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Notre classe

Grève des postiers du 92

La Poste. Un gréviste en lutte depuis 15 mois tente de s’immoler par le feu

Alors que les Postiers du 92 (Hauts-de-Seine) sont en grève depuis maintenant quinze mois et dans un contexte de répression féroce de la direction de la Poste et de l’État, l'un des grévistes a menacé se s’immoler par le feu dans le centre de tri de Levallois-Perret.

mardi 18 juin

Cela fait maintenant 15 mois que 150 postiers du 92 sont en grève reconductible, d’abord contre le licenciement de Gaël Quirante syndicaliste combatif, puis de manière plus générale contre les restructurations que veut leur imposer la Poste. En effet, dans leur combat acharné contre la direction de la Poste et l’État, les postiers et postières du 92 revendiquent notamment l’embauche de tous les intérimaires ainsi que l’abandon des réorganisations prévues par la Poste qui auraient pour conséquences la suppression de tournées et donc d’emplois, ce qui procéderait dans le même temps d’une augmentation de la charge de travail des agents.

Depuis le début du mouvement de grève, la direction de la Poste s’illustre par son mépris et n’accède à aucune revendications des grévistes, et ce, malgré les nombreuses tentatives de dialogue ouvertes (31 depuis février 2019). Aujourd’hui alors que comme le soulignent les grévistes dans leur communiqué, les grévistes et la direction n’ont jamais été aussi proches de trouver un accord de sortie de grève, la direction nationale de la Poste et de la Poste 92, s’entête à bloquer les négociations. La direction a récemment annoncé qu’elle abandonnait l’ensemble des avancées obtenues lors des négociations et se laissait le droit de sanctionner les grévistes, ce qui constitue une attaque très importante contre le droit de grève.

Ce vendredi 14 juin, en réponse à cet ultimatum, les grévistes ont envahi le siège de la Poste afin de faire entendre leurs revendications. Ils ont été violemment délogés par les forces de police dépêchées sur place par l’État. Suite à ce rassemblement, une nouvelle attaque d’ampleur contre les grévistes a été intentée par La Poste et la police avec la mise en garde à vue de plusieurs grévistes et notamment de Gaël Quirante, secrétaire départemental de Sud Poste 92 et figure du mouvement. Contrairement à beaucoup de cas de répressions antisyndicales ou des mouvements sociaux, l’interpellation de Gaël Quirante a en outre eu lieu au petit matin, à son domicile, par des policiers armés de béliers, renforçant la violence de cet acte, ainsi que son caractère politique.

Alors que les accusations de dégradations portées contre lui ont été très rapidement déboutées, cette arrestation visait bien en réalité à renforcer l’offensive de la direction, qui cherche à infliger une défaite humiliante aux grévistes. Cette arrestation constitue ainsi un message en signe des grévistes dans l’objectif de briser leur résistance face aux restructurations anti-ouvrières de la Poste.

C’est dans ce contexte extrêmement dur de blocage de la part de la direction et d’attaque contre le droit de grève que l’un des postiers en grève du 92, au bord du désespoir a menacé de s’immoler par le feu. Il s’est enfermé dans un des bureaux du centre de tri de Paul-Vaillant-Couturier avant de s’asperger d’essence, prêt à mettre fin à ses jours. Il a heureusement été pris en charge par les pompiers et est maintenant sain et sauf. Il avait auparavant déclaré à un des ses collègues « le torchon brûle entre la direction de la Poste et Sud 92, mais il n’y a pas que ça qui va brûler ». Le lien est ainsi clair entre la situation bloquée dans laquelle se trouve les grévistes du fait de leur direction après quinze mois de grève et l’acte de désespoir de ce postier.

Une grande mobilisation a permis lundi la libération de Gaël Quirante plus tôt que ne l’auraient souhaité les autorités. Pour ce gréviste et pour tous les autres, il faut continuer à nous mobiliser pour que leurs revendications soient entendues et que soient abandonnées toutes les poursuites contre les postiers et leurs soutiens.




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