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Iran. Les USA maintiennent l’embargo en pleine crise sanitaire, le régime incapable de gérer l’épidémie

Avec près de 1.700 morts et 22.000 contaminés, l’Iran est le 3ème pays le plus touché par le COVID-19. En pleine crise sanitaire, l'embargo américain et la main mise du régime sur les richesses nationales empêchent la mise en place d'un système de santé public efficace.

mardi 24 mars

Les pompiers iraniens désinfectent les rues dans le but d’arrêter la propagation du coronavirus à Téhéran le 13 mars. Crédit photo : AFP

Au début de l’épidémie, le régime iranien a refusé de prendre des mesures, préférant faire l’autruche pour garder la face, alors qu’il venait de faire face à un mouvement de contestation important, suite à l’augmentation du prix du carburant, lors duquel de nombreux manifestants ont été tués – 1.500 selon l’agence de presse britannique Reuters, 304 selon Amnesty International, 208 selon l’ONU. La cérémonie d’anniversaire de la révolution islamique a ainsi été maintenue, de même que les élections pour l’Assemblée Islamique Consultative qui a un rôle similaire au Sénat français.

Le régime iranien a également refusé de mettre en quarantaine la ville Qom, la plus grande ville religieuse du pays, et la première gravement contaminée en Iran. En effet, l’aéroport International Khomeini est situé en lisière de cette ville, et même 10 jours après l’apparition du virus, les vols en provenance de la chine restaient maintenus, la chine étant l’un des plus important partenaire économique de la régime d’Iran. D’autre part, alors que les sanctuaires de la ville sont des lieux particulièrement fréquentés et propices à la contamination de coronavirus, les Mollah ont refusé de fermer les sites religieux.

Alors que le régime a connu une crise de légitimité importante, le gouvernement a persisté en communiquant de fausses statistiques pour minimiser la propagation du virus, et cacher son impuissance à prévenir la crise sanitaire. Autant d’éléments qui ont participé à la catastrophe actuelle, face à laquelle les classes populaires sont en première ligne. En effet, 60 millions d’iraniens vivent sous le seuil de pauvreté, et parmi eux 20 millions habitent en banlieue des grandes villes, dont plusieurs milliers de sans-abris, sans accès aux soins, aux produits d’hygiènes et aux mesures sanitaires. De même, bien que le régime ait annoncé la libération de plusieurs prisonniers politiques, des milliers continuent à croupier en prison dans des conditions de détention indignes pour le simple fait d’avoir contesté le pouvoir en place. Et du côté des migrants, la situation n’est pas meilleure. La plupart travaillent sont travailleurs précaires dans le bâtiment, souvent d’origine afghane, et particulièrement exposés à l’épidémie. Beaucoup n’ont pas de papier et ne sont pas pris en charge, ce qui fait que même en cas de décès suite à la contamination de coronavirus, le régime ne les prend pas en compte dans la liste des victimes du COVID-19.

De plus, la crise économique qui a suivi l’extension de l’épidémie à travers le monde, fait que le niveau de vie des classes populaires a sensiblement baissé. De nombreux travailleurs ont perdu leur emploi ou ne peuvent plus se rendre travaille, ce qui pèse sur les finances des familles, tandis que pour celles et ceux qui peuvent et doivent continuer de travailler, les conditions de travail sont de plus en plus difficiles, dans des métiers à risques, sans aucun matériel de protection face à l’épidémie. Et au cas où ils seraient contaminés, l’accès aux hôpitaux est payant et restreint.

A ce sujet, les personnels soignants iraniens ne déroge pas à la règle. Quatre fois plus contaminés au COVID-19 qu’en Chine, soixante soignants sont morts du virus depuis le début de la crise sanitaire, alors que les hôpitaux publiques manquent de masques, de gants et de kits d’hygiène, et que les dons d’ONG et de collectifs populaires indépendants de l’Etat ne suffisent pas à pallier à la pénurie. C’est ainsi que l’impuissance et l’inefficacité du régime islamique se révèle tant face à la crise sanitaire et économique, que face aux menaces de l’impérialisme.

Les sanctions américaines qui pèsent sur les exportations de pétrole iranien – la plus grosse source de revenus du pays – ont non seulement empêcher le développement des infrastructures de base du pays, en particulier du système de santé, mais sont en plus maintenues dans cette situation de crise sanitaire historique. L’impérialisme américain profite de la situation pour isoler le régime, à l’image du refus adressé à l’Iran par le Fonds Monétaire International (FMI) de prêter la somme de 50 millions de dollars pourtant promise aux pays les plus touchés par le virus. Ainsi malgré la demande du président Rouhani de suspendre l’embargo américain, les sanctions américaines continuent à empêcher l’Iran de s’approvisionner en matériel médical, à l’image de la qualité médiocre des kits d’hygiène, des gants et des masques disponibles. Une situation qui profite les spéculateurs proches du régime pour vendre au prix fort en pharmacie les protections élémentaires contre l’épidémie et faire du profit, plutôt que permettre à la population d’y avoir accès gratuitement dans les hôpitaux publics.

Preuve que le régime continue de privilégier les profits sur la vie du peuple iranien, alors que le régime poursuit sa politique expansionniste dans la région en envoyant des milliers de soldats en Irak et en Syrie, la production nationale non essentielle à la lutte contre l’épidémie continuent de fonctionner. Et cela malgré la mobilisation des étudiants en médecine le 22 février pour protester contre l’absence de mesure sanitaire dans les hôpitaux, ou encore des grèves ouvrières pour demander la fermeture des usines non essentielles pour éviter de propager le virus, comme dans l’usine d’acier de Ahwaz au Sud du pays où les travailleurs se sont mis en grève le 10 mars dernier. Pendant ce temps le discours du pouvoir en place consiste à imputer la responsabilité de la crise sanitaire à la population, diffusant par exemple sur les chaînes de télévisions, des images des voyageurs partant en vacances pour Nowruz (la nouvelle année iranienne).

Pourtant la situation désastreuse résulte bien de la gestion chaotique de la crise par le régime iranien, et de l’embargo criminel imposé par l’impérialisme américain. Face à cela, il s’agit d’exiger la levée des sanctions américaines, de soutenir par la solidarité internationaliste et l’auto-organisation des opprimés les aspirations du peuple iranien à se débarrasser du joug impérialiste de même que d’un régime corrompu qui instrumentalise l’oppression impérialiste et la crise sanitaire pour renforcer son emprise autoritaire sur la société.




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