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Politique

Réforme des retraites

Noël : le gouvernement prend en otage la majorité de la population

Alors que la manifestation du mardi 17 décembre a rassemblé 1,8 millions de personnes selon la CGT, le gouvernement invoque l'approche de Noël pour demander une trêve de la mobilisation contre la réforme des retraites. Selon lui, le mouvement de grève risque de gâcher les fêtes de fin d'année de nombreux français. Est-ce vraiment le cas ?

mercredi 18 décembre 2019

Crédit photo : O phil des Contrastes

Une réforme profondément injuste…

 
Alors que le mouvement de grève dure depuis plus de deux semaines, la manifestation de ce mardi 17 décembre était une franche réussite à Paris comme en région. Ceci, alors même que les difficultés sont nombreuses pour tous : les usagers doivent trouver des solutions alternatives pour se déplacer et les grévistes perdent chaque jour plus d’argent.
 
Cependant, rien ne semble pouvoir attaquer la détermination de la majorité des Français à voir la réforme être retirée puisque 62 % d’entre eux soutiennent le mouvement. C’est normal, comme nous le montrions dans cet article, elle est profondément injuste en augmentant l’âge de départ, en réduisant les pensions et en précarisant toujours plus les ouvriers et employés. 
 

…contre laquelle les cheminots et la RATP se battent en première ligne

 
C’est contre cette réforme, qui touche autant le privé que le public, que se battent les cheminots, les employés de la RATP et les enseignants. En se mobilisant depuis le 5 décembre ils sont à l’avant-garde du mouvement.Dans ce bras de fer entre le mouvement social et le gouvernement les vacances de Noël seront décisives. Si le mouvement s’arrête durant deux semaines il sera difficile de réussir à faire plier le gouvernement. C’est pourquoi celui-ci joue la carte « de la trêve de Noël », tout comme il avait déjà évoqué les "cheminots privilégiés" ou "les régimes spéciaux" sont but est de semer le poison de la division, que la population se mette à en vouloir aux grévistes.
 
Si cette stratégie n’a pas, pour le moment fonctionné, nous devons combattre les arguments du gouvernement parce qu’en effet, pour nombre d’entre nous, se déplacer durant les fêtes de Noël sera difficile, alors même que ces fêtes sont un moment privilégié pour passer des bons moments avec sa famille et ses amis, bien manger et, quelques temps durant, oublier les difficultés du quotidien.
 

Qui peut sauver Noël ?

 
Ce que le gouvernement omet évidemment de dire, c’est que nombre de grévistes sont clairs depuis le début du mouvement : si le gouvernement abandonne sa réforme les grèves s’arrêteront. "Ni amendable, ni négociable, retrait total" voilà la revendication de la majorité de la population. C’est clair, simple et le mouvement continuera jusqu’à satisfaction. C’est donc le gouvernement qui a les cartes en mains pour qu’il y ait de transports durant les fêtes de fin d’année. Il faut le dire de manière claire, seul le gouvernement peut faire en sorte qu’il y ait une sortie de crise rapide : il lui faut renoncer à sa réforme. 
 

Qui sont les otages de qui ?

 
Ainsi, ils ne prennent pas les Français en otages, comme le suggère les éditorialistes et LREM, ils sont au contraire en première ligne d’un combat difficile et d’une bataille pour l’ensemble de la population, sacrifiant pour cela une partie importante de leur salaire de fin d’année. De plus, les services publics en grève transports, hospitaliers, etc. sont aussi ceux qui permettent d’habitude que les fêtes soient possibles. En travaillant 24h/24, ce sont eux qui soignent, transportent, aident les Français durant les fêtes. Ce travail, invisible d’habitude, doit nous rappeler l’importance de services publics de qualité, et est un argument supplémentaire pour soutenir la grève. Les autres transports privés, les "bus Macron", comme Flixbus par exemple ont ainsi augmenté leurs prix de manière démesurée : 880 % de plus pour un Paris-Lyon (120 euros) ; 150 euros pour un Paris-Clermont-Ferrand, etc. 
 
En position de force, les entreprises privées ne cherchent que le profit, au mépris des classes populaires. Si le gouvernement voulait vraiment sauver Noël il aurait pu faire un décret pour limiter les prix des transports privés, par exemple. Ce qu’il a préféré faire c’est supprimer les obligations de temps de repos des conducteurs de bus durant les fêtes. Travaillant déjà dans des conditions difficiles, les patrons de ces entreprises pourront demander aux chauffeurs de bus de rouler douze heures d’affilées sans repos, au mépris de la sécurité des passagers et de leurs conditions de travail. 
 
C’est ça le monde que Macron veut, moins de sécurité pour plus de profit, et c’est aussi contre ça que se battent les grévistes aujourd’hui. La grève pose des difficultés à tout le monde, c’est certain, mais pour Noël le plus beau cadeau qu’on puisse recevoir c’est l’abandon de la réforme des retraites et, pour ça, la grève est nécessaire. De nombreux internautes ont d’ailleurs soulignés leur soutien à la grève malgré les difficultés :

 

 

 




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