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Europe forteresse

La capitaine du « Sea Watch 3 » arrêtée lors de son arrivée à Lampedusa

Carola Rackete, la capitaine allemande du navire humanitaire Sea Watch 3 a été arrêtée après avoir accosté au port de Lampedusa avec les 40 migrants qu’elle avait secourus. Le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a qualifié ses actions d’« acte criminel » et « de guerre ».

lundi 1er juillet

Crédit photo : Reuters

Jeudi dernier, la police maritime avait ordonné au navire de cesser son avance alors qu’il se trouvait à un mille marin du port. Il y a passé 48 heures avec 40 migrants à bord. Au petit matin de samedi 29 juin, la capitaine a finalement avancé vers le port, car la situation des personnes à bord du navire était intenable.

En ce moment, le #SeaWatch3 entre dans le port de #Lampedusa. Cela fait presque 60 h que nous avons déclaré l’état d’urgence. Personne n’a écouté. Personne n’en a pris la responsabilité. Une fois de plus, c’est à nous, à la capitaine #CarolaRackete et son équipage, de mettre les 40 personnes en sécurité.

Carola Rackete a été arrêtée pour « résistance ou violence envers un navire de guerre ». D’après les autorité italienne, elle a obligé une vedette, venue l’empêcher d’accoster, de s’éloigner. Rien que pour ça, elle risque jusqu’à 10 ans de prison. L’ONG a défendu sa capitaine, expliquant qu’elle a progressé « très lentement » pour laisser le temps à la vedette de la police de s’éloigner.

Le parquet de la ville sicilienne d’Agrigente a ouvert une enquête sur la capitaine, en l’accusant de favoriser l’immigration illégale et de résister à l’autorité, et elle pourrait se voir infliger une amende allant jusqu’à 50 000 euros.
L’Allemande de 31 ans défend à juste titre son action en déclarant qu’« il y a une guerre civile en Libye et ce n’est pas un refuge sûr. Je suis convaincue que le système judiciaire italien reconnaîtra que la sécurité des personnes est plus importante que les frontières nationales ».

De son côté, Salvini, qui avait publiquement demandé que Rackete soit détenue avec le reste de l’équipage, a célébré son arrestation : « Mission accomplie », a-t-il dit, « la capitaine fautive a été arrêtée. Le bateau pirate a été saisi. L’amende sera le maximum pour l’ONG étrangère ». Le ministre a assuré que l’ordre d’expulsion contre Rackete est prêt et sera activé si elle est finalement remise en liberté.
Un large mouvement de soutien a été lancé avec plusieurs rassemblements dans différentes ville, une cagnotte pour ses frais de justice et celle de son ONG a déjà récolté 1,2 millions d’euros.

La « crise » migratoire dû notamment aux interventions impérialistes continue de s’aggraver au fil des ans. Face à cela, l’UE ne fait que renforcer la sanglante Europe forteresse. Les personnes solidaires des migrants sont poursuivis et traduits en justice et ce, pas qu’en Italie, également en France comme a pu le voir avec Cédric Herrou. Depuis le début de l’année, plus de 340 migrants et réfugiés ont perdu la vie dans la région centrale de la Méditerranée, selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les criminels ne sont pas Cédirc Herrou ou Carola Rackete mais les Salvini, Macron et compagnie.




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