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Politique

Gestion criminelle

Macron veut rouvrir les écoles à tout prix mais reporte la vaccination des profs

Macron a annoncé le report de la vaccination des enseignants, après que le gouvernement ait assuré que les écoles ré-ouvriraient sans faute... et a priori sans moyen supplémentaire. Ce sont ces mêmes choix qui ont conduit à transformer les écoles en clusters.

jeudi 8 avril

Crédit photo : JEFF PACHOUD / AFP

La semaine qui a précédé les annonces d’Emmanuel Macron -qui ont abouti à la fermeture des écoles- avait été marqué par une augmentation du nombre de professeurs absents, d’élèves malades et de classes fermées, du fait du covid-19. Une image supplémentaire des limites de ce que pouvait encaisser une éducation nationale après des années de politiques austéritaires. Du fait du manque de remplaçants, les établissements ont dû se reposer sur les AED, AESH ou ATSEM ou encore répartir les élèves des enseignants malades dans les autres classes, augmentant ainsi le brassage. Autant d’éléments qui ont mis au cœur des préoccupations des enseignants une question clef : « A quand la vaccination pour les personnels de l’éducation ? »

Pour le gouvernement par contre, la question ne se pose pas vraiment. Après avoir affirmé au mois de mars que les enseignants seraient vaccinés à partir de la mi-avril, Emmanuel Macron a annoncé que les personnels de l’éducation nationale devront attendre la fin de la vaccination des personnes vulnérables ce qui « devrait nous conduire à la mi-juin » comme le rapporte Libération.

La conséquence de ce report est directement liée à l’échec de la stratégie vaccinale du gouvernement. De plus, contrairement à de nombreux pays de l’OCDE, la France a fait le choix de ne pas mettre en œuvre de calendrier spécifique pour les enseignants, laissant ainsi la situation se dégrader dans les établissemnt scolaire et dans les familles. Dans le même temps, Gérald Darmanin pousse pour que les policiers et gendarmes soient prioritaires à la vaccination.

A l’œuvre une fois de plus le refus du ministère à assurer un minimum de sécurité face à l’épidémie. Pour celui-ci les protocoles sanitaires prescrits suffisent à protéger les personnels et les élèves. Cette posture criminelle a conduit à faire des établissements scolaires des clusters et a sans doute donné lieu a des situations comme celle du lycée Delacroix qui comptent 20 décès de parents d’élèves.->https://www.revolutionpermanente.fr/20-deces-de-parents-du-Covid-au-lycee-Delacroix-93-Profs-et-hospitaliers-demandent-des-moyens] Et face à une troisième vague qui fait rage le gouvernement assure qu’il ne transigera pas sur la réouverture des écoles après les vacances de printemps, sans pour autant mentionner le moindre changement dans le protocole sanitaire. Comme depuis le début de la pandémie, on voit que le rôle de l’école est celui d’être la garderie du MEDEF afin de permettre aux parents de travailler ou de télétravailler.

 Pour penser une réouverture des écoles qui permettrait d’assurer des conditions de travail et d’enseignement correct, il est nécessaire de prendre des mesures qui vont directement à l’encontre des intérêts des grandes entreprises pharmaceutiques. Et pour dépasser la situation de manque de vaccin, il faut supprimer les brevets liés aux vaccins afin de pouvoir produire plus de doses à moindre coup. Et alors que le gouvernement n’annonce pas la moindre mesure pour la réouverture des écoles, il est nécessaire pour ne pas se diriger vers la même catastrophe sanitaire, d’investir des moyens financiers, humains et matériels et de laisser les enseignants, parents d’élèves et élèves décider des protocoles sanitaires les plus appropriés.




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