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Notre classe

L’hôpital brûle

« Je pars au travail avec la boule au ventre. » Témoignage d’un camarade hospitalier

Militant à Révolution Permanente et hospitalier, notre camarade Ernest Everhard nous livre son point de vue sur la situation des hôpitaux. Une réponse à Emmanuel Macron et son nouveau monde… Agent dans un service traitant les cas de corona virus, voilà la réalité du quotidien que rencontrent les hospitaliers, n'en déplaise à Emmanuel Macron.

samedi 29 février

Getty / ER Production Limited

Travaillant depuis quelques années déjà je peux voir au quotidien la chute d’un service public autrefois reconnu dans le monde entier… Emmanuel Macron ne dupe plus personne, nous savons tous d’ores et déjà les conséquences de ces politiques d’austérité, amenant à la dégringolade systématique du service public, ainsi que les agents en faisant parti.

Autrefois si content d’aller travailler, je pars tous les jours avec une boule au ventre. La cadence de travail augmentant alors que les effectifs diminuent, la pression voire le harcèlement (intégrer cet article : https://www.revolutionpermanente.fr/Bordeaux-Les-laboratoires-un-autre-etage-dans-l-enfer-des-CHU) de l’encadrement, cocktail explosif amenant au mal être au travail. Il ne se passe plus un jour sans qu’un de mes collègues pleure. Les arrêts maladie s’enchaînent dû au fameux burnout, une épidémie disent certains collègues faisant référence au corona virus. Pour ma part cela s’apparenterait plus à une infection nosocomiale, une infection qui se contracte au sein d’un établissement de santé...

La charge de travail augmentant alors que les effectifs ne cessent de diminuer, s’ajoute à cela le défi actuel du corona virus. Comment le président Macron et son gouvernement peut défendre avec tant d’aplomb que les services sont capables de gérer une éventuelle pandémie, alors que les grèves sectorielles s’accumulent pour dénoncer la dégradation des conditions de travail des infirmiers, les manips radio, les brancardiers, sans oublier les urgentistes... La prise en charge des patients en est évidemment affectée, ce qui donne aux infirmiers de « couloirs » un rôle prédominant dorénavant. Il en est aussi le cas pour les laboratoires d’analyses qui rencontrent la même difficulté à prendre en charge les prélèvements.

L’hôpital brûle et les agents contiennent l’incendie à l’aide de sceaux d’eau, et le matériel manque. Il devient évident que si l’hôpital public tient encore debout ce n’est que par la volonté de ses agents, à tous les niveaux. Le collectif inter urgences l’a démontré au cours de l’année passée mais se sont retrouvés face à un mur. Le collectif inter-hopitaux en est à ses balbutiements et ne doit pas repartir de zéro, et pour cela doit tirer les conclusions du CIU.

Mais que font les syndicats ? Moi-même syndiqué à la CGT, je veux dénoncer cette stratégie de ces grèves sectorielles, chaque service s’imbriquant l’un l’autre. Comment ne pas établir un plan de bataille "tous ensemble", afin de sauver l’hôpital public contre la privatisation lente et douloureuse des hôpitaux, les laboratoires en premier ?

Dans les deux mois de grève historique qu’a connu la France, le monde hospitalier s’est montré pour sa part quelque peu distant voir inexistant, grave erreur. La réforme des retraites touche directement le personnel hospitalier, les problèmes musculo-squelettiques étant récurent pour les personnels dans les services de soin exposé, et ce, très rapidement. L’hôpital public et le système de santé ne peut être sauvé sans l’esprit combatif de ses agents et des usagers. Il en va de réellement « généraliser la grève ».




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