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Scandale à l’hôpital public

Hôpitaux de Saint-Maurice : les soignants dénoncent salaires et heures supp non payés après le Covid

Nous avons interviewé Yann et Charlotte, tous deux hospitaliers aux Hôpitaux de St Maurice (94). Depuis plusieurs mois une partie considérable des agents de l’hôpital voit ses salaires amputés des éléments variables (week-end, heures supplémentaires, …). Certains employés envoyés en première ligne face à l’épidémie se retrouvent avec 900 euros pour vivre. Ils nous décrivent un hôpital en crise et réclament des changements rapides et profonds.

mardi 2 juin

Mardi 2 juin à 14h, 14 rue du Val d’Osne, devant les Hôpitaux de St Maurice, les hospitaliers organisent un rassemblement pour réclamer le versement de l’intégralité de leurs salaires. Ils vous attendent nombreux pour les soutenir !!! Ils lancent également un appel à l’aide, si vous êtes juriste ou travaillez dans les ressources humaines et que vous souhaitez-les aider à la vérification des fiches de paie contactez les à l’adresse mail suivante : [email protected]

Yann est kinésithérapeute aux hôpitaux de St Maurice dans un service d’hospitalisation à domicile et syndiqué CGT. Charlotte est auxiliaire de puériculture, aide-soignante spécialisée pour les enfants et travaille au pôle enfant du SSR (Soins de Suite et de Réadaptation). Ils se sont tous deux portés volontaires pour travailler dans le service Covid pendant le pic épidémique.

Révolution Permanente : Dans votre hôpital, une partie conséquente des agents est confrontée à des impayés et à des salaires incomplets. Pouvez-vous nous raconter la situation ?

Yann : Jeudi dernier, le 28 une centaine d’agents se sont rassemblés devant la direction parce que nos paies sont incomplètes. Et elles ne le sont pas qu’un peu. Les éléments variables, les heures supplémentaires, les week-ends n’ont pas été versés. Cela représente chez certaines personnes, chez certains agents 400 euros de moins. Et quatre cents euros de moins sur des paies d’hospitalier c’est conséquent. Nous avons beaucoup de mal à comprendre ces difficultés. Qu’il y ait eu des difficultés au début de la crise, cela s’entend. Qu’il y en ait encore au mois de mai, cela est déjà plus difficile à comprendre. Mais ce qui parait fou, c’est que la Directrice des ressources humaines ait annoncé aux salariés dans une note d’information datée du 13 mai, que les salaires ne seraient tout bonnement pas complets, sans que cela ne semble véritablement la préoccuper. Il aura fallu qu’une centaine d’agents s’invite à la réunion de la direction pour qu’elle comprenne enfin l’urgence de la situation. De plus nous n’avons touché ni la prime Buzyn qui était censée être délivrée en mars, ni la prime Covid qui était prévue pour mai.

Charlotte : Je suis directement impactée par ces impayés. Pour la première fois, depuis 7 ans que je travaille dans cet hôpital. J’ai un statut similaire à celui d’aide-soignante. Je suis donc au bas de l’échelle, juste en dessous il y a les ASH (Agents de Service Hospitalier). Nos salaires sont assez bas, donc nous faisons régulièrement des heures supplémentaires au moins une journée ou par mois pour pouvoir nous en sortir. Et nous travaillons au moins deux week-ends par mois, pour pouvoir toucher la prime de 47 euros par dimanche travaillé. Sans ces week-ends travaillés on ne s’en sort pas. On est au centime près à l’hôpital. Depuis janvier nos salaires sont réduits, on est pris à la gorge. Et nous avons tous été très indulgents dans un contexte particulier, parce qu’il y avait le Covid, parce qu’il y avait des patients à soigner. Mais notre dernière fiche de paie est encore incomplète. Ils m’ont pris 300 euros de plus. J’ai une collègue qui se retrouve avec 900 euros net pour le mois. Elle ne touchera aucune aide, elle ne peut pas vivre ce mois-ci. La situation est dramatique. La moitié des agents, dans chaque service n’a pas été payé convenablement.

Mais il n’y a pas que nos salaires que nous ne touchons pas. Aucune des primes promises ne nous a été délivrée. Je fais partie de ces agents qui devrait toucher la prime d’attractivité par exemple. Pour ma part elle serait de 800 euros parce que je gagne moins de 1900 euros par mois. L’Etat l’a versée au mois de janvier à l’hôpital et ils avaient jusqu’au 31 mars pour nous la délivrer. On est le premier juin on n’a toujours pas reçu de prime.

RP : Quelle a été la réponse de la direction face à votre mobilisation ?

Yann : Face à l’ampleur de notre mobilisation la DRH s’était engagée à résoudre le problème dès le 5 juin. Mais dès le lendemain elle nous a appris qu’elle ne pourrait tenir ses engagements de la veille. Puisqu’après vérification elle s’est aperçue que ce sont 1120 agents sur 2300 de l’établissement qui ont été confrontés à des erreurs quant au versement de leur salaire. Selon elle il était dès lors impossible de rétablir la paie dans les délais initialement annoncés. La direction a alors proposé soit de traiter les 1120 paies pour le 5 juin, en annonçant qu’il y aurait assurément des erreurs importantes, soit de traiter de façon prioritaire les catégories C (environ 300 agents), les 820 autres auraient une régularisation sur la paie de juin, qui serait versée le 17 juin avec les deux primes (Buzyn et Covid). Elle s’engage à fournir des attestations de retard aux salariés, mais charge à eux de se défendre de ces retards auprès de leurs banques et propriétaires et puis de remplir leurs frigos. La problématique est la suivante, la direction nous a fait deux propositions vendredi dernier suite à la mobilisation des agents. Nous invitons donc tous les agents à se réunir mardi à 14 h devant la direction pour décider de la suite de cette mobilisation.

RP : Cette affaire des salaires impayés est ce que ça ne serait pas finalement le scandale de trop pour les hospitaliers de St Maurice, quand la crise a révélé au grand jour les conditions dégradées de l’hôpital, et que de nombreux médecins et collectifs depuis plus d’un an tentent de se battre contre les économies budgétaires et les restrictions faites sur le dos de la santé ?

Yann : La colère ne peut pas être détachée du contexte national. Cela fait plus de dix ans que nos salaires sont gelés. A nos soi-disant responsables politiques on aimerait bien faire remarquer que le prix des loyers, celui des produits de base a dans le même temps augmenté. Les médailles c’est très symbolique, les applaudissements aussi mais nous ce qu’on aimerait c’est pouvoir vivre décemment. La crise du covid est arrivée alors que les hospitaliers rapportaient des conditions de travail dégradées depuis plusieurs années. Pendant la crise on a serré les dents, on a déployé une énergie incroyable, lutté contre nos peurs. Aux hôpitaux de St Maurice, une unité spéciale Covid a été créée. Cette unité n’a tourné qu’avec des volontaires. Notre part du contrat a été plus que respectée. Ce qu’on aimerait c’est que la direction fasse attention à nos salaires. Le gouvernement doit également tenir ses promesses, déjà bancales. Olivier Véran avait annoncé qu’il y aurait une prime pour tout le personnel hospitalier dans les régions en zone rouge. Dans l’unité Covid, on a des agents de ménage qui ont permis au Covid de ne pas se répandre dans l’unité. Ces agents de ménage qui se sont exposés à la maladie, qui ont exposé leurs proches, qui sont allés au front avec la peur au ventre ils n’auront pas la prime.

Il faut bien comprendre que les choix économiques faits à l’hôpital depuis plusieurs années ont des conséquences complètement délirantes. Les bas salaires donnés aux hospitaliers sont problématiques au-delà de la vie du personnel : cela fait maintenant plusieurs années que nous avons du mal à embaucher des infirmiers, des kinés, des orthophonistes à l’hôpital public. Les fameux métiers dits en tension. Dans certains hôpitaux, on ferme des lits par pénurie de professionnels. Dans de nombreux autres, nous avons des soins aux rabais pour la population. Dans mon service d’hospitalisation à domicile, on a 80 % des patients qui relèvent de la neurologie et nous n’avons pas d’orthophoniste depuis huit mois. Parce qu’on leur propose des salaires au rabais et qu’en ville on leur propose bien plus. Et que lorsqu’on sort de 5 ans d’études, la plupart du temps il y a des prêts à rembourser. L’hôpital n’est même plus une vocation, ça sera bientôt du bénévolat

Charlotte : Cela fait sept ans que je travaille aux hôpitaux de St Maurice et cela fait sept ans que nos conditions de travail se dégradent. Depuis deux ans c’est absolument terrible. On est tout le temps en effectif minimum, donc dès lors qu’il y a un arrêt, un empêchement de dernière minute, nous nous retrouvons en sous-effectif. Les services deviennent de plus en plus lourds. On a du matériel qui casse et qui n’est jamais changé. On répare les choses nous-mêmes avec du sparadrap. On en arrive même parfois à venir avec nos propres outils pour réparer le matériel. Ils ne veulent pas racheter, pas réparer, parce que ça coûte trop cher. Toute la journée on nous dit que ça coute trop cher.

A cause du manque de moyen, de matériel, d’effectif on a parfois l’impression d’avoir été maltraitant avec nos patients. On ne peut plus être dans la bienveillance aves les patients, ce qui est l’âme de notre métier. On nous demande de traiter les patients comme des colis, on nous parle de chiffres toute la journée, tout le temps. Il faut remplir les lits. Parfois un nouveau patient arrive mais il n’y a plus de lits. On le fait donc attendre plusieurs heures dans un couloir sur un brancard pour nettoyer la chambre et laisser le temps à un autre patient de partir. C’est notre quotidien. De moins en moins de personnes veulent venir travailler à l’hôpital, on a de plus en plus de mal à recruter depuis quelques années. Nous n’avons pas de moyens, nous sommes obligés de compter les médicaments avant de les donner, parfois nous ne pouvons pas prescrire d’antidouleur, ni même laver un patient. Pendant deux mois un de nos patients par manque de matériel n’ a pas pu être douché, le patient n’a eu que des toilettes au lit, parce que depuis 6 mois, malgré nos demandes répétées, le matériel n’est pas réparé. Tout cela est absolument inadmissible. On ne peut plus prendre en charge correctement nos patients.

RP : De nombreux médias se sont fait l’écho de situations absolument terribles dans les hôpitaux pendant le pic épidémique, du fait de la pénurie en masques, blouses, … Quelle a été la situation dans votre hôpital ?

Yann : Aux hôpitaux de St Maurice, les trois premières semaines au moins l’ARS (Agence Régionale de Santé) qui dépend de l’Etat ne nous livrait qu’un tiers du stock de masque nécessaire au personnel de l’établissement. On imagine bien que le virus a pu être propagé, le personnel ne pouvant se protéger lui-même, il a pu le transmettre aux patients. Après ce manque de masque, que l’Etat dément sont venus d’autres pénuries, des pénuries de surblouses qui sont venues accentuer le stress.

Charlotte : Au tout début de l’épidémie, en mars, parce que j’étais dans le service pédiatrique, je n’ai pas été confronté à la pénurie, parce que nous étions prioritaires. Mais à l’inverse mes collègues en psychiatrie n’avaient pas de masques dès le début. Mais rapidement nous avons commencé à recevoir des sms pour nous inciter à trouver des bénévoles qui pourraient fabriquer des surblouses. Des gens de l’extérieur sont donc venus coudre des blouses. Ensuite on nous a demandé de venir avec nos fers à repasser pour créer des surblouses en plastique. A contrario, il faut savoir que lorsque nous nous sommes portés volontaires pour travailler dans le service Covid on nous avait promis des garanties quant à notre protection. On nous a parlé de masques FFP2, de combinaisons, … Pourtant lorsque j’ai pris mon premier service j’ai reçu une charlotte très fine, des surblouses et un tablier en plastique. A St Maurice on n’a pas eu une pénurie énorme, mais il fallait toujours faire attention au matériel, être dans l’économie. On économisait donc, au début c’était une surblouse par chambre, quelques jours après on nous disait de garder la même surblouse pour toutes les chambres, puis pour toute la journée. Pour les masques il y avait une distribution quotidienne. Mais chaque jour il n’y avait pas assez de masques pour tous les agents. On se retrouvait donc souvent avec un seul masque pour une journée de 8 h. Ensuite il a manqué de gel hydroalcoolique. Encore à l’heure actuelle, dans mon service de pédiatrie, on a trente enfants, on est 7 soignants par vacation et on a seulement 3 pompes de gel pour tout le service. Normalement c’est une pompe par chambre, par salle de bains, … On est obligés de faire des fautes d’hygiène.

De plus, depuis que je suis sortie de l’unité Covid, et qu’on ma renvoyée auprès des enfants, il n’y a pas eu 14 jours de carence et je n’ai pas été testée. C’est faux de dire que les soignants ont été testés, les soignants en Ehpad non plus ne l’ont pas été. Nous ne sommes toujours pas testés à l’heure actuelle.

RP : Qu’est-ce que vous répondez à un gouvernement qui pour l’instant semble se satisfaire de vous doter de médailles ?

Charlotte : Ca fait quelques années que le management à l’hôpital c’est d’infantiliser les soignants. Il faut savoir qu’un mois avant le confinement on demandait une minute de silence à l’assemblée pour une infirmière tuée en psychiatrie et on nous la refusait. Et deux mois après on nous dit qu’on est des héros de guerre et on veut nous donner une médaille ? Pour moi c’est l’hôpital qui se fout de la charité, c’est nous prendre pour des idiots. Cette infirmière ne serait peut-être pas morte s’il n’y avait pas eu de sous-effectif. Cette médaille ne sert à rien, on est des soignants et c’est vrai qu’on fait ça avec le cœur, mais maintenant ça ne nous nourrit pas, ça ne nous fait pas vivre et on ne peut même plus faire notre métier correctement.

RP : A l’heure du Ségur de la santé quelles sont vos revendications pour l’hôpital ?

Yann : Les revendications ne changent pas. Après le Covid il y a une grogne qui est là, mais ce qu’on demande c’est toujours la même chose. Il faut savoir que la France est la sixième puissance économique mondiale. Est-ce qu’on pouvait justifier la fermeture toujours plus irrationnelle des lits, est ce qu’on pouvait cautionner le gel de nos salaires depuis plus de 10 ans ? Bien sûr que non. Il faut savoir qu’un hôpital ça n’est pas que des soignants, et Ségur a l’air de mettre l’accent plutôt sur les soignants. Nous si on a pu soigner pendant la crise, c’est grâce aux services qui nous supportent, les agents de ménage, la blanchisserie, la cuisine, la plomberie, … La revalorisation de salaire vaut pour tous. Et je pense que la santé, l’éducation, le service public c’est un peu le socle de notre société et si on ne choisit pas d’y mettre de l’argent en fonction des besoins de la population, forcément cela laissera des gens de côté et ça en laisse déjà.

Pour revenir sur nos exigences. Il y a l’augmentation immédiate de 300€ minimum des salaires des hospitaliers et de l’action sociale, l’abandon de la tarification à l’activité, ainsi qu’un un budget pour les soins (ONDAM) fixé sur les besoins de la population (ce qui le ramène à 5%), aujourd’hui il est de 2,8%. Il faut plus d’argent dans la santé pour l’égalité des soins. Nous revendiquons également la garantie d’un accès aux soins égalitaire pour toutes et tous, quel que soit le territoire, et le dégèle du point d’indice dans la fonction publique.

RP : Edouard Philippe a récemment pris la parole pour expliquer que selon lui discuter de la gouvernance des hôpitaux n’était pas un enjeu important dans la période. Qu’en pensez-vous ?

Charlotte : En réalité on se bat aussi tous les jours avec nos cadres pour une gouvernance différente. C’est notre quotidien, on doit se battre tous les jours pour être entendus et au final ils ne nous écoutent que rarement. Ce qui est assez « drôle » c’est que l’unité Covid en une demi-journée elle était opérante, une fois qu’on a décidé de la prendre en main. Alors que ça faisait une semaine qu’ils étaient soi-disant en train d’installer le service. Nous on est arrivés, on a tous mis la main à la pâte, et en trois heures c’était fait. Du coup à la fermeture de l’unité covid, on a été reçus par la direction et on leur a dit voilà de quoi on est capables. Donc si vous nous laissez plus souvent dans vos directions on saurait mettre l’argent là où il y en a besoin, ce qui n’est pas souvent le cas. Ce serait plus agréable pour le soignant, pour le patient, tout se déroulerait bien mieux.

Yann : Il y a urgence à repenser la gouvernance dans nos hôpitaux. Sur la longueur on a besoin d’intégrer les soignants et ce à tous les échelons, mais aussi les usagers. Il y des représentants d’usagers à l’hôpital qui doivent être intégrés à la réflexion comme ceux qui prodiguent. Ils doivent être intégrés à cette démarche. Le Ségur en ce sens m’inquiète tout particulièrement. Le collectif inter-urgence, principalement composé de soignants, a été évincé de ces réunions, alors que ce sont des gens qui se battent depuis plus d’un an pour avoir des meilleures conditions de travail dans leur service et donc leur point de vue est particulièrement appréciable, parce qu’ils étaient en première ligne face à la crise. A la dernière réunion il me semble aussi que seulement la CFDT a été entendue en tant qu’organisation syndicale alors qu’elle n’est qu’à la troisième place des organisations sur le plan de la représentativité des métiers de la santé. Il y a là aussi une problématique, si on ne prend en compte l’avis que des médecins de la CFDT on se rend bien compte qu’on laisse de côté toute une partie de la population quid devrait être intégrée à cette réflexion.

RP : Qu’est-ce que vous avez envie de dire à ceux qui vous ont applaudi tous les soirs à 20h ?

Yann : Ce combat doit être mené de façon commune. Tout le service public est ébranlé par des politiques budgétaires qui relèvent de l’absurde. Les Etats-Unis sont la première puissance économique mondiale, est- ce qu’ils ont un bon système de soin ? Est ce qu’ils ont un bon système de retraite ? Ces restrictions budgétaires sont profondément irresponsables. L’Allemagne s’en est un peu mieux sorti que la France pendant la crise. Il faut savoir qu’il y a dix ans nous comptions autant de lits de réanimation qu’eux. Le fait d’avoir cassé nos services de réanimation, on le paye aujourd’hui. Je crois que tous ensemble il faut qu’on détrône ces irresponsables. On doit faire des choix assez radicaux en termes de santé, d’éducation, de justice, d’écologie, d’égalités hommes femmes. Le monde d’après qu’on nous a promis, a priori ne vient pas. On a intérêt à aller le chercher et je pense que l’ensemble de la population doit se réveiller pour cela.

Merci pour les applaudissements, mais maintenant il faut passer à l’étape suivante. Qu’il y ait un soutien dans la rue avec nous lorsque l’hôpital se mobilise, lorsque les services publics se mobilisent, que le privé aussi soit avec nous. Ce n’est pas une question de corporatisme

Charlotte : A l’hôpital, parce qu’on ne peut pas aller dans la rue, parce qu’on ne peut pas faire trop de bruit, parce qu’on est toujours réquisitionnés lorsqu’on se met en grève ils continuent de charger le mulet. On a besoin de moyens. C’est merveilleux que les gens nous aient applaudi tous les soirs à 20 h mais maintenant il faut qu’ils soient dans la rue avec nous. On se bat pour eux.




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