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Grève pour les salaires

Airbus. Les travailleurs de l’A320 reconduisent la grève pour 10% d’augmentation !

Après une première grève inédite et majoritaire hier, les salariés d’Airbus de la chaîne d’assemblage de l’A320 ont reconduit le mouvement de grève jusqu’à demain. Ils appellent les autres travailleurs syndiqués ou non-syndiqués d’Airbus à les rejoindre dans la lutte pour une augmentation de 10 % des salaires pour faire face à l’inflation.

Adrien Belarc

19 octobre 2022

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Crédit photo : Airbus A 320

Sur la FAL A320 (Final Assembly Line, chaine d’assemblage en français), plus rien ne sort depuis hier matin. Les salariés ont arrêté le travail et se sont mis en grève dans un des secteurs les plus essentiels de l’usine et sur une des chaînes qui produit l’avion phare de Airbus.

Ils revendiquent une augmentation de leur salaire de 10 % dès maintenant sans attendre la clause de revoyure face à la perte concrète de salaire provoquée par l’inflation. D’autres revendications s’ajoutent à celle-ci, comme par exemple la revalorisation des primes, le retour sur les reculs sociaux imposés pendant la COVID ou encore l’embauche des intérimaires. Ce sont toutes des revendications importantes pour unir les différents salariés de l’entreprise et faire face à la précarité grandissante.

Ce n’est pas tout. En reconduisant la grève, les salariés d’Airbus appellent à s’organiser pour tenir dans le temps et infliger un coup important au patronat qui refuse ces augmentations de salaires. Dans cette perspective, un tract de la CGT est sorti aujourd’hui pour s’adresser aux autres salariés syndiqués et non syndiqués de l’entreprise et les inviter à rejoindre le mouvement en commençant par une assemblée générale ce jeudi à 14h devant l’entrée Sud du M91.

Au même moment, la direction de l’entreprise essaye de décrédibiliser le mouvement de grève en communicant sur des soi-disant conditions présumées qualitatives de travail sur les chaînes d’assemblage. Hier Force Ouvrière Métaux, syndicat pro-patronal de l’entreprise, se faisait le relais de ce discours en s’opposant a la journée de mobilisation du 18 octobre car « FO [Métaux] n’a pas vocation à foutre le bordel ».

Pourtant, la grève des salariés est tout à fait légitime et nécessaire. Ce mouvement inédit au cœur même de la production d’Airbus est un épine énorme dans le pied du patronat de l’aéronautique. Après les grèves de ces dernières semaines à Sabena et à Daher, ce sont les salariés d’Airbus qui entrent dans la danse, et la nouvelle est significative.

Face au discours de la direction qui présente les salariés d’Airbus comme des travailleurs privilégiés pour éviter qu’un soutien large existe, arme très connue du patronat et du gouvernement qu’ils récemment mobilisée contre les raffineurs, une victoire des grévistes de la FAL A320 serait synonyme de victoire pour l’ensemble des travailleurs de l’aéronautique en lutte pour leurs salaires.

Pour ces raisons, les travailleurs qu’ils soient d’Airbus ou des sous-traitants, ont tout intérêt à apporter leur solidarité et à rejoindre les grévistes de l’A320.

Donnez à la caisse de grève ici

Ci dessous, retrouvez le tract des grévistes :

Nous les salariés de la FAL A320 sommes en grève depuis mardi 18 octobre dans les trois vacations. Nous voulons des augmentations de salaire dès maintenant pour faire face à l’inflation sans attendre la clause de revoyure prévue en février 2023. Les prix explosent dans tous les secteurs et nous ne pouvons plus attendre !

Pour se faire entendre, il est important que notre mouvement s’élargisse.

Rejoignez-nous !
Nous continuons la grève. A votre tour mettez-vous en grève et rejoignez nous
pour une assemblée générale le jeudi 20 octobre à 14h devant l’entrée Sud du M91

Le droit de grève est un droit pour chaque salarié, sans obligation d’être syndiqué. Partir en grève à l’appel de n’importe quel syndicat n’est pas un abandon de poste. Pour se mettre en grève il n’y a pas de préavis, il suffit de prévenir sa hiérarchie sur le moment.

Nous demandons des hausses de salaire de 10%. C’est totalement justifié au regard des résultats financiers de l’entreprise.

Nous demandons l’abandon de l‘annualisation du temps de travail, le retour de l’horaire variable déjà en place avant la crise COVID et la fin du pointage en bleu.

Nous demandons la reconnaissance de l’expérience et un ajustement proportionnel à notre ancienneté par rapport aux salaires des nouveaux embauchés. Nous constatons que des nouveaux embauchés ont un salaire supérieur à celui de salariés ayant plusieurs années d’ancienneté.

Nous demandons la mise en place d’un budget exceptionnel et immédiat pour l’amélioration des équipements et de l’outil de travail. Depuis des mois, nous remontons les problèmes de vétusté du matériel qui entraînent de la pénibilité et des risques pour notre sécurité.

Nous demandons la création de salles de pause correctement équipées (avec micro-onde, réfrigérateur, point d’eau, etc).

Nous sommes des salariés non syndiqués et syndiqués de tout syndicat et nous avons sollicité la CGT pour nous aider et nous soutenir dans ce mouvement.


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