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Etats-Unis. Des militants d’extrême droite armés rentrent dans le capitole de l’Etat du Michigan

Jeudi 30 avril des dizaines de manifestants armés d’extrême droite sont rentrés dans le Capitole de l’État du Michigan. Pour les classes dirigeantes, le soutien à ces protestations est un outil pour tenter d’imposer la réouverture de l’économie au mépris de la santé des travailleurs.

samedi 2 mai

Crédits photo : SETH HERALD / REUTERS

Jeudi 30 avril des dizaines de manifestants armés sont rentrés dans le Capitole de l’État du Michigan pour exiger l’assouplissement du confinement (réouverture des écoles, reprise de l’activité économique). Ils se sont rassemblés devant l’entrée du siège et certains ont pénétré dans le hall, réclamant l’accès à la chambre du parlement.

Cette action organisée par un groupe appelé « le Michigan uni pour la liberté », s’inscrit dans une série de manifestations. En effet, durant le mois d’avril des milliers de militants d’extrême droite parfois armés sont descendus dans la rue dans plusieurs États (Michigan, Minnesota…etc.) notamment lors de « l’opération Gridlock ». C’est, disent-ils, une question de liberté, alors que le Michigan a le troisième taux de mortalité dû au coronavirus avec plus de 3500 personnes qui sont décédées du Covid-19, selon l’université John Hopkins.

Ces actions militantes menées par la base ultra-réactionnaire de Donald Trump, négationnistes de la science, xénophobes et racistes, sont une manifestation de la politique meurtrière du grand capital pour la réouverture de l’économie. Elle répond à l’appel à "reprendre notre pays". Cela a été confirmé le 17 avril, lorsque le président des États-Unis a tweeté son soutien, appelant à la "libération" du Michigan et d’autres États où des manifestations similaires ont eu lieu.

D’une part, cette intrusion dans le Capitole s’inscrit dans une accentuation des contradictions du système américain ainsi que dans la crise que connaît actuellement le gouvernement Trump. Cette crise s’accompagne d’un affaiblissement de l’hégémonie des États-Unis, dont la gestion de la crise apparaît comme un désastre avec bilan humain record et 30 millions de nouveaux chômeurs.

D’autre part, le soutien à ce genre d’action de protestation est un outil dans l’arsenal des classes dirigeantes, surtout lorsqu’elles sont confrontées à une crise économique massive. Comme l’explique le journal Left Voice, face au consensus social de fermeture de la production non essentielle, des groupes tels que le Michigan Freedom Fund, financé par Betsy Devos et sa famille conservatrice parrainent des célèbres milices de droite du Michigan. On y retrouve des groupes proto-fascistes comme les Proud Boys. Le Wall Street Journal avait également soutenu les manifestations dans un article contre le « verrouillage draconien » de l’État. Plus qu’une question de déconfinement, ces marches se font autour d’un programme politique. Les capitalistes disent explicitement que les gens devraient mourir pour maintenir l’économie ouverte, et la base de droite radicalisée de Trump, armée, se mobilise autour de ce programme, passant à une étape supérieure dans le rapport de forces en entrant dans le capitole. Le soutien à ce genre de manifestations est un outil dans l’arsenal de la classe dirigeante, surtout lorsqu’elle est confrontée à une crise économique massive.

Le trumpisme s’est développé dans le Michigan suite à l’utilisation d’explications racistes et xénophobes pour expliquer le manque d’emplois, et Trump y est arrivé en tête lors de l’élection présidentielle de 2016. La pandémie apparaît donc comme un terreau propice à la réaction de l’extrême droite et à la division de la classe ouvrière dans un contexte de misère économique : au 17 mars, selon les rapports de USA Today, environ 21% des travailleurs du Michigan ont demandé une assurance chômage.




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