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Politique

Covid-19

Portugal. Le retour du couvre-feu témoigne de l’absence de stratégie sanitaire en Europe

La dangereuse extension des contaminations au variant delta au Portugal pousse son gouvernement à imposer de nouveau un couvre-feu. Ce retour des mesures coercitives est un premier témoin de l’impréparation des États européens à faire face au probable rebond de l’épidémie cet été.

vendredi 2 juillet

Ce vendredi 2 juillet, le gouvernement portugais annonçait un retour, ou l’extension, de plusieurs restrictions sanitaires face à l’explosion des cas de contamination au variant Delta. Ces mesures sont principalement localisées dans les moyennes et grandes villes du pays, puisque ce sont 45 municipalités, telles que Porto ou Lisbonne, qui se voient imposer un nouveau couvre-feu de 23h à 5h ainsi que la fermeture des cafés et restaurants à partir de 22h30 en semaine et à 15h30 le Week-end.

Au total, ce sont près de 4 millions de portugais, soit environ 40 % de la population, qui vont de nouveau se voir privés de libertés avec le retour d’un couvre-feu répressif. En cause, une nouvelle flambée de l’épidémie avec l’émergence du variant Delta. Dans la capitale, le taux d’incidence a atteint une moyenne sur les deux dernières semaines de 438 cas pour 100 000 habitants. En une journée, ce sont près de 2500 nouveaux cas qui ont été enregistrés le 1er juillet dans le pays, un record depuis le pic de l’épidémie en février dernier durant le confinement.

Mais au-delà de l’apparition d’un nouveau variant, c’est l’impréparation totale du gouvernement qui lui a laissé le champ libre pour s’installer. Du manque de tests au retard de la vaccination, en passant par le manque criant de moyens dans les hôpitaux, à l’image du reste de l’Europe, la priorité au Portugal a toujours été à l’économie contre les besoins de la population en termes sanitaires. D’ailleurs, les mesures annoncées par le gouvernement Costa du Portugal témoignent de la contradiction entre la reprise de la contagion et la volonté de maintenir l’activité économique durant l’été, notamment pour un pays et des villes touristiques telles que Lisbonne. En effet, les mesures de restrictions annoncées sont en réalité peu entravantes pour l’économie, bien que coercitives, mais surtout, elles n’apportent aucune perspective de sortie de crise face au rebond de l’épidémie, à l’instar de la vaccination obligatoire des soignants voulue par Macron ou du pass sanitaire français et européen.

Le variant delta, qui a déjà dévasté l’Inde et menace l’arrivée d’une quatrième vague en Europe, met en lumière toute l’inconséquence du capitalisme à proposer une réponse à la crise sanitaire. Une vraie stratégie de lutte contre l’épidémie ne peut pas être pensée dans le simple cadre des nations, mais à l’internationale, et ne peut être pensée dans la concurrence des laboratoires pharmaceutiques, mais dans leur coopération. Pour cela, il est nécessaire d’abolir les brevets et la propriété intellectuelle sur l’ensemble des vaccins ! Si les variants deviennent de plus en plus résistants aux vaccins, il faut une recherche internationale commune pour trouver au plus vite de nouvelles réponses médicales !

Tout cela ne peut être l’œuvre des grands laboratoires qui se font un juteux profit sur le dos des malades et n’ont aucun intérêt à changer de direction. Leur expropriation et leur mise sous contrôle des travailleurs au service de la population est une condition essentielle d’une stratégie efficace pour anéantir la pandémie.




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