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Répression syndicale

Poursuite de la grève à Neuhauser : « 200 000€ de frais d’huissiers mais pas d’augmentation ! »

Alors que la grève se poursuit depuis une semaine chez Neuhauser (groupe InVivo), la CGT affirme que l’entreprise aurait dépensé 200 000 euros en frais d’huissiers et de vigiles pour surveiller et entraver le délégué qu’elle tente de licencier.

Enzo Tresso

21 février

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Poursuite de la grève à Neuhauser : « 200 000€ de frais d'huissiers mais pas d'augmentation ! »

Crédit photo : Anasse Kazib

Alors que la grève pour les salaires et contre la répression syndicale se poursuit depuis plus d’une semaine sur le site Neuhauser de Fürst, la direction, contrainte par le tribunal de laisser Christian Porta, représentant CGT, accéder à l’usine, continue d’user de méthodes policières pour entraver la lutte des travailleurs. Dans le cadre de la répression contre le délégué, l’entreprise fait en effet appel aux services de trois huissiers, qui se relaient toutes les huit heures…

Neuhauser/InVivo investit dans la répression, pas dans les augmentations

Tandis qu’une grève pour les salaires était en préparation, la direction du groupe avait mis à pied le syndicaliste le 7 février, l’accusant de « harcèlement moral contre la direction ». Privant le représentant de son droit d’accès au site, InVivo avait été débouté au tribunal, le 16 février. Après le rassemblement réussi de vendredi, qui a réuni près de 200 soutiens du syndicaliste, et la tribune signée par 120 syndicats en soutien à Christian Porta, la grève se poursuit et le syndicaliste a pu retourner à l’usine.

Celui-ci subit cependant un traitement spécial : accompagné en permanence par un huissier chargé de contrôler ses moindres faits et gestes, le syndicaliste est surveillé jour et nuit. En plus de trois nouveaux vigiles, la direction emploie également, depuis début février, les services de 3 huissiers, qui se relaient toutes les huit heures, pour entraver l’action du dirigeant syndical. « Ce matin, l’huissier m’a suivi jusqu’aux toilettes... On a procédé à un calcul rapide sur la base du coût horaire de ce type de missions, et en ajoutant les frais de vigiles on arrive à plus de 200.000€ ! C’est totalement délirant à l’heure où la direction refuse d’augmenter les salaires » explique Christian Porta.

Avec cette somme, la direction aurait pu accorder une prime de plus de 500 euros à chacun des employés relève la CGT Neuhauser, alors que les travailleurs du site continuent la grève pour obtenir de meilleurs salaires. Ces derniers font état de leurs difficultés à finir le mois, comme Stéphane*, interrogé par Révolution Permanente la semaine dernière : « Tout augmente. Même pour les déchets ménagers, ils ont augmenté par trois les taxes. Le gaz, l’électricité. Avec ma femme on a du mal à s’en sortir. On doit réfléchir mille fois avant chaque achat, on achète tout à crédit. On peut pas vivre avec notre salaire ».

Une méthode scandaleuse, cumulée à une nouvelle attaque contre les travailleurs !

Ce n’est pas la première fois que la direction utilise la méthode InVivo. Après avoir accusé de manière calomnieuse le syndicaliste de harcèlement, entamé une procédure de licenciement et employé des vigiles et des gendarmes pour l’empêcher d’exercer son mandat syndical, l’entreprise avait diffusé, la semaine dernière, une lettre appelant les travailleurs qui soutiennent la grève à se manifester « pour envisager avec eux leur sortie de l’entreprise dans les meilleurs délais ».

Le message est clair : plutôt que d’améliorer les salaires des travailleurs, la direction préfère investir dans la répression. Un constat d’autant plus scandaleux qu’un accord a finalement été trouvé pour les NAO avec une partie des syndicats, et que celui-ci inclut la suppression des parcours qualifiants, un dispositif qui permet aux travailleurs d’obtenir des gains de salaire grâce à leur ancienneté ou leur parcours dans l’usine. « Il s’agit de la perte d’un acquis social gagné par la lutte en 2018 » explique Christian Porta. Une attaque qui pourrait accroître la détermination des salariés en grève sur le site de Fürst depuis plus d’une semaine contre la répression syndicale et pour les salaires.


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