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Racisme d'Etat

Coronavirus et violences policières. 10% des amendes rien qu’en Seine Saint Denis

Dès l’annonce du confinement, le gouvernement a déployé un grand dispositif répressif. Alors que ces derniers jours, la vis autoritaire a encore été resserré, les premiers chiffres sont tombés : sans étonnement, les quartiers les plus populaires sont les plus visés.

mardi 24 mars

Face à la plus grande pandémie des dernières décennies, le gouvernement Macron après des semaines de discours creux et sur fond de culpabilisation accentue la répression et l’autoritarisme. Pour répondre à la crise sanitaire, il fallait un confinement oui, mais celui de Macron à coup de politiques répressives, entérinées et accentuées par l’instauration récente de « l’état d’urgence sanitaire » joue sans surprise sur le terrain de la classe et des discriminations raciales et sociales.

D’après les premiers chiffres, 1O % des amendes dressées dans le pays mercredi dernier l’ont été en Seine-Saint-Denis. Mardi dernier 1348 personnes ont été verbalisées pour « non-respect du confinement ». « Sur la première journée 10 % des PV dressés en France l’ont été en Seine-Saint-Denis », précise Fabienne Klein-Donatti, procureure de la République de Bobigny. Les amendes, d’un montant de 135 euros, pleuvent dans le département. Et depuis ce week-end les mesures répressives s’accentuent, les berges de l’Ourcq ainsi que les parcs et les squares sont interdits dans tout le département.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages et vidéos affluent pour dénoncer la violence de la police dans les quartiers populaires. En pleine catastrophe sanitaire, ces violences se font légions dans ces quartiers, les discriminations sociales et raciales sont, dans la droite lignée d’une normalisation toujours plus effective des violences policières dans les quartiers populaires.

Dans le même temps, les populations des « beaux quartiers », des centres-villes expérimentent une situation radicalement différente. Des vidéos, là encore, font le buzz sur les réseaux sociaux, cette fois pour montrer une police qui danse ou chante avec la population. Ce qui se révèle c’est le caractère systémique de l’intervention policière, ses réalisations antonymes et discriminatoires.

Toutes ces violences sont enrobés par un discours gouvernementales, relayé dans la presse bourgeoise, dénonçant un prétendu incivisme dans ces quartiers. Il convient de rappeler que la population des banlieues, est la plus confrontée aux phénomènes de grande précarité, à la continuité du travail, aux pressions financières. Ce sont ces femmes précaires qui continuent à tenir les caisses de nos supermarchés, ces ouvriers qui, lorsqu’ils le peuvent doivent faire jouer leur droit de retrait pour arrêter le travail non-essentiels face à la crise sanitaire, quand patrons et gouvernements placent leurs intérêts au-dessus de leurs vies. Ce sont ces familles précaires, enfin, qui subissent le plus durement le confinement, lorsqu’ils doivent composer avec des logements insalubres, surpeuplés, avec la promiscuité. Ce n’est donc pas une prétendue incivilité qui se joue, mais la réalisation d’une répression discriminatoire, l’expression d’une précarité supérieure.

Le caractère autoritaire des mesures prises par le gouvernement, quand les amendes ont été augmentées et que les peines peuvent aller désormais jusqu’à la prison avec la loi sur l’État d’urgence sanitaire. Avec cette loi d’urgence se révèle, une nouvelle fois, l’instrumentalisation de la crise sanitaire à des fins répressives et de restrictions des droits démocratiques. Une offensive qui touche directement les quartiers populaires puisque, nous l’avons dit, 10 pour cent des amendes concernent la seule Saint-Denis. Le gouvernement tente de nous imposer son « union nationale » par la matraque.

Si le confinement apparaît aujourd’hui comme une mesure inévitable pour endiguer l’épidémie, les nombreuses vidéos qui sont partagées sur les réseaux sociaux, montrent le caractère répressif que lui donne sa gestion policière, avec évidemment une violence particulière dans les quartiers populaires. Ces scènes nous rappellent avec fracas la nécessité de ne pas baisser la garde face à la répression en période de Covid-19, nous devrons continuer à dénoncer ces violences spécifiques que subissent pendant le confinement les plus précaires.

Il est absurde d’imposer d’un côté un confinement presque total et de pousser à la reprise du travail dans les entreprises dont l’activité n’est pas essentielle dans la période. De plus on ne peut pas être confiné et en bonne santé sans toits et revenus corrects. Il est donc urgent de réquisitionner les logements vides de façon à loger les sans abris et les plus mal-logés et de mettre en place allocution universelle à la hauteur du SMIC pour l’ensemble des précaires que la crise sanitaire privera de ses revenus, ou vivant sous le seuil de pauvreté. Au lieux de ça, le gouvernement s’attelle a perfectionner son système répressif, nous devons exiger ces mesures élémentaires, pour avancer vers une gestion à la hauteur de la crise sanitaire.

Crédit photo : Isopix




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