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BLACK LIVES MATTER

Minneapolis. Trump appelle à « tirer » à balles réelles pour stopper les révoltes

Donald Trump a une nouvelle fois utilisé « son arme préférée » : Twitter. Cette fois, c’est la population de Minneapolis, toujours sous le choc après le meurtre de George Floyd par la police, qui fait face à ses menaces.

vendredi 29 mai

Crédit-photo : AFP

« Ces voyous déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne laisserai pas cela se produire. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz pour lui dire que l’armée est avec lui quoiqu’il arrive. […] Quand les pillages commencent, les tirs commencent. Merci ! ». Avec ce tweet envoyé ce matin, Donald Trump menace littéralement de tirer à balles réelles sur une population noire qui crie de douleur dans ce pays où les meurtres raciaux par les forces de l’ordre sont loin d’être rares.

A contrario, quand le 30 avril des dizaines de manifestants armés d’extrême droite sont rentrés dans le Capitole de l’État du Michigan, Trump avait soutenu ces derniers et la police ne les avaient absolument pas réprimés contrairement aux manifestants présents dans les rues à la suite du meurtre de George Floyd, montrant ainsi le parti pris du gouvernement et de sa police pour des formes de milices d’extrême droite et leur haine à l’inverse pour toute personne se révoltant contre les violences policières ou de façon plus large contre le système raciste.

Par ailleurs, ce tweet a été signalé par Twitter pour violation des règles d’utilisation du réseau social car faisant l’« apologie de la violence ». Toutefois, Twitter a estimé qu’il était « dans l’intérêt du public que ce tweet reste accessible ». Ce n’est pas la première fois cette semaine que Twitter signale un tweet de Donald Trump. En effet, un conflit est en cours entre le président Etats-uniens et le réseau social. Au point que Donald Trump a signé jeudi un traité censé protéger la « liberté d’expression ». Ce décret a dans l’idée de modifier la section 230 du “Communications Decency Act”, une loi de 1996, cette section permettant notamment aux différents réseaux sociaux d’intervenir à leur guise sur la plateforme, pour censurer une publication non-réglementaire par exemple. En réalité, ce décret n’agira que pour les propres intérêts du président, lui qui tweete chaque jour attaques verbales, théorie du complot et autres affirmations douteuses et non pour une liberté d’expression générale.

A 16h 46, Donald Trump a de nouveau tweeté dans la continuité de ses propos du matin : « La garde nationale est arrivée sur les lieux. Ils sont à Minneapolis et entièrement préparés. George Floyd ne sera pas mort en vain. Respectez son souvenir ». Parler de respect de son souvenir alors que c’est sa police qui l’a tué et une nouvelle fois ses forces de l’ordre qui vont réprimer voire tuer ses soutiens mais aussi ses proches est ahurissant. Comme nous l’écrivions dans un précèdent article, ces « émeutes ne sont que des réactions à l’impunité dont jouit la police, et une expression du désespoir et de la misère de toute une frange de la population, dans le pays le plus riche et le plus puissant au monde. »




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