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RATP : la direction veut briser les noyaux de la grève par la répression

Depuis le début du mouvement la direction de la RATP n'hésite pas à menacer les grévistes tentant le tout pour le tout afin de les dissuader de continuer la lutte. Entre les nombreux entretiens disciplinaires, les intimidations, les gardes à vue, ils cherchent à viser l'avant-garde mobilisée pour briser la détermination !

lundi 27 janvier

Le gouvernement, la direction de la Ratp et les médias tentent depuis le 5 décembre de mettre un terme au mouvement de grève par tous les moyens. Après avoir tenté, sans succès, de mettre l’opinion publique contre les grévistes, notamment pendant la période des fêtes, après avoir tenté de réprimer les grévistes par la force, c’est aujourd’hui sans surprise les convocations disciplinaires qui s’enchaînent.

Le 13 janvier dernier, trois salariés grévistes étaient convoqués à Vitry pour un entretien disciplinaire « préalable à sanctions ». Mercredi 15 Janvier, Hani machiniste à la Ratp, syndicaliste était sanctionné de 15 jours de mise à pied.

Dernièrement ce sont Ahmed et Alex qui ont été convoqués à des entretiens disciplinaires avec menaces de révocation, la direction passant un cap dans la répression. La Cgt fait, elle, part d’au moins 120 enquêtes internes diligentées par la RATP depuis le début du mouvement, ce qui serait un triste record « historique ».

Sur le terrain, de nombreux militants syndicaux évoquent un climat d’intimidation particulièrement pesant dans les entreprises et les dépôts les plus mobilisés contre la réforme des retraites. Une répression organisée par les directions mais directement en lien avec les volontés du gouvernement ; la ministre Elisabeth Borne, fin décembre déclarait « condamner très fermement et demander aux dirigeants de RTE et d’Enedis de déposer plainte systématiquement, contre les coupures de courant effectuées par la CGT énergie » Message reçu parfaitement par les deux filiales d’EDF qui ont depuis multiplié les dépôts de plainte.

Dans tous les secteurs mobilisés, les convocations commencent à tomber , la répression se met en marche, et pire on tente de faire passer les militants, les grévistes pour des voyous.

C’est ainsi, dans le même temps, face à la démonstration de force d’un mouvement en grève pendant plus de cinquante jours, face à la détermination absolue des grévistes que s’organise le sap médiatique contre celles et ceux qui sont partie prenante de la grève. Pendant que le gouvernement tentait vainement d’en finir avec la grève et de retourner l’opinion publique, les médias dominants ont toujours joué leur rôle en salissant le mouvement. Les grévistes ont d’abord été présentés comme des « preneurs d’otages » empêchant les familles de se retrouver pendant les fêtes, avant de les faire passer pour des homophobes. A Vitry ce sont trois machinistes qui ont été convoqués, accusés de « reprendre en chœur une chanson à caractère homophobe à chaque fois que passait un conducteur non gréviste » ; et « porter atteinte à la liberté de travail ». Nombreux sont les médias à avoir repris et exagéré l’affaire, affirmant que les trois grévistes sont visés pour homophobie et qu’ils « entonnaient un chant : « On n’aime pas les (gros) suceurs de bites ! ». Oubliant par la même occasion que le chanteur à l’origine de ce chant polémique n’est autre que Vegedream un artiste que Macron lui-même a emmené en Côte d’Ivoire, lors d’un voyage diplomatique. Une instrumentalisation du combat contre l’homophobie qui avait par ailleurs été soulignée par un collectif queer.

On observe de plus dans ce mouvement, de manière scandaleuse, un durcissement de la répression que ce soit dans l’intervention de la police tous les matins sur les piquets de grève Ratp, dans les nombreuses gardes à vue ou encore dans les pressions mises en place par la direction sur les grévistes.

Gérald Le Corre, inspecteur du travail, note : « Le droit de grève existe bel et bien sur le papier, mais dans un certain nombre d’entreprises, il n’est pas respecté. Les directions disposent de nombreux leviers pour intimider les salariés : pressions orales, chantage à l’avancement, etc. C’est particulièrement vrai dans la période actuelle, pour des secteurs tels que la métallurgie. Un patron pourra expliquer aux salariés d’un site que s’ils se mettent en grève, la fabrication se fera ailleurs ».

Il n’est pas anodin de voir qu’après que le gouvernement ait envoyé les matraques et fait gazer les grévistes, la direction de la Ratp tente aujourd’hui de couper les têtes de l’avant-garde présente sur les piquets et en reconductible depuis le 5 décembre.

En s’attaquant à Yassine, Alex, François, Patrick, Ahmed et bien d’autres c’est la lutte que la direction tente de dissoudre et c’est à ses symboles, ses têtes d’affiches qu’elle s’attaque le plus durement. Si la direction menace les leaders, les représentants de la grève c’est parce qu’elle veut saper la détermination des grévistes de la RATP, elle veut mater la détermination de travailleurs qui jouent le rôle de locomotive de la mobilisation interprofessionnelle, elle veut briser le secteur le plus combatif, le plus à l’avant-garde de la mobilisation, qui exprime le ras-le-bol du monde du travail à l’égard des politiques néo-libérales du gouvernement Macron.

La direction se plie ainsi aux directives et volontés d’un gouvernement qui a envoyé jour après jour la police sur les piquets de grève, réprimant les travailleurs et leurs soutiens. Ce sont ainsi de nombreux étudiants, enseignants qui ont subi le joug de la répression et se sont fait tabasser, matraquer ou arrêter par la police (cas de l’enseignant passant ce vendredi 10 au tribunal de Bobigny après avoir été arrêté sur le piquet d’Aubervilliers). La direction de la Ratp se met donc au diapason d’un gouvernement qui n’a pas hésité à envoyer des grévistes à l’hôpital lors de la manif du 9 janvier ou au commissariat.

C’est donc sans surprise qu’Ahmed Berrahal de Flandres ou encore Alex du dépôt de Vitry ont trouvé dernièrement dans leurs boites aux lettres des convocations à des entretiens disciplinaires avec menaces de révocation, les accusant de « menaces de mort et intimidations à l’encontre des salariés » et de « blocage à la sortie des bus » ou d’être « l’organisateur des blocages ».

La Ratp par ces convocations calomnieuses montre qu’elle a franchi un cap, celui de la violence, n’hésitant plus à mentir pour mieux attaquer ceux qui se sont battus pour la retraite de toutes et tous. La direction de la Ratp ou de la Sncf n’hésitent plus à s’afficher comme le bras armé du gouvernement. Cette politique n’est pas sans conséquences désastreuses, ce matin François, un machiniste du dépôt de Vitry a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail, mis sous pression par les convocations disciplinaires dont il était victime.

C’est avec une grande tristesse mais aussi une grande colère que ses collègues se sont rassemblés sur leur poste de travail, ne pouvant accepter la pression et l’intimidation de l’entreprise, qui accule les têtes du mouvement. Alex, un machiniste convoqué par sa direction explique les pressions de la direction sur les grévistes, évoquant les menaces d’un directeur affirmant à ses employés qu’il « s’occuperait personnellement d’eux », « qu’il y aurait une troisième mi-temps » et montrant que la « direction joue le rôle du gouvernement, en jouant le pourrissement et en cherchant à casser la grève ».

Une nouvelle fois, par un rassemblement massif en soutien à François qui a mené à l’envahissement du dépôt d’Ivry, les grévistes ont montré que ce mouvement les a soudés, et que s’ils tentent de s’attaquer à l’un d’entre nous, nous serons des milliers à répondre. Aucun gréviste ne sera laissé seul face à ce gouvernement et la direction de la RATP, qui répriment et intimident main dans la main.




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