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État colonial

La justice israélienne s’acharne sur Salah Hamouri et prolonge sa détention : exigeons sa libération !

Ce samedi, la justice militaire israélienne a reconduit de trois mois la détention administrative de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien et militant pour les droits de l’Homme. La justice israélienne continue son acharnement alors qu’il devait être libéré ce dimanche.

mardi 7 juin

Crédits photo : ABBAS MOMANI / AFP

Selon le collectif Liberté pour Salah, la justice militaire israélienne a émis un nouvel ordre ce dimanche 5 juin, prolongeant de trois mois la détention administrative de Salah Hamouri, militant des droits de l’Homme et avocat franco-palestinien de 37 ans alors que celle-ci devait prendre fin ce lundi. Il est emprisonné depuis le 7 mars sans savoir ce qui lui est reproché, son dossier étant secret.

Salah Hamouri avait été condamné à sept ans d’emprisonnement en 2008, après trois ans de détention administrative. Interpellé par la police en 2005, alors qu’il avait 19 ans, il est accusé d’avoir comploté pour assassiner le rabbin Ovadia Yossef, chef du Shas, un parti politique d’extrême droite ultra-orthodoxe,. Il est aussi accusé de faire partie d’une organisation proche du Front Populaire de Libération de la Palestine, organisation qualifiée de terroriste par l’État israélien et l’Union européenne. Il avait à l’époque plaidé coupable, malgré l’absence de preuves matérielles, pour réduire la durée de sa peine.

Après avoir été interpellé chez lui par la police israélienne, il est placé en détention administrative en août 2017, encore une fois sans avoir été ni inculpé, placé devant un juge et sans savoir ce qui lui est reproché. Libéré en octobre 2018, il n’a pas fallu longtemps avant qu’il soit à nouveau arrêté, le 30 mai 2020, alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour la France. Cela fait aujourd’hui 3 mois qu’il est détenu et il n’est pas garanti qu’il soit libéré à la fin de la reconduction de sa détention, en septembre.

Actif en tant que chercheur de terrain et avocat pour l’ONG palestinienne de défense des prisonnier.es politiques Addameer, Salah Hamouri est victime d’un véritable acharnement judiciaire. Il a en outre été ciblé par le logiciel d’espionnage israélien Pegasus dont Le Monde dévoilait l’existence il y a un an, qui visait entre autres des centaines de journalistes, avocats et militants des droits de l’homme. Il aurait été espionné sur son téléphone personnel et professionnel d’avril à novembre 2021 alors qu’il était en Palestine puis en France, selon les associations Front Line Defenders, Amnesty International et Citizen Lab.
Mais l’acharnement ne s’arrête pas là, il se continue sur un plan personnel : depuis 2016 la femme de Salah Hamouri ainsi que leurs enfants sont interdits d’entrée sur le territoire. Il leur est donc impossible de le rejoindre à Jérusalem, où il vit et travaille.

La procédure de détention administrative est très utilisée en Israël contre les prisonniers politiques. Il s’agit d’une loi qui autorise la détention d’une durée de 3 à 6 mois et renouvelable indéfiniment sans qu’il y ait besoin de jugement. Dénoncée par des ONG comme Amnesty international, elle sert notamment à incarcérer des jeunes mineur.es qui sont aujourd’hui 170 à être détenu.es par la justice militaire israélienne.

Depuis 1967, date de l’occupation de Jérusalem-Est, 40% des hommes palestiniens ont déjà été incarcérés. Aujourd’hui 4650 prisonniers politiques sont détenus par l’Etat israélien, dont 600 sont placés en détention administrative selon l’association Addameer. Ces chiffres montrent l’ampleur de la répression carcérale perpétrée par l’État israélien envers le peuple palestinien lorsqu’il conteste sa politique coloniale. Cette répression prend plusieurs formes, jusqu’à être mortelle, comme ce fut le cas de Shireen Abu Akleh, journaliste récemment assassinée par l’armée et dont les funérailles ont été fortement réprimées. Dernièrement, c’est lors de la Marche des drapeaux que des colons ont violemment agressé de nombreux.ses Palestinien.nes sans être inquiétés par la police, alors présente.

L’État français a demandé des « explications » quant à la nouvelle arrestation de Salah Hamouri et a réitéré « la demande qu’il puisse mener une vie normale à Jérusalem, où il est né et où il réside, et que son épouse et ses enfants obtiennent le droit de s’y rendre pour le retrouver ». Une réaction ridicule quand on la compare à la réaction d’Emmanuel Macron à l’arrestation en Russie de la journaliste Marina Ovsiannikova qui avait publiquement dénoncé l’invasion de l’Ukraine à la télévision russe. Emmanuel Macron avait alors déclaré lors d’un déplacement dans un camp de réfugié.es : « Nous allons évidemment lancer les démarches diplomatiques visant à offrir une protection, soit à l’ambassade, soit une protection asilaire ». En réalité, l’hypocrisie et le silence de l’État face à la répression du peuple palestinien sont complices de la politique d’Israël et montrent la position de la France à ce sujet : celle-ci se place en soutien à Israël, un état colonial, raciste et militariste dont Amnesty international qualifie la politique d’apartheid. Cette position devient encore plus évidente avec la tentative de dissolution du collectif Palestine Vaincra à l’initiative de Gérald Darmanin.

Contre l’État d’Israël, sa politique coloniale et raciste, mais aussi contre les puissances impérialistes qui le soutiennent, y compris notre propre gouvernement, et en solidarité avec le peuple de Palestine, exigeons la libération de Salah !



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