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Covid-19. Le variant sud-africain, menace d’un nouveau désastre sanitaire

Depuis quelques semaines, la situation est marquée par une résurgence de la pandémie et l'apparition de nouveaux variants qui inquiètent particulièrement les gouvernements et les épidémiologistes. Si le variant britannique inquiète tout particulièrement de par son caractère beaucoup plus contagieux que la première version du covid-19, le variant sud-africain, lui, porte une mutation qui pourrait rendre le vaccin inefficace.

jeudi 14 janvier

Le nouveau variant sud-africain du Covid-19, déjà détecté dans 20 pays selon l’Organisation mondiale de la santé qui considère par ailleurs cette évaluation sous-estimée, et dont la France qui recense déjà 3 cas, comprend deux mutations importantes qui inquiètent les scientifiques.

Pour savoir de quoi l’on parle, il est important de comprendre ce que sont les variants du covid-19, c’est-à-dire de nouvelles formes du virus initial SARS-CoV-2 à l’origine de la pandémie. Ces nouvelles versions apparaissent après des mutations du virus. Les mutations sont des « erreurs » dans le code génétique du virus lorsqu’il se reproduit. Certaines de ces mutations n’ont aucun effet sur le fonctionnement du virus, mais d’autres peuvent changer de manière importante son comportement.

C’est ce qu’il se passe pour les variants anglais et sud-africain qui agitent particulièrement les scientifiques aujourd’hui. Ces deux variants ont d’ailleurs une mutation en commun qui les rend plus contagieux. Comme nous le précise Ouest-France : « Les variants qui ont émergé en Angleterre, en Afrique du Sud et au Japon (ce dernier via des voyageurs venus du Brésil) ont en commun une mutation appelée N501Y. Située sur la protéine spike du coronavirus (une pointe qui lui permet de pénétrer dans les cellules), cette mutation est suspectée de rendre ces variants plus contagieux. ».

Cette mutation N501Y est à l’origine de la crainte de nombreux scientifiques. En effet, dans Libération, Houriiyah Tegally, bio-informaticienne qui travaille dans l’équipe qui a identifié le variant sud-africain, confirme que celui-ci est plus contagieux que le virus initial : « Interrogée par l’AFP, la scientifique assure qu’il est plus contagieux que les précédents. « Il s’impose de plus en plus dans nos données sur l’Afrique du Sud, nous n’avions pas vu de croissance semblable avant », explique-t-elle. Au début, il représentait 20% des échantillons, ensuite 30, puis 40. Aujourd’hui, il représente 60 à 75% des cas positifs en Afrique du Sud. ».

C’est une autre mutation, présente dans le variant sud-africain mais pas dans le variant britannique, qui préoccupe tout particulièrement la communauté scientifique. Il s’agit du mutant E484K, apparemment capable de ne pas être repéré par les anticorps, ce qui empêcherait sa neutralisation. Dans le même article de Ouest-France on comprend les risques que cette mutation fait peser sur la propagation de l’épidémie : « À ce titre, elle peut aider le virus à contourner la protection immunitaire conférée par une infection antérieure ou par la vaccination », explique le Pr François Balloux, de l’University College de Londres, cité par l’organisme britannique Science Media Centre. ».

L’inquiétude majeure réside donc dans la capacité du vaccin à endiguer cette version sud-africaine du covid-19. Pour l’instant, nous ne savons pas si cette mutation E484K résiste au vaccin. Si les laboratoires de fabrication du vaccin ont assuré qu’il était efficace contre la mutation N501Y qui rend le virus plus contagieux, les tests n’ont pas porté sur la mutation E484K présente dans le variant sud-africain.

Le problème majeur du variant sud-africain, comme le variant britannique, est la rapidité avec laquelle il peut s’étendre, due au niveau élevé de contagions. Mais aussi la capacité qu’il pourrait avoir à résister aux anti-corps du covid-19 initial, et donc permettre de nombreuses re-contaminations, sans parler du doute de l’efficacité du vaccin concernant cette mutation. Les nouveaux variants qui affolent le monde, notamment la France, ne sont donc pas plus dangereux en eux-même que le covid-19 antérieur : c’est bien le risque rapide d’engorgement et de saturation des hôpitaux qui est dangereux, résultat des politiques d’austérité appliquées au secteur de la santé depuis plusieurs années par les différents gouvernements.

En France, la gestion erratique du gouvernement consistant à protéger les profits des grandes entreprises au détriment de notre santé a bien montré son échec. Depuis le début de la crise sanitaire, les soignants n’ont cessé de réclamer des moyens matériels et humains dans les hôpitaux pour faire face à l’épidémie. En mars dernier, les hôpitaux étaient déjà saturés et depuis, rien n’a été mis en place pour faire face à d’autres vagues importantes du virus. On ne peut donc que craindre l’impact terrible de ces nouveaux variants plus contagieux sur les hôpitaux et le désastre sanitaire que cela impliquerait.

De plus, la stratégie de vaccination du gouvernement est à l’image de la gestion du gouvernement depuis le début de la crise : entre le scandale du ministère de la santé qui auraient donné de mauvaises informations aux soignants pour piquer le vaccin et la lenteur de la campagne, le gouvernement ne nous promet rien de bon quand à l’évolution et l’intensification de l’épidémie.

A l’instar de l’annonce du couvre-feu généralisé à 18h sur tout le territoire de ce jeudi soir, dont l’efficacité reste à prouver, le gouvernement ne nous propose que des mesures autoritaires et liberticides, satisfaisant les profits des grandes entreprises, tout en faisant couler les petits commerces, sans que la situation sanitaire ne s’améliore. Il est plus qu’évident que nous ne pouvons pas confier la gestion de notre santé à un gouvernement qui se sert de la situation pour restreindre nos libertés sans que cela n’ait d’impact positif sur l’épidémie. Nous devons réclamer des moyens matériels et humains et de vraies mesures sanitaires pour éviter un nouveau désastre sanitaire !




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