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Notre classe

Cheminot-bashing

Qui sont les réels « preneurs d’otage » ? Des usagers affichent leur soutien à la grève à la SNCF !

Ce week-end du 17 au 19 décembre des perturbations restent prévues malgré la levée du préavis de grève. Les médias continuent de profiter de cette situation pour « basher » les cheminots en pointant du doigt les grévistes à l'approche du grand week-end de retour dans les familles avant noël. Des usagers témoignent au contraire sur France Info de leurs soutien en mettant en lumière les véritables « preneur d’otage ».

vendredi 17 décembre 2021

Capture d’écran de France Info

Ce jeudi 16 décembre sur France Info, des usagers ont pu prendre la parole au sujet de la grève SNCF. Antonin, un étudiant contredit la vision qu’essaie de nous montrer les médias, notamment les journalistes de FranceInfo, par un bashing des grévistes. Lui aussi devait prendre le train pour retrouver sa famille, mais la grève « n’a rien de scandaleux ». Par cette grève les cheminots luttent pour de meilleures conditions de travail mais aussi une revalorisation des salaires. En effet, 50.000 sur 145 000 des cheminots sont des smicards, vivant avec 1.248 euros par mois, ce qui ne permet pas de vivre convenablement. Cet usager en plus de défendre la lutte des cheminots pointe du doigts les politiques libérales qui sont les véritables « preneur d’otage » en détruisant les services publics, avec le projet de privatisation.

Une autre usager Virginia, coiffeuse-barbier, confirme les propos précédents, « j’ai beaucoup de client qui font partie de la SNCF, est notamment qui font partie de la sous-traitance, et c’est scandaleux la manière dont ils sont traités, nous ne pouvons pas ne pas être de leur côté ». Elle continue, « c’est aux directions et au grand boss de faire les choses correctement ». En effet, ce ne sont pas aux grévistes et au cheminot de se faire « bashing » pour une grève. Ce ne sont pas eux qui embêtent les usagers se sont les patrons qui ne répondent pas aux revendications des salariés. En effet le préavis de grève est posé deux semaines avant mais ne font rien, comme l’explique Anasse Kazib candidat à la présidentielle et déléguée Sud Rail Paris Nord, aussi invité sur France Info ce soir-là.

Révolution Permanente a pu interroger d’autres usagers soutenant la grève des cheminots. Julien, un travailleur au Crous, affirme que « les cheminots ont tout à fait raison de se battre parce que c’est la garantie d’un service public plus qualitatif aussi, cela permet aux agents du ferroviaire de mieux vivre et affronter la vie chère qu’on subit tous aujourd’hui. Je travaille au Crous, donc le service public auprès des étudiants et voit ce sont toujours les coupes budgétaires, la pression à la baisse sur les salaires qui font que le service rendu est de moins en moins et je veux pouvoir me déplacer en train dans de bonnes conditions tout comme je veux avoir accès à des soins de qualité partout en France ».

Marina, une étudiante, confirme que « c’est important qu’ils se mobilisent ce n’est pas seulement les cheminots, mais tous les secteurs du public au privé qui subissent les politique austéritaire et la casse du service public. Nous en tant qu’usagers on doit soutenir à fond, parce que si on va vers une privatisation c’est nous en premier qui seront touchés. Il n’y a qu’a voir en Angleterre, après l’ouverture à la concurrence le nombre d’accidents a augmenté et les prix se sont envolés. Après il me semble qu’ils sont mobilisés pour une augmentation de salaire là, mais c’est pareil, on doit soutenir, parce que c’est eux qui se mobiliseront contre la privatisation après. C’est aussi eux qui s’étaient mobilisés contre la réforme des retraites, et pas juste pour eux, mais pour tous les travailleurs et notamment ceux qui du privé qui ne peuvent pas forcément se mobiliser. Eux ils ont une vraie tradition de lutte, c’est historique, et c’est pour ça qu’on doit soutenir je pense. Et surtout se méfier de ce qu’on en dit… Que ce sont les privilégiés de la société, qu’ils font chier tout le monde, etc. La vérité, c’est que ce sont des travailleurs comme les autres quoi. Il n’y a qu’à voir les grands milliardaires qui se sont enrichis pendant la crise, pour moi ce sont eux les vrais privilégiés. »

Aujourd’hui il est d’autant plus nécessaire de soutenir au maximum la lutte des cheminots face aux traitements médiatiques et au "bashing" que subissent les grévistes. Alors que ce sont des travailleurs qui se battent pour de meilleures conditions de travail et de vie et qui luttent en même temps contre la destruction des services publics face à des patrons qui ne cessent de s’enrichir sur leur dos. Car en effet, depuis des années, beaucoup de petites lignes et de petites gares rurales ferment alors même que l’ensemble du discours écologique institutionnel nous culpabilise de prendre la voiture et que le train est, de loin, le mode de transport le plus sobre en énergie ! Loin d’être des "preneurs d’otage" la lutte des travailleurs pour leurs conditions de travail va dans le même sens que la lutte pour un service de qualité, ceci contre les directions, les véritables preneuses d’otage, qui font travailler leurs employés dans des conditions déplorables avec un salaire misérable et ceci pour un service dégradé. Et cela pour le plus grand bonheur du porte-monnaie des dirigeants et contre les intérêts de l’ensemble de notre camp social, que l’on soit usager ou travailleur du rail.




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