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Des masques « torchons » ou « serpillères » distribués par les collectivités

Les habitants et agents territoriaux de plusieurs villes ont eu la surprise de recevoir, en guise de masques, des « torchons » ou « serpillères ». Suite à la polémique, le maire de Thonon-les-Bains a rétorqué : « on est pas dans un concours de mode ! » Certes, mais le problème est ailleurs : la qualité de ces masques laisse clairement à désirer, mettant la population en danger.

mardi 12 mai

 Crédits photo : Masque distribué par la ville de Thonon pour se protéger du coronavirus / © DR / franceinfo 

Distribués à la population ou aux salariés par leurs collectivités, les masques dit « certifiés AFNOR » ne font pas l’unanimité ni sur les réseaux, ni sur le terrain. « Masques torchons, masques serpillères » peut-on lire ou entendre en commentaire sous les photos de ces fameux masques. Ces masques, notamment distribués aux animateurs travaillant dans les écoles sur les temps périscolaires – donc à des personnes en contact direct avec les enfants – au-delà de leur aspect pour le moins inesthétique, semblent surtout de piètre qualité.

Ainsi, suite à la polémique créée par la distribution de ces masques, le maire de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, a rétorqué : « on est pas dans un concours de mode ! »

Certes l’aspect esthétique ne doit nullement primer sur la qualité et la sécurité, mais parlons-en justement ! Bien que son utilisation recommande une préparation et un nettoyage individuel en amont qui leur donnent une forme plus ergonomique, nul besoin d’être un expert pour constater que ce type de masques ne protègent pas au même titre que des masques chirurgicaux.

Et quand bien même il ne s’agirait pas d’une question de « goûts et de couleurs », le confort pour un objet que l’on doit porter au quotidien pendant de longues heures n’en demeure pas moins un critère important. Et c’est aussi là que le bât blesse : en effet, leur morphologie générale, la taille de ces masques, les fils qui en dépassent ainsi que la qualité des élastiques en font un bien piètre accessoire de sécurité sanitaire.

Cela est d’autant plus inquiétant quand on rapporte la qualité de ces masques au temps qu’il a fallu attendre pour les obtenir…

Alors que les conditions dans lesquelles se font les réouvertures des écoles sont largement dénoncées par le corps enseignant et les parents d’élève, cela n’aura pas empêché leur réouverture et ce alors qu’une grande partie de la population n’est pas équipée de masques de qualité suffisante – ou même pas de masques du tout !

Face à cette situation, nous avons été nombreux à exiger, ce jeudi 7 mai, lors d’une campagne sur Twitter, la gratuité des masques pour tous et toutes, alors que le scandale des stocks des masques stockées par la grande distribution et destinés à la vente éclatait.

L’exemple de ces masques « torchons » ou « serpillères » montre bien à quel point il est difficile aujourd’hui d’être équipé correctement. Dans ces conditions, le plan de déconfinement mis en œuvre par le gouvernement pourrait mener vers une hausse du nombre de cas de contaminations au Covid-19.

Sous couvert de réduction des inégalités, les écoles ont été réouvertes. Or, les conditions de sécurité fondamentales ne sont pas réunies, malgré des mesures parfois déshumanisantes comme les marquages au sol, l’interdiction de contacts physiques ou encore les cours par visioconférence pour des enfants de moins de 10 ans … Il est pourtant clair que les véritables raisons de ces réouvertures sont à chercher du côté de la relance de l’économie au profit des capitalistes – comme le disent les enseignants eux-mêmes, les écoles ont été réouvertes pour servir de « garderie du Medef ».

Alors que le patronat continue d’avancer ses pions en faisant passer de nouvelles attaques contre les droits des travailleurs et des classes populaires telles que la suppression de certains jours fériés, le don de congés payés ou encore l’augmentation du temps de travail hebdomadaire, il est plus que jamais nécessaire de s’organiser pour que ce ne soit pas à notre classe de payer la crise !

Face aux scandales que représentent la pénurie initiale de masques, la vente et la distribution de masques grand publics de piètre qualité ou encore l’accaparement des stocks de masques par la grande distribution pour les vendre, exigeons la réquisition des stocks pour permettre leur distribution gratuite !




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