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Politique

Opération manquée

A Mulhouse pour parler « séparatisme », Macron forcé d’aborder emploi et enfance

En ce moment même, Emmanuel Macron est à Mulhouse pour lancer un énième débat sur le communautarisme, labellisé lutte contre le « séparatisme ». Un lancement manqué : les habitants du quartier de Bourtzwiller n'en démordent pas : le problème, c'est l'emploi, le chômage, l'accès au soin ou encore l'aide à l'enfance.

mardi 18 février

Crédit photo : L’Alsace / Jean-François Frey

Pour lancer l’énième débat sur le « communautarisme », « reconquête républicaine » et le « séparatisme islamique », Emmanuel Macron est actuellement à Mulhouse, plus précisément dans le quartier populaire de Bourtzwiller. Un choix qui n’est pas anodin, puisque la grande mosquée An-Anour a été ouverte à Mulhouse, en mai 2019, devenant une référence pour les discours les plus islamophobes.

Pourtant, l’opération lancement ne se passe pas comme prévu pour Macron. En effet, les habitants du quartier dans lequel Macron effectue une tournée « au contact » de la population n’aborde pas la question du communautarisme, pas plus que celui de la reconquête républicaine ou du séparatisme islamique. Macron se retrouve ainsi assailli par des questions sur les sujets sociaux, en direct à la télévision.« Le véritable problème, c’est l’emploi », explique une série d’habitants tandis qu’une mère de famille en pleur, évoque les énormes difficultés auxquelles elle doit faire face concernant l’aide à l’enfance. Un autre habitant se plaint du « désert médical » et du manque d’accès au soin pour les habitants de ce quartier. Au final, sur le plateau de BFM TV, les journalistes, médusés, actent : « Emmanuel Macron parle de tout, sauf de communautarisme ».

Un « bain de foule » qui aura duré plus long que prévue, et qui se solde par une entrée en matière raté. Actuellement, Macron poursuit sa journée au sein d’un commissariat mulhousien. Nul doute que le président cherchera à remettre au centre les questions du séparatisme, la reconquête républicaine et le communautarisme. Un coup de barre à droite donc, au relent islamophobe, à un mois des élections municipales.




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