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Politique

Jean-Michel réactionnaire

Rentrée scolaire catastrophique mais Blanquer s’attaque à l’écriture inclusive

La rentrée scolaire se fait dans des conditions sanitaires catastrophiques et les lycéens bloquent pour dénoncer l’inadaptation des examens à la réalité de la continuité pédagogique. L’occasion pour Blanquer de se relancer dans une offensive réactionnaire, cette fois contre l’écriture inclusive.

mardi 4 mai

Photo : AFP

La situation de cette dernière rentrée scolaire de l’année 2020-2021 ne présente aucun changement majeur. Le protocole sanitaire a été préparé avec deux bouts d’allumettes et des autotests qui n’arrivent pas, et Blanquer refuse de mettre des moyens humains et matériels dans l’éducation nationale. Une condition indispensable pour assurer une authentique continuité pédagogique par temps de Covid. Mais le ministre de l’éducation nationale vient de trouver LA solution : il faut interdire l’écriture inclusive à l’école…

La lutte contre l’écriture inclusive, ce cheval de bataille de la droite réactionnaire et de la majorité LREM, que le ministre vient déposer au beau milieu d’une situation sanitaire critique, histoire de poursuivre son offensive réactionnaire contre tout ce qui vient questionner l’ordre social et histoire qu’on parle d’autre chose que de sa gestion catastrophique. Mais cette offensive réactionnaire masque mal le manque de moyens endémique dans l’éducation et les élèves de Terminale et de BTS qui manifestent contre les épreuves prévues dans les prochaines semaines, de la réforme du bac qui a laissé une colère énorme, du Grand-Oral vu les conditions d’enseignement cette année.

L’argument de Blanquer, ce sont les difficultés que l’écriture inclusive impose aux élèves dyslexiques. Autrement dit, le même Ministre, que la grande précarité des AESH n’a jamais gêné aux entournures, et dans un gouvernement qui ne cesse de casser les conditions de l’accès aux soins, se découvre tout à coup soucieux des élèves en situation de handicap et prétend s’intéresser à la réussite de tous les élèves alors que, depuis 2017, il n’a fait que détruire autant que possible l’école publique et les conditions de travail des élèves et des personnels.

On croirait presque à une blague, on se dit que c’est l’interview du dimanche, mais cette attaque contre l’écriture inclusive s’inscrit bien dans la droite lignée de l’offensive réactionnaire du gouvernement depuis plusieurs mois maintenant. Jean-Michel Blanquer et ses collègues du gouvernement Darmanin et Schiappa sont ainsi à la tête de cette offensive qui vise à faire taire toutes celles et ceux qui osent remettre en cause l’ordre social. Rappelons-nous des sorties de Blanquer sur « l’islamo-gauchisme ».

Les personnels et les élèves ont pu mesurer la mascarade depuis 2017 et encore plus avec le confinement de mars 2020 : alors que la situation sanitaire aurait dû imposer une augmentation des moyens, une réflexion sérieuse sur la manière de continuer l’enseignement, on a vu Blanquer réprimer les personnels en colère, radoter entre amis sur l’islamo-gauchisme, inventer des pirates intergalactiques prenant d’assaut les ENT et désormais, pourfendre l’écriture inclusive.

Mais c’est qu’en réalité, il a fait ce qu’il avait à faire : détruire patiemment l’école, en faisant feu du bois que fournissait y compris la crise sanitaire, accumuler les obstacles à l’accès aux études universitaires pour les élèves des classes populaires, favoriser autant que possible l’enseignement privé, encourager la multiplication des services payants d’entreprises du privé comme autant de vautours profitant de la décomposition de l’école publique.

Ce faisant, il a approfondi le fossé entre le projet porté par la bourgeoisie actuelle - supprimer l’école publique - et ce que veulent encore faire les personnels, les élèves et leurs familles de l’école - en faire le moyen d’une transmission des savoirs, d’une émancipation. Ainsi, tous, personnels, élèves, familles, ont une école à opposer à celle de ce ministre et de ce gouvernement, en s’organisant et en luttant contre l’offensive réactionnaire de la bourgeoisie, que porte Blanquer.

Dans le même sens, en ce qui concerne la question de l’écriture inclusive et de la lutte féministe contre le patriarcat, nous écrivions déjà en février dernier « S’il est vrai que des changements formels de la langue n’auront pas de grande conséquences sur les conditions matérielles des femmes dans le monde, la lutte pour l’égalité dans la vie réelle pour les femmes du monde entier, ainsi que pour leurs droits humains démocratiques fondamentaux, continue d’exister et de nécessiter des combats politiques par la rue et l’auto-organisation ».




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