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Raffinerie de Grandpuits : la grève se solidifie

Hier se tenait la deuxième journée de reconductible à la raffinerie de Grandpuits. Pour l'occasion nous relayons cette interview de Adrien Cornet (CGT Grandpuits) réalisée pour L'Anticapitaliste. Il y revient sur la situation de la mobilisation.

mercredi 6 janvier

Crédit photo : Raffinerie Grandpuits Gargenville en Lutte

Nous relayons cet article publié initialement dans L’Anticapitaliste. Dans cette interview, réalisée par Antoine Larrache, Adrien Cornet, délégué CGT à la raffinerie de Grandpuits, raconte la deuxième journée de grève contre les suppressions d’emplois.

Comment se passe la 2e journée de grève à Grandpuits ?

Ça se passe super bien. On a encore plus de grévistes qu’hier, avec 100% de grévistes sur le premier quart du matin et 90% sur l’après-midi.

Certains secteurs, de la maintenance, de l’inspection, des travaux, du grand arrêt, la formation, la sécurité, sont avec nous, ils viennent nous voir sur les piquets de grève.

Ça se passe très bien aussi avec les non-grévistes, qui partagent nos inquiétudes et respectent la lutte. On discute bien donc il est possible d’élargir la grève.

Les salariés de jour ont moins de traditions de lutte, il y a plus de difficulté, mais ça se passe très bien. On a eu une AG cet après-midi qui a été très positive.

Peux-tu rappeler les revendications que vous mettez en avant ?

La CGT Grandpuits se positionne pour le « zéro suppression d’emploi », chez les sous-traitants comme chez Total. C’est notre première revendication. Pour l’ensemble des grévistes, puisqu’on sait qu’on est face à un monstre, Total, il y a aussi une discussion sur des revendications pour des créations d’emploi. On voudrait arracher une cinquantaine d’emploi qui manquent aujourd’hui, qui seraient nécessaire pour nos conditions de travail. Il manque notamment un service de pompiers à la raffinerie, qui soient consacré exclusivement à cette tâche. Ça existe dans les autres raffineries, nous sommes la seule où il n’y a pas ce service !

On voit des mécanos qui doivent faire le boulot de pompier, mais c’est très compliqué, très particulier et ça ne devrait pas être fait par des personnels dont ce n’est pas le travail.

On revendique aussi un ratio hommes/postes convenable pour pouvoir poser des congés, etc.

Comment vous organisez la lutte ?

On essaie de construire une lutte auto-organisée. On a élu des délégués dans chaque ligne de quart. Ils organisent la caisse de grève à l’intérieur de leur ligne, les relèves, qui est remplacé, et la gestion des travaux indispensables à la sécurité du site. On discute si on estime que les travaux sont indispensables, et quelles contreparties on demande. Voilà le type de discussion qu’on a autour du piquet.

Comment vous voyez la convergence des luttes ?

On a établi un planning de la grève sur le mois de janvier. On travaille par exemple aux liens avec le secteur de l’énergie. On est assez proche des salariés de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, on a lutté avec eux lors des précédents mouvements nationaux, par exemple pour les retraites. Parce qu’en réalité il y aurait des sujets de fond à discuter, sur l’énergie au niveau du pays, et les salariés on devrait avoir notre mot à dire puisque c’est nous qui faisons tourner les centrales, les raffineries, les dépôts pétroliers, c’est nous qui assurons la sécurité de ces sites. En réalité il faudrait un pôle énergie au niveau national, une nationalisation sous contrôle ouvrier en expropriant les grands groupes comme Total.

Il y a également une interpro locale, avec les cheminots de Melun, les profs de Provins et Melun, pour soutenir la lutte. On prépare des actions en locale pour la semaine prochaine par exemple.

On va aussi discuter de l’initiative des TUI pour le 23 janvier à la prochaine AG de jeudi, même si bien sûr du côté de la CGT Grandpuits on est partie prenante !

Plus d’infos

Propos recueillis par Antoine Larrache.




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