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628.000 chômeurs supplémentaires au 3ème trimestre, les jeunes particulièrement frappés

Au troisième trimestre 2020, le taux de chômage dépasse les 9% en France avec une hausse de 628.000 demandeurs d'emplois supplémentaires. Des chiffres d'une "ampleur inédite" depuis au moins 1975 comme le précise l'INSEE, et dans lesquels les jeunes sont particulièrement représentés.

mercredi 11 novembre

Crédit photo : Photo Eric Gaillard. Reuters

Une montée historique du chômage

Le dernier rapport de l’Institut National de la Statistique et des Études (INSEE), publié ce mardi, montre une explosion pour le moins inquiétante des chiffres du chômage en France. En effet, le taux de chômage au troisième trimestre 2020, est en forte hausse passant au-dessus des 9% de la population active, soit plus de 2,7 millions de demandeurs d’emplois. Entre juillet et septembre l’Insee dénombre 628.000 demandeurs d’emplois supplémentaire pour une hausse frôlant les 22% depuis le second trimestre.

Une nouvelle fois, selon l’INSEE la jeunesse est un secteur particulièrement touché par l’augmentation du chômage Pour les 15 à 24 ans, ce seul troisième trimestre voit une augmentation de 0,9 points mais ; « Au total, sur un an, le taux de chômage progresse davantage pour les jeunes (+2,6 points) que pour les autres classes d’âge »

Une hausse du chômage après un deuxième trimestre en baisse ?

De façon paradoxale cette augmentation significative des chiffres du chômage suit un deuxième trimestre pour lequel l’INSEE avait publié des rapports montrant une embellie pour la situation de l’emploi. En effet, l’institut montrait alors une forte baisse de ces indicateurs au second semestre, de 7,8 % à 7,1%. La situation du chômage actuelle montre dès lors que la baisse du deuxième trimestre n’était qu’un trompe-l’œil, ce que la hausse inéluctable du troisième semestre vient nous confirmer. Déjà à l’époque, l’INSEE avertissait que cette baisse sur le papier ne reflétait pas la réalité de la situation :- : « La baisse du taux de chômage résulte d’un fort recul du nombre de personnes sans emploi en recherche active d’emploi pendant la période de confinement ne traduit pas une amélioration du marché du travail mais un effet de confinement des personnes sans emploi qui l’emporte sur l’effet de hausse du nombre de personnes sans emploi, l’effet de confinement des personnes sans emploi l’emporte sur l’effet de hausse du nombre de personnes sans emploi. »

Pourtant, dans le même temps la situation était celle de milliers de personnes qui voyaient leurs conditions se dégrader brusquement et qui se retrouvaient confrontées à une précarité insoutenable comme le montraient déjà l’augmentation du nombre d’inscrits à Pôle emploi et une augmentation totale de plus de 400 000 chômeurs dans les catégories A, B, C et D entre février et avril. Le rapport de l’Insee permettait alors au gouvernement de triompher sur sa gestion de la crise, pendant qu’en réalité le nombre de chômeurs dépassait déjà les 6,5 millions en août. En effet, si les médias et le gouvernement s’appuyaient alors sur les chiffres de la catégorie A, effectivement en baisse (de 4,6 millions à 3,9 millions en août), la baisse mensuelle du nombre de chômeurs ne s’accompagnait alors en rien d’une hausse du nombre de sortie sèche pour reprise de l’emploi. Cela signifie que les personnes qui sortaient de la catégorie A restaient inscrites dans d’autres catégories notamment la B, correspondant à une activité réduite.

Des taux de chômage pas prêts de baisser

Si pendant le confinement, le chômage partiel avait permis de limiter les destructions d’emploi, près d’un salarié sur deux étant au chômage, ce sont aujourd’hui des salariés qui s’apprêtent à rejoindre par plusieurs centaines des milliers les rangs des demandeurs d’emploi. En effet, la Banque de France estimait récemment estimait récemment que plus de 800.000 emplois seront détruits cette année Dans sa note concernant le troisième trimestre, l’INSEE précise par ailleurs que les chiffres du chômage sur le troisième trimestre : « sont d’une ampleur inédite depuis que l’Insee les mesure (1975) ».

Les perspectives à moyen terme sont également peu reluisantes. Selon Bertrand Martinot du très libéral institut Montaigne : « Durant les prochains mois, il va y avoir beaucoup de licenciements diffus dans les petites entreprises et de plans sociaux ». En effet, selon le Ministère du Travail quelque 394 PSE ont déjà été déposés entre les seuls mois de mars et de septembre, sans compter les licenciements cachés, les emplois d’intérimaires détruits, etc… De plus l’ensemble des spécialistes se retrouvent sur la prévision d’un accroissement d’un accroissement du chômage et ce pour une durée longue. Selon les projections de la Banque de France le chômage pourrait atteindre un pic à 11,5% d’ici mai 2021.

Face à leur monde de chômage et de misère, exigeons zéro licenciement, zéro baisse de salaires et la baisse du temps de travail !

Cette explosion du chiffre du nombre de chômeurs est accompagnée d’un appauvrissement important de la population, résultat d’une politique pro-patronale face à la crise. L’augmentation du chômage ainsi que l’augmentation du temps de travail permis par les ordonnances Covid, ou encore le fait que les mesures d’exception favorables au patronat ne s’accompagnent d’aucune contrainte sur les licencements montrent une nouvelle fois la volonté du gouvernement de faire payer la crise aux travailleurs.

Dans de trop nombreux secteurs, le patronat a déjà commencé des plans de licenciements massifs ou des PSE ou accords d’entreprise permettant de baisser les salaires et d’attaquer les conditions de travail. Pendant qu’une partie de la jeunesse et des travailleurs se retrouvent dans la précarité et sans emploi, le gouvernement ne cesse d’accumuler les cadeaux et les milliards donnés au patronat, montrant une nouvelle fois où va sa solidarité. Face à ces offensives, c’est un programme d’urgence, au service de la classe ouvrière, des quartiers populaires et de la jeunesse qu’il convient de défendre. Le nouveau confinement made in MEDEF montre une nouvelle fois la volonté du gouvernement de sécuriser les profits à tout prix. La plus élémentaire des revendications consiste à imposer le mot d’ordre de « zéro licenciement, zéro baisse de salaires » contre la spirale du chômage et de la précarisation de masse qui l’accompagne. Il convient également d’exiger le maintien des salaires à 100%, face à une crise dont la responsabilité incombe directement à un système dont profite seulement une infime minorité.




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