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Répression meurtrière en Iran : au moins 326 manifestants tués et cinq condamnations à mort

Au moins 326 manifestants tués et cinq condamnations à mort prononcées par la justice : en Iran, face à une révolte massive qui dure depuis maintenant deux mois et ne faiblit pas, le régime mise tout sur la répression.

jeudi 17 novembre

Crédits photo : AFP

Cela fait maintenant deux mois que la révolte en Iran a commencé, après la mort de Jina Mahsa Amini dans les mains de la police des mœurs. Dès le début, les manifestants ont dû faire face à une répression féroce et selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), au moins 326 manifestants auraient été tués depuis le début des manifestations.

Cette répression est particulièrement forte dans les provinces du Sistan, du Baluchestan et du Kurdistan, en grande partie peuplées par des minorités ethniques. Le 30 septembre, lors du « vendredi sanglant », 90 personnes sont ainsi tuées lors d’une manifestation à Zahedan contre le viol d’une adolescente de 15 ans par un haut responsable de la police.

Le régime tente également de réprimer toute contestation et tout hommage à des victimes de sa répression. Après la mort de Mahsa Amini, pendant la commémoration qui s’est tenue 40 jours après comme le veut la tradition chiite, la police a ouvert le feu à Saghez. Ce jeudi, les forces de répression ont empêché les manifestants de rejoindre la cérémonie en mémoire de Pezhman Gholipour, tué lors des manifestations de 2019 contre la hausse des prix du carburant.

Parmi les manifestants arrêtés se trouvent beaucoup de militants politiques ou de militants du mouvement ouvrier. Et très vite s’est exprimée la volonté de la part du régime d’intimider le mouvement. À la prison d’Evin par exemple, l’incendie qui s’est déroulé est considéré par les manifestants comme étant l’œuvre du régime, notamment parce qu’Evin est le principal centre de détention des dissidents politiques et des opposants au régime et comporte un nombre important d’étudiants, d’intellectuels, d’artistes et de militants anti-gouvernementaux.

Cette semaine, le régime a opéré un saut dans la répression des manifestants. Trois personnes ont ainsi été condamnées à mort ce mercredi, portant le nombre total de condamnations à la peine capitale à cinq depuis dimanche. Cinq autres personnes ont été condamnées à des peines d’emprisonnement de 5 à 10 ans pour « rassemblement et conspiration en vue de commettre des crimes contre la sécurité nationale et trouble à l’ordre public » et en tout, près de 800 personnes sont inculpées pour leur participation aux manifestations. Les procès ont commencé ce jeudi ; sachant que déjà vingt personnes ont été mises en accusation pour des crimes passibles de la peine de mort, il est probable que le nombre de condamnations à mort qui seront prononcées soit important d’autant plus que l’Iran n’a pas hésité à exécuter au moins 314 personnes en 2021 selon Amnesty International.

En plus de la répression féroce des manifestations, le pays a également été frappé par deux attaques à la moto. La première a eu lieu ce mercredi à Izeh, dans la province du Khouzistan, quand deux personnes à moto ont tiré sur un marché, faisant sept morts et huit blessés. Quelques heures plus tard, une attaque a eu lieu à Ispahan, quand deux autres personnes à moto ont tiré sur des paramilitaires, appelés Bassidji. Pour l’heure, il n’y a aucune certitude sur le motif et l’origine de ces attaques. Ces attaques pourraient être l’œuvre du régime lui-même ou provenir de forces extérieures, comme l’État islamique par exemple, qui avait commis un attentat dans un lieu de culte chiite à Chiraz le 26 octobre, faisant 13 morts et 40 blessés.

Malgré la répression du régime, ses tentatives d’intimidation et le climat de tension sociale dans le pays, la révolte continue. Cette révolte, qui avait un caractère essentiellement féministe au départ, a rapidement pris un caractère global de contestation contre le système, rassemblant largement la population dans un contexte d’inflation et de crise économique d’ampleur en Iran du fait des sanctions des pays impérialistes contre le régime. Les manifestations continuent aujourd’hui dans tout le pays, comme à Sanandaj au Kurdistan, tout comme les affrontements avec les forces de répression, comme à Shiraz, montrant la détermination des manifestants. Face à l’intensification de la répression, une fois de plus, solidarité avec le peuple iranien en lutte !



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