentabilité dont les conséquences seront aussi catastrophiques pour les usagers. Augmentation des tarifs, fermeture des services et lignes jugés « non rentables », mise en danger des usagers en économisant sur la maintenance et les effectifs... les raisons pour se mobiliser sont nombreuses ! »

Dans ce cadre plusieurs piquets de grève avaient été organisés. A Lagny, soutiens et grévistes se sont retrouvés devant le dépôt tôt le matin avant d’organiser une Assemblée Générale où les grévistes du dépôt ont pu s’exprimer. Patrick, machiniste au dépôt expliquait à Révolution Permanente : « L’ouverture à la concurrence est une attaque pure et dure contre les travailleurs, on va travailler 300 heures de plus sans aucune hausse de salaire. Il faudrait embaucher mais la RATP s’acharne sur les travailleurs. » Des travailleurs du ferré était également présents, comme Farid, conducteur sur la ligne 3. A Pleyel, dépôt situé à Saint-Denis, une cinquantaine de grévistes étaient mobilisés sur le piquet. « C’est la première journée de mobilisation contre l’ouverture à la concurrence, notamment du département bus. Celle-ci va entraîner le transfert des personnels vers des filiales ou des opérateurs extérieurs. (…) La mobilisation prend son élan, dès le mois de janvier ça va repartir très fort parce que les attaques sont sans précédent. » y notait notamment Alexis, machiniste et syndicaliste à Solidaires RATP.

A 11h, les grévistes ont convergé au dépôt de Belliard pour un rassemblement à l’appel de la Rencontre des transports publics, auquel s’était joint la CGT RATP. Sur le dépôt, une ambiance de « piquet tournant » évoquant les fameuses matinées de l’hiver 2019-2020 où les grévistes des différents dépôts convergeaient sur différents piquets quotidiennement, répondant ainsi à l’appel de la Coordination RATP-SNCF. Pour l’occasion, différents secteurs étaient également présents afin d’apporter leur soutien aux travailleurs en grève, et dénoncer l’ouverture à la concurrence et la privatisation qu’elle implique des transports publics.

Les prises de parole ont permis aux grévistes et à leurs soutiens de s’exprimer, du haut de l’escabeau transformé pour l’occasion en estrade de fortune. Premiers à prendre la parole, les grévistes RATP ont insisté sur une lutte contre la précarisation de leurs conditions de travail mais aussi pour un service public de transport de qualité. Faouzi, travailleur de la maintenance des bus, militant CGT et l’un des chefs d’orchestre du piquet du dépôt de Belliard a expliqué : « Nous la base, on a le devoir de demander à nos directions syndicales de pousser cette grève en illimitée contre cette loi de privatisation des transports publics. » « Ils veulent tout privatiser, la RATP, la SNCF, le métro… On doit être tous solidaires ! » a poursuivi Cyril, machiniste à Belliard. « On n’a pas trop de choix que de se mettre en lutte. Nos conditions de travail sont déjà compliquées, là elles seront détruites. » a expliqué de son côté Fred, machiniste au dépôt de Lagny. Réda, machiniste à Ivry est quant à lui revenu sur le statut des travailleurs de la RATP et la volonté de l’entreprise de le briser.

Outre les machinistes, les travailleurs de la maintenance étaient également représentés avec le Collectif MRF, intervenu pour rappeler l’importance de s’adresser aux usagers. Farid, militant Solidaires et conducteur de la ligne 3 s’est quant à lui exprimé en tant que travailleur du ferré : « La loi LOM est prévue pour nous clochardiser. Ils veulent casser nos métiers et commencent par le bus. ».

Des soutiens d’autres entreprises étaient également présents en soutien aux grévistes RATP. A commencer par Anasse Kazib, cheminot et membre de la Rencontre des transports publics à l’origine du rassemblement. « Quelqu’un parlait de la Coordination RATP-SNCF. L’an dernier on a construit des liens de solidarité très forts. (…) A la SNCF on a connu le pacte ferroviaire en 2018. Il va falloir commencer un plan de bataille, parce qu’on est tous convaincus qu’une seule journée de grève ce n’est pas suffisant. Pour cela il va falloir être organisés et coordonnés, comme l’est le patronat des transports publics » a notamment expliqué le militant syndical SUD Rail, avant d’insister sur la nécessité d’un tous ensemble. Fabien Villedieu, un autre cheminot de SUD Rail, a également pris la parole pour insister sur le danger de la privatisation. Salimata de la CGT Monoprix, en lutte, est de son côté intervenue, en insistant sur la solidarité des usagers, mais aussi sur la détermination à tenir face à la direction, alors que les grévistes en question ont été récemment assignés par leur entreprise et condamnés. Cédric, secrétaire de la CGT Energie Paris a finalement fait le lien entre la privatisation à EDF et celle qui touche la RATP mais aussi évoqué la situation politique. « Le gouvernement tape, et essaye de nous faire peur comme samedi dernier. C’est nous qui faisons le travail, nous qui produisons la richesse, les entreprises sont à nous ! » a-t-il rappelé.

Côté organisations politiques, Nathalie Artaud pour Lutte Ouvrière, Olivier Besancenot pour le NPA, Mathilde Panot et Eric Coquerel pour la France Insoumise ont tous tenu à être présents et exprimer leur soutien. Salarié de la Poste, le porte-parole du NPA a rappelé : « Camarades de la RATP, ne laissez jamais passer ces politiques qui ont déglingué les conditions de travail à La Poste. Pas un jour ne passe où on ne regrette pas de pas avoir été capables de s’unir quels que soient nos services ou nos statuts. Être unis et tous ensemble c’est aussi savoir stopper les lois liberticides et sécuritaires qui sont combattues les samedis. Il faut aller jusqu’au bout, jusqu’à la victoire, et être fiers de ce qu’on a fait l’année dernière, fiers de vouloir changer la société ! »

A l’issue du rassemblement, une partie des grévistes a convergé à Bercy, aux côtés des travailleurs de EDF et GRDF, rassemblés pour une action symbolique contre les plans de privatisation de leur entreprise. Une matinée sous le signe de la convergence, aux airs de l’hiver 2019-2020 qui rappelle que la colère existe, et qu’elle devra rapidement se doter d’un plan de bataille pour faire face aux plans de la RATP et plus largement au projet de société que tente d’imposer le gouvernement à coup de réformes réactionnaires, sécuritaires et anti-sociales.




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