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Edito

Après avoir reçu 5 milliards de prêt garanti, Renault envisagerait de fermer 4 usines en France

Le Canard Enchaîné a lâché une véritable bombe ce 19 mai. Dans le cadre d'un plan d'économie annoncé en février, Renault envisagerait de fermer 4 de ses usines françaises. Plus de 3600 emplois seraient ainsi menacés, et ce alors que l'on apprenait hier que l'entreprise va toucher 5 milliards d'euros de prêt garanti par l'Etat.

Julian Vadis

19 mai 2020

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Crédits photo : Le Parisien/Mehdi Gherdane

Dans un article intitulé "Grande purge en vue chez Renault", le Canard Enchaîné a lâché hier une véritable bombe, reprise dans l’ensemble de la presse. Le constructeur automobile envisagerait, dans un plan d’économie prévu depuis février, de fermer quatre de ses usines en France. Les sites concernés sont ceux de Choisy-le-Roy, de Dieppe, des Fonderies de Bretagne et de Flins. Au total, ce sont plus de 3600 emplois qui seraient directement menacés. Ce vaste plan d’économie doit être précisé par la direction de Renault le 29 mai prochain.

Plus scandaleux encore, ces velléités de fermeture coïncident avec le fait que l’Etat français, principal actionnaire de la marque au losange avec 15% du capital, prévoit de garantir à Renault un prêt bancaire à hauteur de 5 milliards d’euros ! Dans des propos confiés à l’AFP, une source proche du dossier affirme qu’ « il y a des discussions » et que « rien n’est figé ». En d’autres termes, pour l’heure, l’octroi de cette garantie bancaire par l’Etat à Renault n’est en rien conditionné à la non-suppression de postes !

En soi, cette annonce, si elle se concrétise, amorce un changement brutal dans la situation générale. Jusqu’ici, à l’exception de quelques cas isolés dans l’aéronautique, comme Daher et Derichebourg la récession économique ne s’est pas encore traduite par des licenciements massifs. Dans de nombreux cas, la politique de chômage partiel du gouvernement continue de servir de soupape.

L’annonce de ces potentielles fermetures d’usines chez Renault, dans un secteur d’activité qui est l’un des piliers de l’impérialisme français, pourrait donc constituer un des premiers signes de la vague de licenciements qui couve, quelques jours après que Nissan ait annoncé la fermeture de ses usines catalanes. Une tendance qui semble se confirmer dans de nombreux secteurs de l’économie. Tandis qu’une partie du patronat, notamment dans l’industrie, tente de négocier pour obtenir de nouvelles aides en faisant évoluer le chômage partiel, des annonces de plan de licenciements massifs, commencent à se profiler, comme nous l’expliquions dans notre éditorial de ce 18 mai. En d’autres termes, ces annonces de potentielles fermetures d’usines chez Renault, qui vont même au-delà des suppressions de postes, pourraient être l’annonce du début d’un massacre de l’emploi et du tissu industriel.

Avec la crise économique qui arrive, le grand patronat se met en ordre de bataille pour faire payer la crise aux travailleurs, promettant un monde de misère par le biais d’un chômage de masse à une hauteur jamais atteinte dans l’histoire. D’après l’Organisation Internationale du Travail (OIT), plus de 300 millions d’emplois pourraient être supprimés dans le monde au printemps. Dès lors, il est indispensable que le mouvement ouvrier prépare la contre-offensive, par une vaste riposte sur le terrain de la lutte des classes, et un plan de bataille unitaire contre les licenciements ! Un impératif pour que la crise ne soit pas payée par les travailleurs, qui doit s’articuler à une série de revendications telle que la fin des contrats précaires, la nationalisation sous contrôle ouvrier de l’ensemble des entreprises qui menacent de fermer leurs portes, l’augmentation sans délai des salaires à hauteur de 1800€ net et l’interdiction pure et simple des licenciements. C’est seulement par l’obtention de ces revendications qu’il sera possible d’éviter que les travailleurs ne paient la crise, et même d’ouvrir la voie à une réelle alternative de société, pour que le monde de demain ne soit pas plus terrible encore que le monde d’hier.


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