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Une ex-gendarme avoue avoir inventé une agression sexuelle par des migrants

Une gendarme alors en fonction a inventé avoir été victime d’une agression sexuelle par des migrants allant même jusqu’à se blesser elle-même.

mardi 13 octobre

Crédits photo : France 2

Le mardi 14 août 2018, à Ouistreham près de Caen (Calvados), une gendarme fabulait une agression de trois migrants à son égard, l’ayant soi-disant interrompu durant son jogging afin de l’isoler. L’un se serait allongé et frotté sur elle, tandis que les deux autres auraient baissé leur pantalon. Elle racontait avoir réussie à s’enfuir laissant derrière elle leur ricanement après avoir prétendu reconnaître un premier migrant soudanais qui n’était en fait pas sur les lieux et un autre migrant qui était au même moment en garde à vue, comme le révèle l’enquête menée par la brigade de recherches.

Le mardi 6 octobre dernier, elle comparaît devant le tribunal correctionnel de Caen pour dénonciation calomnieuse, où elle avouera au juge s’être écorchée d’elle-même contre un arbre. L’ex-gendarme n’a écopé que de douze mois avec sursis, la justice l’ayant déclarée bien insérée dans la société et l’expertise psychiatrique la qualifiant de « fragile, à la personnalité névrotique ayant besoin d’attirer l’attention ».

Cette diffamation contre des hommes migrants n’est que l’illustration des plus crasses des pratiques de l’institution policière. En effet, les discours qui présentent les migrants comme des agresseurs sexuels, monnaie courante de la rhétorique raciste et anti-migratoire de la droite et l’extrême-droite, imprègne les corps réactionnaires que sont la police, la gendarmerie et l’armée comme on a pu récemment le constater non seulement après le scandale du groupe facebook de policiers échangeant des messages racistes mais aussi au travers de divers témoignages d’insulte, d’agressions et de manière exacerbée des meurtres répétés envers le communautés racisées.

Une rhétorique à laquelle s’adonne aujourd’hui sans complexe le gouvernement, en particulier Marlène Schiappa. La ministre déléguée à l’Intérieur avait tenu des propos explicitement xénophobes et racistes présentant les étrangers et les migrants comme des agresseurs et des violeurs qu’il faudrait exclure du territoire. Elle opère ainsi une instrumentalisation de la cause féministe contre les violences sexistes à des fins répressives et sécuritaires à l’encontre des migrants et des personnes racisées. Des fins répressives aux justifications racistes dont l’agent est bien l’institution policière.




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