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Marine Le Pen : l’amie de Poutine, d’Orban et de leurs financiers

Si la candidate du RN a réussi à adoucir son image dans les médias dans cette campagne, se voulant plus présidentiable, elle continue d’entretenir des liens étroits avec la Russie de Poutine et la Hongrie d’Orban : entre financement de campagne et similitudes des programmes racistes au service des patrons, en réalité, rien n’a changé !

mercredi 6 avril

Crédits photo : Wojdek Radwanski / AFP

Depuis plusieurs années la candidate du Rassemblement National mène une campagne de dédiabolisation, cherchant à apparaître comme présidentiable et proche des travailleurs français, notamment après l’échec cinglant de 2017. Malgré une image plus « douce », largement rendue possible par le pétainisme décomplexé de Zemmour, le RN n’a aucun mal à entretenir des liens avec la Russie de Poutine ou encore la Hongrie d’Orban pour mener à bien ses politiques racistes et antisociales en France.

En effet, dans un contexte où les massacres de civils et la barbarie de la guerre sont de retour en Europe après l’invasion des troupes russes en Ukraine, l’ancienne députée européenne et son parti, réputés proche du Kremlin, marchent sur des œufs depuis le 24 février dernier, début de l’offensive de Poutine.

Cette semaine encore suite à la découverte du drame de Boutcha, Marine Le Pen a dû se justifier et préciser ses propos du début de semaine concernant l’entente avec la Russie qu’elle entend entretenir en tant que présidente putative.

Rien d’étonnant pour une candidate qui présentait fièrement une photo d’elle en compagnie de l’autocrate russe dans l’un de ses tracts de campagne, retirée par la suite avec le début de la guerre et l’offensive militaire de Poutine. C’est d’ailleurs bien plus qu’une photo dans un journal qui lie Marine Le Pen avec la Russie de Poutine puisque c’est ce même parti qui en 2014, s’est fait financer sa campagne par une banque tchéco-Russe faute d’acceptation des banques françaises : ce sont pas moins de 9,6 millions d’euros d’emprunts qui sont contractés auprès de la banque First Czech-Russian Bank. Après la liquidation de la banque en 2016, c’est à l’amiable que le RN va négocier pour transférer sa dette à son nouveau créancier, la société d’aéronautique russe Aviazaptchast qui est dirigée par d’anciens militaires russes !

De plus, dans une vidéo publiée par Le Média, on apprend que le Rassemblement National s’est vu prêter 8 millions d’euros de la part du très controversé directeur de Telecel – industriel de la télécommunication -, Laurent Foucher, opérant quant à lui… sur le continent africain ! Si la candidate d’extrême droite n’a aucun mal à fustiger les étrangers quotidiennement, en faisant la marque de fabrique de son parti, elle est moins soucieuse quand il s’agit d’argent provenant du pillage de l’Afrique pour financer sa campagne.

Endetté de plusieurs millions d’euros, le parti présidé par Jordan Bardella réitère ce genre d’initiative début 2022 mais cette fois-ci avec la Hongrie de Viktor Orban en contractant un prêt de 10,6 millions d’euros avec une banque du pays. Le RN refuse par ailleurs de communiquer sur le nom de la banque rapporte Le Monde, souhaitant éviter que le rapprochement soit fait avec le premier ministre nationaliste hongrois, qui mène des politiques racistes, homophobes, sécuritaires et antisociales depuis plus de 15 ans dans son pays, et avec qui Marine Le Pen entretient un lien privilégié.

En effet, ce dernier lui a déroulé le tapis rouge à Budapest en octobre 2021 dernier, la soutenant pour la présidentielle en France. A cette occasion Marine Le Pen en a profité pour inspirer ses politiques racistes et anti-migratoires en faisant l’éloge des mesures anti-migratoires du premier ministre conservateur hongrois, qui enferment notamment les demandeurs d’asiles dans des conditions inhumaines les privant parfois même de nourriture !

De plus, les offensives contre la communauté LGBT ne cessent de se multiplier en Hongrie, une politique avec laquelle Marine Le Pen s’accorde d’une part, en soutenant notamment le projet de loi visant à interdire la « promotion » de l’homosexualité et des « déviations de l’identité de genre auprès des mineurs hongrois, mais qui d’autre part, en France, instrumentalise la communauté LGBT à des fins islamophobes et pour justifier sa politique anti-musulman. En s’affichant de plus en plus « gay-friendly » ces dernières années, le RN cherche à rendre plus acceptable son parti et ses politiques racistes justifiant de « l’incompatibilité » des musulmans avec la communauté LGBT. Un deux poids deux mesures qui démontre bien que l’extrême-droite n’a que faire des droits de la communauté LGBT.

La complaisance des dirigeants et institutions bourgeoises en Russie et en Hongrie avec le parti de Marine Le Pen n’est pas anodine : elle met en lumière des liens politiques forts et un projet de société ultra-réactionnaire similaire. Aujourd’hui le parti d’extrême droite française partage bien plus que des prêts bancaires avec ces deux Etats. Si aujourd’hui Marine Le Pen se veut être la « candidate du pouvoir d’achat », dans un contexte où l’inflation se fait de plus en plus ressentir sur les ménages, cherchant à séduire sur sa gauche de façon opportuniste et populiste, elle garde néanmoins un programme au service du grand patronat comme en témoigne notamment son rétropédalage sur l’âge de départ à la retraite à 60 ans. Pas étonnant qu’elle soit bien reçue chez le promoteur de la « loi esclavagiste » en Hongrie !

Si le RN tente de se donner une image « sympathique », notamment depuis le début de la campagne présidentielle en axant ses prises de parole sur le « pouvoir d’achat », se voulant empathique à l’égard des travailleurs français, Marine Le Pen et son parti, sont plus que jamais à combattre partout où il est possible de le faire. C’est avant tout, dans la rue, dans nos lieux de travail et d’étude, nos quartiers, avec l’ensemble des secteurs du mouvement ouvrier et de la jeunesse qu’il faut mener le combat contre l’extrême droite et les réactionnaires de tout genre !



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