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Suppressions d’emplois, fermetures de site : les ouvriers de l’automobile mobilisés à Flins et Sochaux

Face à la multiplication des licenciements et des fermetures d’usines dans le secteur de l’automobile, les salariés de Renault, Stellantis, PSA ou encore Toyota étaient mobilisés ce mardi contre les attaques patronales à Renault-Flins et à Sochaux.

jeudi 24 juin

Mardi 22 juin, plus de 300 salariés des usines de Renault, Stellantis ex-PSA, Toyota et leurs sous-traitants répondaient à l’appel à la mobilisation de la CGT Renault, de la CGT PSA et de la Fédération de Métallurgie, contre les attaques patronales des géants de l’industrie automobile, des suppressions d’emplois à la fermeture d’usines, devant l’usine de Renault-Flins ainsi qu’à Sochaux.

Il y a plus d’un mois, 15 000 licenciements étaient annoncés chez Renault, dont 4600 en France. À Renault-Flins, c’est l’usine qui est menacée de fermer. À l’usine PSA de Douvrin c’est 1500 travailleurs qui sont menacés de suppression d’emploi. Prestataires, sous-traitants… les PSE concernent l’ensemble des ouvriers comme le soulignait Ali Kaya, délégué CGT à Renault-Flins : « Il n’y a pas un seul travailleur dans ce pays qui est à l’abri de se retrouver au chômage sous la menace du patronat. […] Toutes les catégories professionnelles sont menacées. Il y a aussi des salariés dont on ne parle pas souvent. Par exemple concrètement arrêter de fabriquer des voitures à Flins, c’est le projet de la direction, ça veut dire des milliers d’emplois perdus dans le coin. En premier lieu des sous-traitants, ceux qui fabriquent des sièges, eux ils vont purement et simplement fermer. Il y en a toute une série dans le coin. ».

Mobilisés devant Renault Flins, plusieurs secteurs dénonçaient cette casse de l’emploi dans le secteur automobile, mais aussi les attaques patronales des grands capitalistes sur les travailleurs pour augmenter toujours plus leurs profits. Éric Pecqueur de la CGT Toyota, venu à Renault-Flins avec la délégation de son usine à Valencienne notait ainsi : « Toyota malgré la crise sanitaire a annoncé cette année 18 milliards de profit. Voilà comment ils s’engraissent sur le dos de notre travail. En aggravant les conditions de travail, en nous faisant travailler plus vite plus dur. ».

Un salarié du Technocentre est quant à lui revenu la situation dans son établissement, grand centre d’ingénierie Renault : « Avant avril 2020, le coronavirus et tout ce qu’on a vécu depuis un an, on était 15 000 au Technocentre. 15 000 salariés, des prestataires, des « Renault », la direction a déjà profité de la période du Covid pour virer 2000 prestataires du Technocentre. Du jour au lendemain, 1er avril 2020, ils les ont mis dehors. Donc ça fait quand même 2000 camarades de travail en moins, et du boulot en plus pour ceux qui restent. Parce qu’au Technocentre en fait la difficulté c’est pas qu’on manque de travail. C’est qu’on croule sous le travail. Et la direction elle, a décidé de supprimer 2500 emplois dans l’ingénierie et dans le tertiaire. Ces 2500 emplois, ça veut dire que la charge de travail va encore augmenter. ».

Un militant de la CGT Métallurgie rappelait de son côté le soutien du gouvernement dans ces suppressions d’emploi et fermetures d’usines : « Ce contre quoi on se bat c’est contre une stratégie, non pas une stratégie industrielle, mais une stratégie financière, pour justement maximiser les profits et les marges, qui vont dans leur sens à eux. C’est bien ce combat là qu’on est en train de mener que ce soit la stratégie industrielle de Renault ou de PSA, et bien évidemment malheureusement qui est accompagnée par le gouvernement et par les politiques à l’heure actuelle. ». Même son de cloche du côté des Fonderies comme le pointait un travailleur : « Aux fonderies du Poitou Ça fait 11 ans qu’on se bat contre la saloperie que Renault nous met à chaque fois, de nous opposer les uns les autres. Aujourd’hui on est 6 fonderies dans la galère. Fonderie Fonte va fermer fin juillet. Ça me fait mal au cœur mes camarades. » pouvait-on entendre mardi à Renault-Flins.

Une situation face à laquelle les appels à unité se sont multipliés mardi. Ali Kaya, délégué syndicall CGT à Renault-Flins a ainsi développé : « Le patronat cherche en permanence à diviser les travailleurs : entre ceux embauchés et les intérimaires, ceux du pays avec les autres pays, d’un groupe automobile contre un autre. Tout ça bah c’est un piège c’est un poison contre lequel il faut se battre. Et on a fait aussi une illustration de l’unité des travailleurs. ». Un autre intervenant insiste : « Nous, le seul moyen qu’on aura c’est de lutter collectivement. Qu’on soit ouvrier, technicien ou ingénieur, le seul moyen qu’on ait c’est d’être ensemble dans toutes les luttes et qu’on soit ensemble chez Renault mais au-delà de chez Renault. Dans l’automobile et partout, partout où il y a les travailleurs, il va falloir qu’on se défende parce que cette attaque elle est générale. ».

En parallèle, les travailleurs de l’automobile étaient également mobilisés à Sochaux, dans le berceau de l’automobile et la maison mère de Sochaux. Plus de 200 salariés étaient réunis dans le cadre d’un appel à la grève qui couvrait l’ensemble de de la filière automobile de la région. Etaient présents des salariés de PSA Mulhouse, de Charleville, de Vesoul, de Metz, de Pont de Roide, de Beaulieu mais aussi de Fauricia ou de Trécia. Des délégations de l’hôpital de Trévenan et des FO agents territoriaux étaient également présentes pour l’occasion, ainsi que des militants de l’IG Metall d’Allemagne d’Opel, venus pour combattre au-delà des frontières avec une banderole de l’International Automotive Workers. Une mobilisation importante à l’heure où dans l’Est on compte plus de 20 000 emplois détruits dans le secteur automobile.

Une mobilisation qui pose des ponts entre les salariés des donneurs d’ordre et toute la filière, touchée quelle que soit la couleur de la tenue de travail et le contrat. Une unité centrale alors que les premières victimes ont été les intérimaires, avec plus 8 000 suppressions d’emplois chez PSA et 10 000 chez Renault auxquels il faut ajouter les sous-traitants, qui ont subi un drame social sans que celui-ci ne fasse la une des journaux. Aujourd’hui, la lutte contre la politique patronale est ainsi indissociable d’une bataille contre la précarisation et les embauches en intérim. Pour toutes ces raisons, il est plus que jamais nécessaire de lutter en construisant un rapport de force capable de mobiliser largement pour faire face aux attaques patronales, des suppressions d’emploi à la fermeture d’usines.




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