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Edito

Le Medef veut repenser le dialogue social : les organisations syndicales doivent boycotter !

Mardi 16 février, Geoffroy Roux de Bézieux patron du MEDEF a envoyé à l'ensemble des organisations syndicales un courrier pour repenser le dialogue social. Une initiative saluée par les directions syndicales en pleine crise économique et alors que les suppressions d'emploi et PSE sont particulièrement nombreux.

samedi 20 février

Crédits Photo : CHARLES PLATIAU / REUTERS

Le nouveau projet du Médef pour vendre son dialogue social

 
Geoffroy Roux de Bézieux a envoyé mardi 16 février un courrier à l’ensemble des directions syndicales et patronales pour repenser le « dialogue social » et ouvrir des discussions sur huit sujets principaux parmi lesquels la justice prud’homale, la formation professionnelle ou encore la mobilité sociale. Derrière de grandes formules révélées par l’AFP « il s’agit de repenser le rôle de la démocratie sociale dans la vie démocratique du pays » Roux de Bézieux souhaite pousser jusqu’au bout la logique du dialogue social, en pleine crise économique et alors que les plans de PSE et de licenciements se multiplient.
 
Jeudi dernier, devant l’Association des journalistes économiques et financiers, Roux de Bézieux s’est attelé à défendre son projet selon Les Echos : « C’est en marchant qu’on forgera en quelque sorte ce paritarisme 4.0. » affirmant également réfléchir à ce projet depuis de nombreuses années « quasi depuis [son] élection… en constatant qu’il y a un recul du paritarisme à la fois de gestion et de négociation depuis de nombreuses années qui s’est accéléré depuis 2017 parce que le gouvernement a pris l’initiative sans toujours mettre dans la boucle les partenaires sociaux ». Pour le MEDEF il s’agit avant tout de se montrer dans une posture de dialogue social, terrain toujours plus favorable pour le patronat.
 
L’initiative a été particulièrement félicitée à la fois par les directions syndicales et par les organisations patronales. La Confédération pour les Petites et Moyennes Entreprises (CPME) ainsi que l’U2P (Union des entreprises de proximité) ont manifesté leur soutien au projet. De la même façon, l’organisation des artisans, petits commerçants et professions libérales, par la voix de son président Dominique Métayer, a fortement montré son enthousiasme : « on aurait pu cosigner le courrier ».

La réaction des directions syndicales ne s’est pas faite attendre, la CFDT a salué, sans surprise, « une bonne démarche » à travers son secrétaire général Laurent Berger, tandis qu’Yvers Veyrier de Force ouvrière a félicité : « le fait qu’ai été réinstallé dans les esprits le fait qu’il y a un espace de négociation au niveau interprofessionnel porteur d’avancées pour les droits des salariés », la CFTC s’est elle déclarée « plutôt favorable » au projet ». Seule la CGT a montré un très léger bémol en communiquant « vouloir prendre le temps de réfléchir collectivement ». Selon les Echos aucune réunion n’est encore fixée mais les leaders patronaux et syndicats vont arrêter ensemble la liste des sujets à évoquer et le calendrier. « L’idée n’est pas de faire les huit thèmes d’un coup, mais [de se mettre d’accord] dans une réunion à venir, sur ceux qui nous paraissent collectivement les plus pertinents ».
 

Alors que les PSE se multiplient partout en France, refuser le dialogue social et construire un plan de bataille

 
En pleine crise économique et sanitaire le MEDEF et les autres organisations patronales ont donc décidé de jouer à fond la carte du dialogue social en remettant au centre du débat le paritarisme : « Le sujet prioritaire, la clef de voûte, c’est de refonder le paritarisme », explique François Asselin, président de la CPME, au journal Les Echos ajoutant « Il faut construire un nouveau contrat social ».
 
Ces effets d’annonce ne sont évidement pas anodins, il s’agit à l’heure où la crise économique et ses conséquences se font de plus en plus claires, de prévenir d’éventuelles explosions en enfermant les directions du mouvement ouvrier sur le terrain du « dialogue social ». Pourtant la réalité est la suivant , sur l’année 2020, c’est plus de 800 PSE qui ont été annoncés, c’est aussi plus de 900 000 emplois qui ont été supprimés, un ensemble d’attaques tellement massifs que l’on a du mal à en suivre l’ampleur, une carte interactive a d’ailleurs été lancé pour les recenser. La logique du patronat que ce soit à Derichebourg, à Grandpuits ou dans des centaines d’autres boîtes est simple : licencier, attaquer les conditions de travail et pousser jusqu’au bout la pression sur les travailleurs.

 Depuis le début de l’épidémie les directions syndicales ont choisi de se placer sur le terrain du dialogue social. Cette stratégie a, à nouveau, montré qu’elle était une impasse, et qu’elle empêchait la construction d’un rapport de forces sur le terrain de la lutte de classe. Aujourd’hui, alors que les classes dominantes craignent un « Printemps social », il est essentiel de refuser d’entrer dans le dialogue promu par le patronat et de construire un plan de bataille à la hauteur pour faire advenir cette perspective ! La colère ouvrière existe et est capable de s’exprimer pleinement lorsqu’elle s’appuie sur une stratégie combative, comme l’a montré la grève de Grandpuits.




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