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Rassemblement le 1er mai

Savoie-Isère. Ferropem supprime 352 emplois, les travailleurs contre-attaquent le 1er mai

La nouvelle est tombée il y a un mois : jeudi 29 mars, les travailleurs et travailleuses de Ferropem ont appris que leur direction comptait fermer deux usines métallurgiques, en Savoie et en Isère. Au total, cela représente 352 licenciements secs. Les salariés appellent tous leurs soutiens à se rassembler à l'usine de La Léchère le 1er mai au matin.

mercredi 28 avril

Crédit photo : La Savoie

C’est lors d’un comité européen d’entreprise que la décision a été annoncée : la direction du groupe FerroGlobe veut fermer deux usines en Rhône-Alpes. On compte 352 licenciements secs, soit l’intégralité des emplois des deux usines : 221 à l’usine de Château Feuillet (La Léchère, 73) et 131 à l’usine de Livet-et-Gavet (38). Mais il faut en réalité ajouter à ce bilan la mise en danger de tout l’écosystème des sous-traitants dont l’activité dépend des deux usines concernées.

Depuis 2016, Ferropem est une filiale de FerroGlobe, groupe américano-espagnol spécialisé dans la production de silicium ; à lui seul, Ferroglobe produit 14 % du silicium mondial. En Rhône-Alpes, l’industrie du silicium est implantée depuis le milieu du 20ème siècle. Etant notamment à la base de la composition du silicone, le silicium est un composant nécessaire dans plusieurs domaines majeurs tels que le médical, les énergies renouvelables, la sidérurgie et la construction.

Des choix stratégiques erronés que la direction veut faire payer aux travailleurs

Les problèmes économiques du groupe datent de 2018 : Mustapha Haddou, sécrétaire du comité central d’entreprise et délégué CGT, explique en effet que ces problèmes découlent de mauvais choix stratégiques effectués par la direction du groupe, qui s’est mis à dos un certain nombre de ses clients. Pour éponger ses dettes, comme nous l’écrivions déjà en décembre 2019, la multinationale a arrêté ses investissements en France, et recourt au chômage partiel depuis 16 mois dans ses usines de La Léchère (Savoie), de Montricher-Albanne (Savoie) et de L’Ardoise (Gard). Le cas de FerroGlobe illustre ainsi très bien comment les choix malheureux d’un patron sont payés, in fine, par les travailleurs et les travailleuses – un prix extrêmement coûteux puisqu’il est ici question de licenciements secs.

FerroGlobe annonce supprimer aujourd’hui 352 emplois, alors que la filiale française a touché, ces dernières années, plusieurs millions d’euros d’aides de l’État : aides liées à l’activité partielle du fait de la crise sanitaire, mais aussi réduction sur le coût de l’électricité et crédits impôt recherche - comme l’explique la CGT. Les travailleurs et les travailleuses, dont les impôts financent ces aides d’État, paient donc doublement le prix de la concurrence et des choix stratégiques erroné de la direction de FerroGlobe.

Face à l’attaque patronale, les travailleurs mobilisés

La direction annonce mettre les usines « en sommeil » : une tactique qu’Eric Granata dénonce comme permettant d’éviter 30 millions d’euros de dépense pour la dépollution du site. Mais face au chômage partiel et aux menaces de licenciement pesant depuis des mois, les travailleurs et travailleuses des usines concernées ne sont pas restés l’arme au pied : un mouvement de grève s’est déroulé au mois d’octobre dans les usines savoyardes, et en janvier dans celle d’Anglefort. La direction a d’ailleurs tenté de réprimer trois des grévistes, assignés au tribunal d’Albertville le 2 février pour faits de grève.

Elle a cependant été déboutée, le tribunal ayant considéré comme licite le mouvement de grève.
Dans un contexte de crise sanitaire et économique, alors que l’usine SERS située en face de Ferropem Château Feuillet a fermé en 2015, et tandis que d’autres entreprises de la région licencient, la fermeture des usines Ferropem serait une catastrophe pour les travailleurs et leurs familles. Il est nécessaire de se battre durement pour imposer la seule solution raisonnable et juste : zéro licenciement, soit le maintien de l’intégralité des emplois dans ces deux usines !

Densifier la lutte

Les travailleurs et travailleuses des deux usines concernées ont mis en ligne une pétition afin de faire connaître la situation et de montrer à la direction qu’ils sont soutenus. Au-delà, les salariés de l’usine de La Léchère appellent tous leurs soutiens à se rassembler à l’usine le 1er mai à 9h, et à passer la matinée sur place pour construire la lutte et imposer leurs revendications. Les travailleurs exigent que la direction facilite la reprise : la mise sur le marché officiel aura lieu la semaine prochaine mais pour réduire la concurrence, la direction, par la voix de Benoist Olivier, a annoncé ne pas être décidée à vendre. Les travailleurs revendiquent également une revalorisation des dispositions du PSE.

Avec la crise sanitaire, les patrons en profitent pour licencier à tour de bras. Il y a quelques semaines, c’est à l’usine SoclaWatts, à Méry, que les travailleurs se mobilisaient contre les licenciements. Le 1er mai, soyons nombreuses et nombreux à l’usine de Château-Feuillet à La Léchère !




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