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« Il n’y a plus de place de réanimation dans le 93 ». Les hôpitaux d’Île-de-France arrivent à saturation

Alors que le pic de l'épidémie est encore à venir, les hôpitaux d’Île-de-France arrivent déjà à saturation. La situation est particulièrement dramatique en Seine-Saint-Denis, où il n'y a plus de place dans le service de réanimation.

jeudi 26 mars

Le manque de moyen dans les services de santé public, que les personnels dénoncent depuis de long mois, amène aujourd’hui à une situation plus que dramatique. Si le pic de l’épidémie de Covid-19 est encore à venir, les hôpitaux d’Île-de-France se retrouvent à la limite de la saturation. Une situation d’autant plus dramatique que la région parisienne est une des plus touchées en France.

C’est en Seine-Saint-Denis que la situation est la plus critique. Interrogé par Le Monde, le chef du service des urgences de l’hôpital Jean-Verdier de Bondy explique qu’ « il n’y a plus une seule place de réanimation dans le 93 », avant de poursuivre, « Nous avons prévu d’ouvrir huit lits supplémentaires à Avicenne et quatorze à Jean-Verdier, mais nous n’avons pas l’équipe pour les faire tourner. Nous manquons cruellement d’infirmières spécialisées. En réanimation, les patients doivent être surveillés vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et il faut au minimum une infirmière pour trois patients. Nous sommes à des années-lumière de pouvoir en recruter autant ».

Au delà du manque de lits s’ajoute donc un manque de personnel pour faire face à l’épidémie. Pire, le chef du service des urgences de l’hôpital avoue avoir de grosses craintes pour la suite. « Ce n’est que le début de la vague, et les autres hôpitaux nous répondent déjà : « Oh là là, je préfère garder de la place pour mes urgences. » Tous les hôpitaux vont devoir s’organiser sans trop compter sur leurs voisins. Les hôpitaux pédiatriques commencent cependant à se mobiliser : à Robert-Debré, vingt lits ont été ouverts mardi pour accueillir des adultes. Nous y avons envoyé deux patients, mais il ne reste déjà plus que deux places ».

Il apparaît donc que la situation actuelle dans le 93 n’est que les prémices de la situation plus générale en Île-de-France. Ainsi, dans les Hauts-de-Seine, onze patients infectés ont dû être refusés en moins de vingt-quatre heures. « Nous aurions la possibilité d’ouvrir de nouveaux lits, si nous étions en mesure de recruter une vingtaine d’infirmières. Mais avec les effectifs actuels, nous ne pouvons plus accueillir de patients, regrette le médecin. Il faut maintenant attendre que des patients guérissent. » explique, désabusé, Thomas Gille, pneumologue à l’hôpital Avicenne à Bobigny.

A ce titre, Macron a bon dos de saluer le professionnalisme et le courage des personnels soignants, lui qui, comme ses prédécesseurs, a appliqué des politiques de casse de l’hôpital public. Le président a tout aussi bon dos à annoncer des plans d’ampleurs pour l’hôpital pour l’après crise sanitaire, tandis que dans le même temps le gouvernement, main dans la main avec le patronat, mène une guerre contre les travailleurs pour maintenir au maximum l’activité dans des secteurs loin d’être essentiel dans la situation actuelle, comme dans l’automobile ou l’aéronautique. Une politique criminelle, tandis que le matériel manque toujours dans le milieu de la santé.




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