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Politique

Opération séduction annulée

Sous pression de secteurs pro-patronaux, Macron réaffirme son projet de retraite à 65 ans

La semaine dernière, Macron manœuvrait en se disant prêt à « bouger » sur l'âge de départ à la retraite. Sous pression de la formation d'un pôle à gauche, Macron ouvrait ainsi la voie a l'aménagement de son programme, une première pour un entre-deux tours. Mais face au risque de se décrédibiliser vis-à-vis de secteurs de sa base sociale, LREM n’a pas tardé à reculer.

lundi 18 avril

Crédits photo : Ludovic Marin - AFP

Lors d’une interview sur le plateau de BFMTV ce dimanche 17 avril, Christophe Castaner, député et président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, a souhaité clarifier les doutes soulevés par les déclarations de Macron sur la réforme des retraites. « L’âge de départ à la retraite reste à 65 ans », « il faut travailler plus » a notamment expliqué l’ancien ministre de l’Intérieur.

Il y a quelques jours, c’est le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal qui déclarait : « il y a un “cap” de 65 ans » pour la réforme des retraites. Affirmant qu’il était là pour éviter les quiproquos, il avait précisé que ce que le président voulait dire était qu’il « pourrait y avoir des moments de rendez-vous, où on regarde comment cette réforme se met en place, l’impact qu’elle a, et potentiellement, se poser des questions ».

Des propos confus pour justifier la sortie de Macron et réaffirmer le « cap » des 65 ans. La semaine dernière, dans une manœuvre visant à répondre à l’importante pression de l’émergence d’un pôle sur sa gauche, Emmanuel Macron avait en effet laissé entendre qu’il pourrait « bouger » sur sa réforme pour « bâtir un compromis, un consensus ».

Une sortie qui a rapidement suscité le doute et la colère au sein de organes de presses représentant les secteurs les plus lucides de la bourgeoisie. Dans un édito, Nicolas Beytout, patron de L’Opinion et ancien PDG du groupe Les Echos, deux journaux du patronat, a ainsi qualifié la manœuvre de Macron de « signal politique préoccupant » en se demandant : « est-ce le premier renoncement à ce qui fonde la crédibilité du programme d’Emmanuel Macron  ? Ou est-ce le prix, la dîme, à payer pour assurer sa réélection  ? Et dans ce cas, à quel coût pour son électorat de droite  ? ».

Face à la pression à droite, LREM a finalement reculé sur son « bougé ». Une pantalonnade révélatrice des difficultés de la tactique hypocrite de Macron pour l’entre-deux tours, consistant à zig-zager entre séduction de l’électorat de gauche et défense de son programme de guerre sociale. Un cynisme dans la continuité duquel Macron s’est posé ce week-end en champion de l’écologie à Marseille, et qui montre que Macron ne reculera devant rien pour appliquer son programme de guerre social.



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