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Argentine. Soutien à notre camarade Myriam Bregman, victime d’antisémitisme !

La dirigeante trotskiste et élue de Buenos Aires Myriam Bregman a été traitée avec mépris de « militante juive » par un avocat conservateur, antiavortement et pro-dictature, ce qui a été fortement dénoncé par diverses organisations et grandes personnalités politiques et publiques qui ont également exprimé leur solidarité avec elle.

vendredi 27 août

Myriam Bregman est l’une des principales dirigeantes du Parti des Travailleurs Socialistes en Argentine, actuellement pré-candidate au poste de député du Front de gauche et des Travailleurs en vue des élections législatives qui auront lieu dans quelques semaines. Avocate, elle a toujours mis sa profession au service de la défense des libertés démocratiques, de la défense des travailleurs, des femmes, de la communauté LGBTI et de l’environnement. Elle est une référente dans le domaine des droits de l’homme et contre l’impunité, ayant été avocate plaignante dans les procès pour crimes contre l’humanité contre les génocidaires de la dernière dictature militaire.

Lundi dernier, quelques semaines avant les élections primaires législatives en Argentine, Myriam Bregman a été victime d’une attaque antisémite de la part d’Alejandro Fargosi, un conservateur et partisan de la dictature, candidat du parti de droite Valores para mi país [Des valeurs pour mon pays] qui a notamment dirigé des marches contre l’avortement et le mariage pour tous.

Le candidat a partagé sur son twitter une fake news avec l’image de Myriam Bregman, avec la légende « militante juive du Front de gauche », accompagnée de la question « Votez-vous pour ces idées ? » qu’il a ensuite dû supprimer après s’être fait dénoncer sur Twitter par un large arc politique et artistique qui a également exprimé sa solidarité avec la dirigeante trotskiste.

Une attaque consciente et profondément enracinée

Ce n’est pas la première fois que Myriam Bregman est la cible de telles attaques. Dans le cadre du procès de l’ESMA en 2017, où les crimes commis dans le centre de détention clandestin de l’École Mécanique de l’Armée pendant la dictature militaire ont fait l’objet d’enquêtes et de poursuites, des proches des génocidaires lui avaient crié « juive de merde ».

Cette assimilation entre juifs et révolutionnaires a des racines historiques. Le terme « judéobolchévique » s’est répandu dans la période de l’entre-deux-guerres, au milieu de l’avancée des nazis qui l’ont utilisé pour mettre dans le même sac l’opposition politique et les pires préjugés racistes pour avancer la thèse plus générale du complot juif mondial, qui évoque l’idée que les juifs sont ceux qui trahissent la « Nation ». En ce sens, ce n’est pas du tout une coïncidence qu’il soit utilisé pour disqualifier une dirigeant trotskyste.

No pasarán

Cette attaque antisémite a généré sur les réseaux sociaux une vague de soutien à Bregman, et de dénonciation des propos de Fargosi par des centaines de travailleurs et travailleuses, d’organisations syndicales de différents secteurs, d’anciens détenus de la dictature militaire, de fils et de filles de disparus, ainsi que de journalistes de renom, d’artistes, de personnalités publiques et d’organisations féministes et de défense des droits de l’homme. Même le Président Alberto Fernández a montré son soutien et a remarqué que Myriam Bregman est « une dirigeante politique combative, méritant tout le respect ».

Pour Myriam Bregman, ces attaques correspondent à une réaction « à la lutte que mènent les femmes en Argentine. Non seulement parce que nous avons gagné le droit à l’avortement, mais aussi pour la manière dont nous l’avons fait. Organisé et dans les rues. Ça les rend fous ». De plus, « le Chili, qui était leur modèle, puis la Colombie, leur ont explosé à la figure. Tout cela grâce à la mobilisation populaire ». Par conséquent, les attaques ont à voir avec « la réaction à tout cela, aux femmes et à ceux d’entre nous qui luttent ».

En ce sens, Myriam Bregman a affirmé que ces attaques ne sont pas seulement dirigées contre elle, mais « contre nos convictions et nos combats ». Parmi ces causes, il y a la lutte des femmes et des personnes LGBT pour leurs droits, la lutte contre les génocidaires de la dernière dictature, et aussi les luttes des travailleurs, auxquelles Myriam a toujours participé et qu’elle a toujours défendues en tant qu’avocate des commissions internes combatives, des syndicats de classe et des usines récupérées comme Zanon.

Avec un discours plein de clarté, Myriam a exprimé face à cette attaque que « notre militantisme est ce qui donne un sens à nos vies. Nous ne sommes pas des utopistes. Ce qui est utopique, c’est de penser que le capitalisme peut sortir la population de la pauvreté, que les mêmes personnes qui ont ruiné l’Argentine depuis la dictature vont apporter une solution. C’est pour cela que je lutte, pour changer ce système à la racine et mettre fin à toutes les formes d’oppression et d’exploitation ».




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