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Notre classe

Piquet de grève dans la santé

CHU Bordeaux. Contre le sous-effectif et le manque de moyens, les urgences pédiatriques en grève

La grève continue pour le service des urgences pédiatriques, en colère face au manque de moyens et au mépris de la direction. Celle-ci répond de manière beaucoup trop insuffisante face aux alertes des urgentistes quant aux dangers du sous-effectif et de leurs conditions de travail. Un nouveau piquet est prévu ce vendredi.

jeudi 5 mai

Crédits photo : BourgeonPhoto

Ce jeudi 5 mai, une partie du personnels des urgences pédiatriques étaient présents sur le piquet organisé devant l’hôpital Pellegrin à Bordeaux. En plus de la vingtaine de grévistes, plusieurs délégations syndicales étaient présentes, dont la CGT, Sud Santé Sociaux et FO, les mêmes signataires du préavis de grève publié la semaine dernière. Si les urgentistes en grève n’étaient pas au complet sur le piquet, c’est à cause des assignations pour garantir un service minimum. Toujours la même règlementation qui les contraint à poursuivre leur travail malgré leur statut de gréviste. Or, l’effectif minimum étant fixé au même nombre de personnels présents dans le service ; cette mesure empêche finalement la majorité des travailleuses de pouvoir faire acte de présence dans des piquets, et ce à cause du sous-effectif structurel à l’hôpital, ce qui représente une véritable entrave au droit de grève.

Aux extrémités du piquet de grève, deux grandes banderoles flottaient avec les revendications des urgentistes : "Urgences pédiatriques En Grève ! Du Personnel Avant l’Accident” et “Urgences Pédiatriques En Grève ! Pour La Sécurité De Nos Enfants”.

Dû au sous-effectif, les urgentistes sont obligées d’enchaîner des charges de travail plus lourdes, et sans cesse des heures supplémentaires. Le service étant constamment saturé, les urgentistes alertent quant à la santé des enfants qui est mise en péril et le risque d’un possible accident qui s’accroît avec la charge de travail s’accumulant sur les épaules d’un personnel qui sature.

Un comble quand on sait que l’hôpital a récemment rénové un nouveau complexe pour le service pédiatrique, sans pour autant augmenter ni l’effectif d’urgentistes, ni les salaires.

Sylvain, un brancardier en grève en soutien aux urgentistes pédiatriques, témoigne : “J’appelle l’ensemble des travailleurs de la santé à se mobiliser parce que ce qu’il se passe actuellement, il ne faut pas croire que c’est normal”.

En réponse aux grévistes, la direction rencontrée le matin même a fait une proposition bien en deçà des revendications, à savoir la création d’un poste en plus de puéricultrice. Réponse scandaleuse et bien insuffisante aux revendications des travailleuses des urgences pédiatriques, qui alertent depuis longtemps quant au sous-effectif qui met en péril la santé des enfants et la santé du personnel, qui tentent de gérer un flux d’arrivées et d’hospitalisations bien trop élevé pour le nombre de personnels. Pour les cas les moins urgents, il était décompté environ huit heures d’attente !

Après quarante ans de casse des hôpitaux publics par les gouvernements successifs, la récente réélection de Macron n’annonce rien de bon puisque son gouvernement a pour projet de continuer les politiques d’austérité, néolibérales et la privatisation du secteur de la santé, en réduisant drastiquement le nombre de lits et du personnel soignant. Ce prochain quinquennat promet d’être encore plus violent pour l’ensemble des travailleurs et de la jeunesse, en commençant par le projet la retraite à 64 ans par point, la continuité de la privatisation des secteurs publics, dont l’hôpital n’est pas épargné.

Pour lutter contre les oppressions et restrictions actuelles et à venir envers les travailleuses et notre camp social, il est nécessaire d’organiser la riposte ouvrière par en bas dans la rue, sans corporatisme. En ce sens, la grève des brancardiers en soutien des urgentistes est un exemple à suivre, pour casser le rythme des grèves isolées par secteur. C’est pour cela que nous appelons à un soutien massif aux grévistes des urgences pédiatriques du CHU de Pellegrin. Un nouveau piquet aura lieu ce vendredi 6 mai 2022 à partir de 10H sur le rond-point en face de l’hôpital.



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