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Grandpuits Total. Les raffineurs votent 48h de grève pour s’opposer aux suppressions d’emplois

Mercredi les salariés de la raffinerie de Grandpuits ont voté la grève proposé par l'intersyndicale CGT FO CFDT en Assemblée Générale et l'arrêt des expéditions de carburant pendant 48h à compter de jeudi matin, contre le PSE annoncé par Total qui menace 700 emplois.

mercredi 28 octobre

« Pas une goutte de produit ne sortira ni de Grandpuits ni de Gargenville » : Adrien Cornet, délégué CGT de Total Grandpuits, résume ainsi ce qu’a décidé l’assemblée générale des salariés qui a décidé de se mettre en grève 48h contre le PSE annoncé par Total le 24 septembre dernier. Le projet de l’entreprise est de transformer le site en un site de production « d’énergie verte », supprimant au passage 200 salariés Total et menaçant 500 emplois chez les sous-traitants selon la CGT Grandpuits. Après un rassemblement devant le siège de la multinationale qui détient le premier chiffre d’affaires du CAC40 (175 milliards d’euros en 2019) le 6 octobre dernier, et une grève de 24h le 24 octobre, le mouvement des salariés contre la destruction de leur outil de travail continue.

Au cœur de la colère des salariés, les discussions sur l’emploi : Total refuse catégoriquement ne serait-ce que d’évoquer le sujet. Ainsi, le groupe pétrolifère a refusé d’intégrer au relevé de conclusion proposé aux organisations syndicales, c’est à dire le calendrier de négociations du PSE – des réunions sur l’emploi. Une décision qui en dit long sur l’état d’esprit de la direction face à des salariés qui voient l’avenir de leurs familles mises en danger. « Aujourd’hui ils nous méprisent : on n’a que des fins de non-recevoir à nos demandes » explique ainsi Florian Bourget, délégué syndical FO au micro de Révolution Permanente.

Pour la CGT, le refus d’ouvrir la moindre discussion sur l’emploi est le signe que Total veut aller au bout de son projet, avec à clé des centaines de suppressions d’emploi. « On veut zéro suppression d’emplois sur la plateforme, entreprise Total et entreprises extérieures » martèle ainsi Adrien Cornet. Le syndicaliste explique que « la direction refuse ne serait-ce que de parler d’emploi », et que face à « la radicalité » du grand patronat pour supprimer des emplois, c’est seulement en construisant « le rapport de force » par la grève et la mobilisation que les salariés pourront « apporter une réponse à la hauteur ». Face à l’attitude de la direction, l’intersyndicale CGT, FO et CFDT a donc proposé des modalités de grève de 48h avec arrêt des expéditions de carburant aux salariés réunis en assemblée générale ce mercredi 28 octobre. Résultat du vote : l’immense majorité des salariés ont décidé de durcir le mouvement en arrêtant toutes les expéditions de carburant entre jeudi matin 6h et samedi matin 6h. Il y aura donc deux jours sans qu’aucun produit raffiné ne sorte de la raffinerie.

Le refus de la direction d’intégrer aux discussions sur le PSE des réunions sur l’emploi montre bien que face à Total, le dialogue social ne mènera nulle part si ce n’est à laisser les mains libres à la direction pour supprimer des emplois. Comme nous l’expliquions dans un précédent article, Total espérait ainsi faire signer aux organisations syndicales un relevé de conclusion pour leur lier les mains pendant les négociations afin d’empêcher la construction d’un rapport de force par la grève et le blocage de la production. Mais pour l’instant, les salariés ont choisi une autre voie : celle de la grève et d’un bras de fer avec la direction. Ces 48h de grève vont dans ce sens, la perspective de partir en grève reconductible ayant été abordée par les salariés pendant l’assemblée générale. Comme le rappelle Florian Bourget, « c’est un premier mouvement, bien d’autres vont venir ».




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