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SNCF. Le Technicentre Le Landy continue le bras de fer avec la direction

Les agents de l'exécution de ce technicentre, gérant les rames TGV et TER circulants au nord de Paris, ont décidé de débrayer. Surprise inattendue pour la direction qui pourtant devait avoir conscience qu'une grogne sous-jacente se pointait sous leur fenêtre.

mercredi 6 novembre

Dimanche soir, les agents ont décidé d’aller à la rencontre de leurs collègues, pour à la fois parler de certaines revendications et entendre les leurs. Ils ont donc édité une liste d’une cinquantaine de demandes qui vont du logique paiement des heures travaillées (des remiseurs-degareurs attendent toujours le réajustement salariale de 17 minutes par jour non payées), à l’augmentation des primes de nuit et en passant par la nomination aux qualifications supérieure.

Il est a noté qu’au chantier Proximité (gérance TER), les dirigeants d’équipe ne sont pas agent de maitrise (qualif D), mais technicien (qualif C), et son remplaçant est opérateur (qualif B), les cheminots du Landy affirme qu’il est inacceptable de gérer une équipe sans en être qualifié, tant sur le poste qu’en termes de rémunération. Afin de se faire entendre et écouter par la direction, tous ont décidé de tenir une AG des cheminots le lundi matin, vers 9h avec un débrayage massif.

Ce débrayage a fait redescendre la direction sur terre. « Ils sont hors-sol ! On réclame des sous, ils nous proposent des croissants ! » clamait l’un des cheminots. Ce n’est pas une marmite qui déborde, c’est une cocotte minute en ébullition. Un taux incroyable et en constante augmentation de grévistes est le reflet de ce ras le bol de tous les secteurs œuvrant au Landy. Besoin de reconnaissance de leurs capacités technique, de leurs savoir-faire, de leurs poly-activités obligatoire par manque d’effectif, et d’une renumeration digne de ce nom.

« Les miettes c’est pour les oiseaux, on veut du steak dans nos assiette ! » : voilà le leitmotiv de ce soulèvement local. Et pour manger, il faut un logement (certains cheminots dorment dans leurs voitures). Or avoir un logement quand le traitement de départ pour un agent du matériel atteint la somme de 1180€... il va sans dire que posséder un toit en banlieue parisienne devient un rêve plus qu’une possibilité.

Ainsi, depuis lundi, les AG grossissent, le mouvement s’amplifie, la colère monte face à une direction qui, même redescendue sur terre, patauge dans cette eau saumâtre et boueuse qu’elle a elle-même générée et alimentée. L’important n’est pas la chute, mais l’atterrissage !

« Nous comprenons, nous prenons conscience, et nous allons en référer nationalement ». Face aux revendications locales des Cheminots, la direction fuit, arguant que « nous avons les mains liées ! ».

« Faux ! » répondent les cheminots, car les 3/4 des revendications sont purement locales ! Il est, en effet, curieux de constater que le nouveau pacte ferroviaire a pour but de morceler cette entreprise et pourtant la direction se cache derrière le caractère « national »... c’est à en perdre son latin.

Depuis ce fameux dimanche soir, les tournées de chantier, les propositions, les organisations, la communication s’étale tel un rouleau compresseur qui avance vers la direction aux abois.

Le Technicentre Atlantique a allumé une mèche, et le matériel s’embrase.




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