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Edito

Offensive sur les retraites : les directions syndicales doivent quitter la table des négociations !

Ce lundi, les directions syndicales étaient à nouveau reçues par le Ministre du Travail pour discuter des contre-réformes à venir. Ce dernier a confirmé qu’une réforme des retraites dès octobre restait une hypothèse, démontrant l’absurdité du maintien du dialogue avec le gouvernement.

lundi 19 septembre

Crédits photo : Le Dauphiné Libéré

Une semaine après un premier rendez-vous à l’issue duquel le ministre du Travail avait confirmé qu’un passage en force sur la réforme des retraites n’était pas exclu, les directions syndicales étaient à nouveau reçues par Olivier Dussopt ce lundi. Au programme notamment, une discussion sur le rapport du COR publié jeudi dernier.

Et une fois de plus la rencontre, à laquelle participaient également les représentants du patronat, ressemble à une véritable humiliation. A la sortie, l’ensemble des directions syndicales ont ainsi expliqué que l’idée de réformer les retraites au travers d’un amendement au Projet de loi de financement de la sécurité sociale destiné à être voté au 49.3 à l’automne « n’a pas été écartée ».

« On a senti qu’Olivier Dussopt rôdait les éléments de langage pour passer une mesure rapidement » a ainsi expliqué Benoît Teste, le dirigeant de la FSU. Seule alternative au passage en force, d’après BFM TV le gouvernement aurait posé sur la table la possibilité d’une « concertation » mais qui devrait aboutir rapidement pour permettre à la réforme d’entrer en vigueur d’ici l’été 2023.

En clair, le gouvernement maintient dans tous les cas sa volonté d’une réforme brutale, à un rythme plus ou moins rapide et avec plus ou moins d’apparence de dialogue. De façon très provocante, Olivier Dussopt affirmait d’ailleurs ce dimanche sans détour : « nous devons travailler plus ».

A la sortie d’une réunion à laquelle il semblait déjà fou de participer, les directions syndicales se sont une nouvelle fois contentées d’agiter les bras sans proposer la moindre perspective. La palme d’or de cette mascarade revient aux directions de FO et de l’UNSA qui ont refusé d’appeler à la mobilisation le 29 septembre mais promettent que « [le gouvernement les] trouvera sur sa route » pour les premiers et « des réactions extrêmement fortes » pour les seconds, ainsi qu’à la CFDT qui promet « une opposition frontale » voire… de se retirer du Conseil national de refondation.

Le tableau n’est cependant pas beaucoup plus rouge du côté de la CGT qui menace de « rentrer dans la confrontation sociale » et de « couper immédiatement toute discussion avec le gouvernement. » Alors que Macron tente de convaincre ses troupes de la nécessité de nous frapper vite et fort, c’est pourtant dès maintenant qu’il y faudrait se confronter.

En poursuivant le dialogue social malgré les camouflets répétés, les directions syndicales donnent du grain à moudre au gouvernement et à ses contre-réformes. A ce titre, la réunion a permis d’annoncer le début d’une concertation sur la réforme de l’assurance-chômage à laquelle l’ensemble des directions syndicales, aussi énervées soient-elles, semblent prêtes à participer.

A rebours de cette logique qui nous désarme, l’heure devrait être à la construction d’un plan de bataille autour de mots d’ordre offensifs, non seulement pour faire remballer au gouvernement ses contre-réformes, mais aussi pour faire face à la crise actuelle, par exemple par de véritables hausses des salaires, des pensions et des minimas sociaux et leur indexation sur l’inflation.

Macron accélère le rythme, il y a urgence à réagir. Cela implique de commencer par faire du 29 septembre une véritable journée de grève, qui mobilise différents secteurs, bloque de façon effective la production et permette de poser les jalons d’une riposte face au gouvernement. L’attitude actuelle des directions syndicales montre qu’imposer cette perspective sera un combat.



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