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Politique

Son urgence reste la même !

L’assemblée de riposte aux violences d’État est reportée

L'assemblée de riposte aux violences d'Etat qui devait se tenir ce dimanche est reportée en raison de l'épidémie de coronavirus, mais au lendemain d'un 14 mars ultra-réprimé, la lutte contre les violences policières et la répression reste d'une brûlante actualité. "Nous ne laisserons pas le pouvoir profiter de l'aubaine de notre confinement pour poursuivre ses politiques destructrices ; nous ne cesserons pas de les combattre, par toutes les formes d'action qui resteront à notre disposition."

dimanche 15 mars

Crédit photo : O Phil des Contrastes

Notre assemblée de riposte aux violences d’État est reportée, comme la marche contre les violences policières initiée et organisée depuis des mois par les collectifs des familles. C’est d’abord vers elles que nos pensées se tournent, avec tout notre soutien. Cette double décision est un crève-cœur. Nous la prenons comme une responsabilité d’évidente solidarité collective. Et pour n’exclure personne : il est impossible de maintenir une assemblée où les personnes à risque, fragilisées, celles qui seraient venues avec des enfants, les personnes inquiètes tout simplement, pour les autres, pour leurs proches et pour elles-mêmes, seraient dans l’impossibilité d’y participer. Il est impensable d’ajouter à la prévisible catastrophe hélas « en marche ».

Les services d’urgences et de soins, nos hôpitaux, le service public de la santé sont attaqués depuis des années par une politique de destruction massive au nom d’une logique de marché. Le management néolibéral qui leur est imposé, obsédé par la compétition et le profit, est un contresens absolu en matière de santé publique, contresens que la crise sanitaire actuelle révèle dans sa cruelle réalité. Cette crise doit susciter un vaste mouvement d’opposition frontale à cette logique abominable qui nous met toutes et tous en danger, et d’abord celles et ceux parmi nous qui sont les plus vulnérables. Cette vulnérabilité, la nôtre, face à l’épidémie, n’est pas une fatalité naturelle : elle est entretenue et aggravée par un gouvernement qui ne s’est pas contenté de fragiliser la recherche et les services publics, dont celui, crucial, de la santé, mais qui a aussi fait preuve d’une spectaculaire irresponsabilité par sa gestion erratique de l’épidémie, au nom d’intérêts économiques ou électoraux obscènes. Quant au cynisme du 49.3, il ne doit jamais se revoir. Pas plus que l’indécence qui met sciemment de côté la vraie urgence : débloquer massivement des fonds pour les hôpitaux publics. Nous ne laisserons pas le pouvoir profiter de l’aubaine de notre confinement pour poursuivre ses politiques destructrices ; nous ne cesserons pas de les combattre, par toutes les formes d’action qui resteront à notre disposition.

Notre assemblée est reportée, certes, mais nous ne cèderons pas un pouce de riposte aux violences d’État. Le temps que cette décision nous laisse, nous le rendrons dense. Et par toutes sortes de voies : textes, vidéos, émissions, réunions à distance par les moyens techniques adéquats, liens à nouer et consolider, organisation plus collective encore de nos prochaines marches et assemblées, construction dans la durée. Notre détermination est intacte contre les violences d’État : dans cette situation qui révèle plus encore les failles d’un système, elle est plus grande que jamais.




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