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Notre classe

Nos vies, pas leurs profits !

La SNCF fait travailler des cheminots dans un poste contaminé pendant une semaine

Dans un contexte d'accélération de l'épidémie, les mesures mises en place dans de nombreuses entreprises sont, au mieux, très insuffisantes, au pire, clairement catastrophiques. Une politique qui n'a rien d'anodin et qui fait passer, encore une fois, les profits et la productivité avant la santé des travailleurs et travailleuses. La SNCF n'est pas l'exception.

mercredi 16 septembre

Il n’est un secret pour personne que depuis la rentrée les cas positifs de Covid-19 se multiplient de manière exponentielle. En parallèle les directions d’entreprises entretiennent un silence coupable sur les cas avérés, mais aussi sur les cas contacts qui sont obligés dans certains cas de continuer à travailler. Nombreuses sont les remontées de différents salariés, malades de covid-19, qui nous confient avoir reçu un appel de leur direction pour les inciter à ne rien dire à leurs collègues, alors qu’il s’agit là d’une information que chaque personne devrait avoir pour pouvoir se protéger au maximum, savoir s’il a été en contact ou pas avec la personne malade etc. 

Cette politique est d’autant plus criminelle que le gouvernement a pris de nouvelles dispositions pour renvoyer au charbon les personnes à risques -sauf cas très graves- et elle participe, sans doute, à l’augmentation exponentielle des cas ces dernières semaines.

A la SNCF comme ailleurs, les cas se multiplient et la gestion catastrophique de la crise sanitaire de la part de la direction participe à l’augmentation des cas, dans un secteur qui a déjà été en première ligne pendant tout le confinement et qui aujourd’hui continue de faire les frais d’une politique patronale et gouvernementale qui fait toujours passer les profits avant la vie et la santé des salariés. 

Récemment, nous avons eu un cas avéré au poste 2 de Bobigny, à la circulation, dans la région de Paris Nord. Lorsque l’entreprise a été avisée, elle a rappelé les agents qui étaient cas contacts en leurs suggérant de ne pas en parler autour d’eux, en leurs disant que ce n’était pas très grave, qu’ils devaient se faire dépister mais qu’ils devaient continuer à aller au travail... Il faut savoir que même la CSSCT (organisme qui est censé veiller sur la sécurité et la santé au travail) n’a pas été prévenue. Le poste, quant à lui, n’a été désinfecté que plusieurs jours après, donc plusieurs autres cheminots ont continué d’aller travailler dans des conditions dangereuses pour leur santé, sans même qu’ils ne soient mis au courant ! Ce n’est qu’après l’intervention des représentants du personnel et de la médecine du travail que certains cas contacts ont été mis en isolement. D’autres, sous prétexte qu’ils seraient dans un poste « vital à la nation » sont censés continuer d’aller bosser, encore une fois sans même que les collègues et les représentants du personnel ne soient avisés par la direction. 

Cette gestion de la crise sanitaire est inadmissible et scandaleuse, d’autant plus lorsqu’on connaît la politique de destruction orchestrée des services de médecine au travail. Dans le temps, il y avait par exemple des laboratoires SNCF qui auraient permis aux cheminots, en première ligne dans ce service essentiel qu’est le transport, de se faire tester rapidement, car le délai entre le moment dans lequel les tests sont réalisés et l’obtention des résultats favorise la transmission du virus dans ces métiers essentiels. Voila comment la direction SNCF préfère la productivité coûte que coûte au détriment de la santé et de la sécurité des salariés, de leurs familles et du reste de la population. Leur mépris pour nos vies et notre santé doit allumer l’étincelle de la révolte, nous devons nous organiser pour dire stop à leur politique criminelle. Nos vies valent plus que leurs profits !




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