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Contre le mépris de Blanquer

Marseille. Les assistants d’éducation en grève pour plus de moyens

Ce 19 novembre, les assistants d’éducation des Bouches-du-Rhône se sont mis en grève pour dénoncer le manque de moyens au sein des établissements. Plus de 35 établissements scolaires, collèges et lycées, sont concernés par la grève qui a été très suivie.

jeudi 19 novembre

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La crise sanitaire est venue montrer un corps de métier dont on parle peu dans l’Éducation nationale : les assistants d’éducation, qui sont pourtant essentiels au bon fonctionnement des établissements. Employés via des contrats précaires, ces petites mains invisibles de la vie scolaire ont vu leur conditions de travail se dégrader avec l’arrivé du coronavirus. Alors que le but initial de ces assistants est d’accompagner les élèves dans leur parcours scolaire, ils sont aujourd’hui les garants du protocole sanitaire, et donc en première ligne des protocoles sanitaires insuffisants du ministère.

Dans les Bouches-du-Rhône, la situation de colère dans l’Éducation nationale a poussé les assistants d’éducation à s’organiser par eux-mêmes. Ils ont décidé de tenir le 10 novembre une assemblée générale qui a réuni plus de 10 établissements. L’assemblée a été une réussite et a permis d’élaborer des revendications communes au-delà des particularités des établissements scolaires. Afin d’obtenir leurs revendications, ils se sont mis en grève ce jeudi 19 novembre.

Les personnels revendiquent des embauches d’assistants d’éducation, la problématique des sous-effectifs étant un facteur central de la dégradation de leurs conditions de travail. Ils revendiquent également l’augmentation de la rémunération des assistants, ainsi que l’attribution des primes REP et REP + pour les établissements exerçant en zone d’éducation prioritaire.

Ce jeudi 19, les assistants d’éducation se sont retrouvés devant le lycée Victor Hugo de Marseille, pour ensuite marcher ensemble vers la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale) des Bouches-du-Rhône. La grève a été énormément suivie, on compte plus de 35 établissements concernés. Dans plusieurs établissements, c’est 100 % de la vie scolaire qui est en grève (comme dans les collèges Edgar Quinet, Manet).

Ils étaient quelques centaines regroupés devant le lycée Victor Hugo, où ils ont formé un cortège combatif jusqu’à la DSDEN. Sur les murs du lycée Victor Hugo, on pouvait lire « Blanquer Démission », pointant ainsi la responsabilité du ministre dans la dégradation des conditions de travail des assistants d’éducation. Les grévistes, réunis en assemblée à l’issue de la manifestation, ont voté une nouvelle journée de grève pour le mardi 1er décembre, afin de construire et amplifier le mouvement. Les grévistes ont pu également discuter de la nécessité de généraliser le mouvement y compris au niveau national, afin de durcir le rapport de force.

Ce mouvement s’ancre dans la dynamique ouverte par les grèves dans l’Éducation nationale ces dernières semaines. Dans plusieurs établissements, les personnels ont imposé des protocoles sanitaires alternatifs, pensés en lien avec les élèves, parents d’élèves et professeurs. Les assistants d’éducation, souvent écartés des décisions prises verticalement dans les établissements, sont essentiels à la mise en place de tels protocoles. En ce sens, leur grève à Marseille est un premiers pas vers des protocoles alternatifs et l’exigence de moyens suffisants.

Les assistants d’éducation en grève ce jeudi mènent un combat exemplaire contre le mépris du recteur et du gouvernement quant à leurs conditions de travail. Employés avec des contrats précaires, victimes du manque de moyen dans l’Éducation nationale, les AED ont payé brutalement le prix de la crise économique et sanitaire. Les assistants d’éducation en grève relèvent la tête et se battent pour une amélioration de leurs conditions de travail !




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