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Crise sanitaire et droits des travailleurs

Coup de gueule. Hani, machiniste à la RATP, contre la destruction du code du travail en temps de Coronavirus

[VIDEO] En temps de crise sanitaire et prétextant l'urgence sociale et sanitaire, le gouvernement et le patronat mettent en place une attaque sans précédents : la destruction d'un certain nombre d'acquis sociaux inscrits dans le code du travail : réduction du nombre de congés payés, durée de travail hebdomadaire pouvant aller jusqu'à 60 heures, etc. Hani, machiniste à la RATP au dépôt de Belliard et élu CSE pour le syndicat RS-RATP, pousse un coup de gueule et revient sur les attaques en cours.

samedi 28 mars

Le double discours du gouvernement en ce temps de crise sanitaire est révoltant. D’un côté, Macron et son gouvernement semblent avoir découvert les travailleurs des "services essentiels", ceux qui jusqu’à hier étaient traités comme des privilégiés et des nantis par ce même gouvernement. D’un autre côté, ils continuent les effets d’annonce : on "félicite" les soignants et tous ceux qui sont au front et continuent d’aller travailler, mais cela fait partie d’une énorme hypocrisie, puisque nous sommes envoyés au front sans protection adaptée. Quant aux travailleurs des secteurs non-essentiels, le double discours est encore plus révoltant : on nous dit "restez chez vous, mais allez travailler !" Aller travailler pour produire des choses tellement inutiles en cette période comme des pièces d’avion... c’est une honte et une mascarade !

L’expression la plus abouti de ce gouvernement toujours au service des grand patrons, malgré le double discours, reste l’attaque sans précédents contre certains acquis sociaux inscrits dans le code du travail. Dans une vidéo "coup de gueule", Hani, machiniste à la RATP au dépôt de Belliard et élu CSE pour le syndicat RS-RATP, a dénoncé avec raison une attaque historique contre les droits des travailleurs à travers ces ordonnances. Il dit clairement qu’il s’agit de "faire peser le poids de la crise sur les épaules des travailleurs et travailleuses", pour rajouter que "les grands gagnants c’est les grands patrons". "C’est aberrant ce qui est en train de se passer", poursuit Hani. C’est précisément "dans les secteurs essentiels, [comme à la RATP ou la SNCF que] les salariés ont besoin d’être ménagés pour rester mobilisés", mais aujourd’hui le choix du gouvernement et du patronat c’est de pousser les salariés à bout, de les épuiser encore plus.

En prenant l’exemple de l’énorme grève qui a eu lieu en Italie, où les travailleurs ont exigé la fermeture des usines et l’arrêt de la production dans les secteurs non-essentiels pour dire qu’ils n’ont pas envie de mourir au travail, Hani exige des directions syndicales qu’elles soient "dans l’action, car on ne peut plus laisser faire" les patrons. Hani appelle tous et toutes à sortir d’un "faux confort du quotidien car aujourd’hui nous avons des collègues qui sont victimes du Covid-19 par manque de clairvoyance et de précautions de la part du gouvernement et des direction de ces entreprises", comme le montre le fait que la direction de la RATP a mis très longtemps à décider d’arrêter la vente de tickets à bord des bus, alors qu’il était évident que cela exposait les machinistes.

Il dénonce également le fait que le gouvernement envisage de nationaliser certaines entreprises en ce temps de crise, car il s’agit d’un mécanisme bien connu de privatiser les bénéfices (quand les patrons ramassent de l’argent sur notre dos) et socialiser les pertes en moment de crise, ce qui revient à toujours faire payer les travailleurs pendant que les grands patrons s’en sortent très bien. Sur la discussion autour du chômage partiel, Hani démasque également la supercherie : "On nous parle de chômage partiel... mais est-ce que nous, notre loyer il est partiel ? est-ce que le prix de nos courses il est aussi partiel ?" C’est une manière de montrer le deux-poids deux-mesures du gouvernement, pour décharger la crise toujours sur les mêmes : "les grandes entreprises sont aidées, mais il y a quoi pour nous, les ouvriers ?"

Pour le syndicaliste, quant le gouvernement, le patronat et même les directions des organisations syndicales nous parlent de "dialogue social", il s’agit d’une vaste blague. "Quel dialogue social ? Il s’agit plutôt d’un "braquage social !", affirme Hani avec colère. "Quand on vous vit qu’on veut dialoguer et qu’en même temps on vous braque avec un flingue sur la tempe, et qu’on vous dit "on discute", vous croyez qu’il s’agit d’un dialogue équitable ?!"

Comme Hani, ce sont nombreux les syndicalistes et les travailleurs et travailleuses qui se retrouvent aujourd’hui à devoir aller travailler, à être au front de la lutte contre l’épidémie ou à assurer les tâches essentiels qui font tourner la société et qui ne sont pas prêts de se laisser faire, malgré tout le double discours du gouvernement. Hani finit cet appel à la révolte en disant que l’on "doit se battre pour les générations futures, et agir par un vrai rapport de forces ! Il faut que la base se réveille, il faut que la base se révolte ! Il faut que la base des travailleurs décide de son avenir !"




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