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Monde

Multinationales complices !

Scandale ! Au Myanmar, Total fait pression sur ses salariés pour qu’ils ne se mobilisent pas

Une enquête a révélé cette semaine l’ampleur de la responsabilité de Total dans le financement de la dictature. La multinationale française n’en reste pas là dans sa complicité avec les militaires au Myanmar, et menace ses salariés voulant se mobiliser contre le coup d’État.

mercredi 5 mai

Depuis le 1er février dernier au Myanmar, le mouvement massif d’opposition populaire au coup d’État est aussi fort que violemment réprimé, les chiffres atteignant aujourd’hui plus de 765 manifestants tués et au moins 3 500 emprisonnés. Très en difficulté face à la résistance qui s’exprime dans la rue depuis plus de trois mois, la junte a choisi la répression dans le sang, sans que la violence des militaires ne parvienne à freiner le mouvement. Pour les ouvriers de Total, à la répression militaire dans la rue, s’ajoute la répression au sein de l’entreprise. En effet, la multinationale française dont on a découvert la responsabilité dans le financement de la dictature de la junte militaire, ne se contente pas de grassement bénéficier de ses accords avec les militaires, mais participe à la répression du mouvement en faisant pression sur les salariés afin de les empêcher de se mobiliser.

Dans un article du Monde de ce mardi, on peut ainsi lire les témoignages de salariés de Total au Myanmar qui dénoncent les coups de pression voire les menaces de la direction : « Ils nous ont dit que si on rejoignait la contestation, on en paierait le prix, sans donner plus de détails. On a vite compris qu’un congé sans solde nous serait refusé et qu’on devrait démissionner. » En lutte contre le coup d’État, mais aussi contre la direction de leur entreprise qui collabore avec les militaires, les salariés qui disent avoir « honte que leur travail profite aux militaires » ont pour certains été menacés d’arrestation militaire par leur supérieur : « Il nous a dit que si on rejoignait le mouvement de désobéissance civile, on serait arrêtés à l’aéroport par les militaires, à notre retour par hélicoptère. »

Dans un moment où la crise économique - des conséquences à la fois de la situation sanitaire et politique dans le pays - fait des ravages, et promet selon l’ONU de voir d’ici à 2022 la moitié de la population du Myanmar vivre avec moins de 1,5 dollar par jour, perdre leur emploi est absolument inenvisageable pour de nombreux salariés de Total. Et c’est en connaissance de cause que la multinationale, qui veut à tout prix éviter une interruption de sa production, maintient ses salariés à leurs postes. Le tout derrière une communication hypocrite autour des droits humains, qui promettait notamment des dons aux ONG locales et était particulièrement illustrée dans la lettre publique de Patrick Pouyanné (le PDG de Total) en avril dernier, dans laquelle on pouvait lire par exemple, « quand bien même nous déciderions d’arrêter la production pour protester contre la situation en Birmanie, nous pourrions mettre nos collaborateurs dans une situation dramatique, celle du travail forcé (…) Nous ne pouvons pas envisager de faire courir de tels risques à nos collaborateurs birmans sur place qui nous sont fidèles depuis de longues années ».

Loin de se soucier des intérêts et des conditions de vie de ses salariés, Total, en entreprise impérialiste, révèle encore une fois que ses profits sont sa seule boussole et justifient sa complicité avec la junte militaire au Myanmar, comme avec les régimes les plus réactionnaires à travers le monde.




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