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Politique

Défense du patronat par la CFDT

Scandaleux ! Le secrétaire adjoint de la CFDT Cheminot en première ligne pour défendre Ghosn

Ce jeudi matin, journée de forte mobilisation contre la réforme des retraites, le secrétaire adjoint de la CFDT cheminot, Rémi Aufrère-Privel était invité sur Cnews. A la grande surprise, pas si surprenant que ça non plus, il a tenu à saluer le Grand patron qu’était Carlos Ghosn et venter la réussite économique qu’a été la fusion Renault-Nissan.

jeudi 9 janvier

Crédit photo : capture vidéo Cnews

Si Carlos Ghosn a été un grand patron, il ne l’a été que pour les actionnaires et lui-même. Pourtant, le secrétaire adjoint de la CFDT Cheminot a tenu à saluer le grand patron qu’était Carlos Ghosn et la réussite qu’a été la fusion Renault-Nissan, dans L’Heure des Pros sur Cnews.
Rémi Aufrère-Privel a prévenu « de la part d’un syndicaliste ça peut vous paraître extraordinaire ». Selon lui, « il a réussi à faire cette intégration incroyable de Renault-Nissan. Ça a été une réussite économique aujourd’hui pleins de personnes lui crachent dessus[...] ».

Sur le plateau de Pascal Praud, Marie-Laure Harel conseillère de LREM de Paris et porte-parole de Benjamin Griveaux a tenu à féliciter les déclarations d’ Aufrère-Privel.
« C’est très agréable d’entendre pour une fois un syndicaliste qui n’a pas un discours borné anti-patron. Franchement c’est très intelligent ». Un discours surprenant en effet de la part d’un syndicaliste surtout vu le calvaire qu’a fait subir Carlos Ghosn aux ouvriers.

Le bilan de Carlos Ghosn

Depuis 2005, où Carlos Ghosn devient PDG de Renault (il est devenu PDG de Nissan en 2001), « Renault a perdu 22 500 salariés » d’après Fabien Gâche délégué CGT. En 2008, l’entreprise a connu une vague de suicide au Technocentre. Des suicides dus à la cadence insoutenable imposée aux ouvriers. Il faut mettre en avant l’explosion de l’utilisation d’intérimaires pour remplacer les vagues de licenciements et de départs dit volontaires. Carlos Ghosn n’a pas hésité à délocaliser énormément la production et exploiter une main d’œuvre moins cher et moins protégé par la lois.

Pas étonnant que la direction de la CFDT encense Carlos Ghosn

Il y a deux choses à voir dans les déclarations de Rémi Aufrère-Privel. Tout d’abord, ce n’est que la suite logique de la politique menée par le syndicat chez Renault. Au fil des ans et des offensives anti-sociales de la direction de Renault-Nissan, la CFDT n’a fait que signer des accords allant à l’encontre des intérêts des ouvriers. En guise d’exemple, en 2017, la CFDT a signé un accord de compétitivité, s’alignant sur FO et de la CFE-CGC. Cela a permis au patronat d’obtenir la majorité pour faire passer cet accord synonyme d’une cruelle défaite pour les ouvriers quant au temps de travail et aux suppressions de postes. Déjà en 2013, un accord avait permis la suppression de 10 000 emplois et de 21 jours de RTT. L’accord de 2017 a permis à Renault d’imposer 7 samedis obligatoires sur l’année et la possibilité pour la direction d’imposer 1 heure supplémentaire par salarié, 8 fois par mois. Des reculs qui favorisent la précarisation des travailleurs, en particulier des intérimaires toujours plus nombreux tandis que les CDI sont de moins en moins nombreux.

Deuxièmement, cette déclaration se fait dans le contexte de la réforme des retraites. La direction de la CFDT a expliqué qu’elle allait rentrer dans le rang si le gouvernement retirait l’âge pivot. Sans mandat et sans légitimité, ils veulent trahir le mouvement qui dure depuis plus d’un mois. La direction de la CFDT, Berger en tête, ont toujours volé au secours du gouvernement et de fait du patronat. Il n’est donc pas anodin et surprenant que le secrétaire adjoint de la CFDT cheminot oublie les conditions de travail des ouvriers et préfère saluer la réussite du chef d’entreprise qui n’a eu de cesse de s’augmenter.

Lors de sa première année il ne touchait « que » 200 000 euros. En 2006, il passe à 7,4 millions d’euros, dont 5,4 millions d’euros de stock options. En 2009. Nissan le rémunère a une hauteur de 8 millions d’euros, auxquels il faut rajouter 1,2 million d’euros de Renault. En 2011, il dépasse les 10 millions. s’en est suivis encore des augmentations. Au total, en 12 ans, Carlos Ghosn aurait gagné quelques 131,8 millions d’euros, sans prendre en compte sa rémunération en tant que président du conseil d’administration de Mitsubishi.

Avec cette déclaration en pleine mobilisation contre la réforme des retraites, la CFDT, par la voix du secrétaire général adjoint de sa branche cheminote, se place en meilleur défenseur du patronat. Une position scandaleuse, qui est une véritable insulte pour tout les travailleurs de l’automobile qui ont subit la politique agressive de Carlos Ghosn.




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