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Politique

We don't need no Blanquer

#BlanquerOUT : les profs doivent décider de leurs propres protocoles sanitaires

La situation dans les écoles s'aggrave de plus en plus. Blanquer s'enfonce dans le déni et la provocation. Une seule solution face à cette irresponsabilité érigée en système : imposer par en bas nos propres protocoles sanitaires.

lundi 29 mars

À l’heure où Jean-Michel Blanquer s’amuse à poster une parodie de Pink Floyd pour « dédramatiser » les cours en distanciel et vanter comme il le peut le maintien de l’ouverture à tout prix des écoles, un autre son de cloche plus grave se fait entendre du côté de ceux qui prennent la réelle mesure de la crise sanitaire. Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique, confiait par plus tard que dimanche au JDD que « l’école est le talon d’Achille assumé du dispositif actuel » et qu’« avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30% le risque d’être infecté ». Contrairement à la thèse du ministre de l’Éducation nationale selon laquelle il n’y aurait aucune contamination dans les écoles mais que les élèves contaminés le serait chez eux, il semble que le déni de Blanquer atteigne ses limites et que l’omerta sur l’école contaminante soit en train d’être levée.

Le nombre d’élèves contaminé est, en effet, monté en flèche la semaine dernière, passant de 15 000 à 21 000 en quelques jours. La réaction des enseignants et des syndicats d’enseignant ne s’est pas fait attendre dès le lundi matin. Les #BlanquerOUT, #BlanqerDemission, #BlanquerSors... ont percé sur Twitter en une matinée, preuve s’il en est encore besoin que le déni et les provocations du ministre de l’Éducation nationale ne sont plus tenables face à la situation dans les établissements. Le taux d’incidence peut parfois atteindre des taux avoisinant les 50% comme en Seine-Saint-Denis où le taux est de 48% chez les lycéens et de 36% chez les CM2. Les mesures de demi-groupe prise par Jean Castex lors de son allocution de jeudi dernier semblent bien insuffisante, surtout lorsque les variants du virus s’en mêlent.

Le stratégie de stop and go du gouvernement qui vise à alterner période de confinement et de déconfinement en faisant payer les pots cassés à tous les secteurs non rentables pour le système – comme l’Éducation nationale ou la santé – est une stratégie pensée pour éviter tout jonction des secteurs qui auraient tout à gagner à se mettre en lutte ensemble tant ils font les frais d’une politique de destruction systématique. Le secteur de l’éducation, très sollicité ces dernier temps avec la dégradation de la situation sanitaire dans de nombreux établissements, pourrait constituer un moteur de la colère en s’appuyant sur une stratégie d’auto-organisation désormais vitale pour maintenir, quand cela est encore possible, les écoles ouvertes. À l’exemple des enseignants du Lycée Delacroix de Drancy dans le 93, durement touché depuis le début de la crise, avec 20 élèves ayant perdu un proche à cause du Covid, les rassemblement de convergence avec les soignant comme ce lundi devant l’hôpital Avicenne, sont des démonstrations de la convergence possible entre les secteurs en première ligne. Ces sont les mêmes attaques de Macron et de son gouvernement qui sont responsables des fermetures de lits dans les hôpitaux et des fermetures de classe dans les écoles.

Un programme par en bas doit commencer par la levée de l’opacité sur les chiffres de la contamination des élèves qui peut exister dans certains établissements. Un protocole sanitaire digne de ce nom ne peut être mis en œuvre que par les enseignants eux-mêmes en faisant en sorte que les établissements puissent adapter l’accueil des élèves tout en ne prenant aucun risque pour les eux, leurs parents et tous les personnels. L’embauche massive de personnels d’éducation est une nécessité plus qu’urgente pour assurer des demi-groupes en classe et la continuité de l’enseignement. Les lieux de culture doivent être rouverts pour y accueillir du public scolaire et limiter au maximum les périodes de confinement. La vaccination pour les enseignants doit être une priorité et ne doit en aucun cas faire les frais de la concurrence entre les différents vaccins. Les brevets doivent être levés et l’accès aux vaccins garantis pour toutes et tous.




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