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Répression

Roissy. Transdev met à pied un syndicaliste et menace de licencier le secrétaire de l’UL CGT : solidarité !

Alors que les salariés de Transdev Aéropiste/Interpiste, sous-traitant d’Air France, sont en grève depuis le 7 octobre, la direction répond par la répression. Un rassemblement a lieu ce vendredi à 9h45 à l’UL de Roissy.

23 novembre 2023

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Roissy. Transdev met à pied un syndicaliste et menace de licencier le secrétaire de l'UL CGT : solidarité !

Menace de licenciement du secrétaire de l’Union Locale CGT de Roissy

Depuis plus d’un mois, les salariés de Transdev Aéropiste/Interpiste mènent un mouvement de grève impulsé par la base et soutenu par la CGT. En cessant le travail dans des moments clé du trafic aérien, ils ont un impact important sur la production. Ils veulent se faire entendre pour obtenir des augmentations de salaires face à l’inflation, mais ils se battent aussi contre des conditions de travail dégradées, pour l’embauche des intérimaires et contre un management qualifié de « raciste ».

Face à la persistance des débrayages, il faut croire que la direction n’arrive plus à endiguer la grève malgré la mobilisation d’une armée d’intérimaires et de salariés de sous-traitants pour la briser, et a donc décidé de monter d’un cran dans sa contre-offensive. Cette semaine, le secrétaire général de l’Union Locale CGT de Roissy et chez Transdev, Nicolas Pereira, a reçu une convocation à un entretien préalable à licenciement pour le 24 novembre 2023. C’est la première fois qu’un secrétaire d’Union Locale est attaqué de cette manière à Roissy.

Cette mesure de rétorsion fait suite à une action organisée par les grévistes le 10 octobre. Ces derniers se sont invités à un séminaire des cadres de Transdev Aéropiste /Interpiste pour dénoncer le fait que la direction a les moyens d’organiser des grands évènements et soirées somptueuses en pleine grève pour les salaires et dans un contexte d’inflation galopante. A l’époque, ils expliquaient leur action : « Comme tous les collègues, on galère à finir nos fins de mois et eux, ils s’engraissent sur notre dos. On se serait vraiment cru au Moyen-âge, les collègues étaient choqués. »

A la suite de cette action, la directrice générale s’en était prise à Nicolas Pereira qui avait dénoncé l’attitude agressive de cette dernière vis-à-vis des grévistes lors de l’action du 10 octobre sur un groupe privé de messagerie instantanée réunissant ses collègues. Elle avait même annoncé des poursuites judiciaires contre ce qu’elle a qualifié de « campagne de dénigrement contre elle ».

Prête à tout pour casser la grève, la direction met à pied Nordine, élu CGT

Alors qu’un nouveau débrayage a eu lieu le 22 novembre 2023, Nordine, travailleur d’Aéropiste et élu CGT qui rentrait de congé a appris qu’il était mis à pied. La direction a cru ainsi pouvoir lui intimer de quitter le site hier alors même qu’il conserve son mandat en cas de mise à pied et qu’il a le droit de circuler sur son lieu de travail. Après avoir refusé de partir, la direction a appelé les gendarmes pour l’intimider.

Un peu plus tard, l’élu a réclamé des explications et à voir son dossier disciplinaire. Il a été autorisé à le consulter trois minutes avant que la direction ne s’énerve, déchire le dossier et appelle une seconde fois les gendarmes. Mohamed, gréviste et délégué syndical CGT, a aussi été interdit de site depuis mercredi. Enfin, certains salariés ont reçu des courriers pour des faits mineurs tels que des retards, dont certains ont eu lieu il y a plus de trois mois.

A Roissy, la direction de Transdev est connue pour ses pratiques de discrimination syndicale et antigrève. Nordine n’est pas étonné. Pour lui «  la direction tente de taper très fort parce qu’elle sait que si elle lâche ici à Roissy, cela ouvre une brèche pour l’ensemble des salariés de Transdev ». C’est comme ça qu’il explique le niveau d’offensive que subissent les trois élus mais aussi les salariés grévistes.

Cette offensive patronale à Roissy intervient aussi alors qu’une centaine de conducteurs de bus de Trandev à Coubron (93) et à Chelles (nord 77) ont démarré une grève illimitée inédite ce lundi pour réclamer des augmentations de salaires.

Face à ces attaques et une direction inflexible, élargissons le mouvement et la solidarité.

Alors que le groupe a engrangé un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros pour 2022, soit une hausse de 10%, ses dirigeants sont prêts à tout pour ne pas lâcher un centime aux salariés qui lui permettent de s’enrichir. Par solidarité, les autres salariés d’Aéropiste et Inter-piste se sont mis en grève mercredi. C’est une première réponse exemplaire face à ces tentatives d’intimidation.

Vendredi 24 novembre à 9h45 à l’UL de Roissy a lieu un rassemblement pour accompagner Nicolas à son entretien disciplinaire. Pour envoyer un signal fort à la direction, un nouvel appel à la grève a été lancé pour demain. Il est important d’être très nombreux pour montrer à ces patrons voyous que chaque attaque de salariés qui relèvent la tête ne fera que renforcer la solidarité.

Cette répression exacerbée s’inscrit dans un climat plus général dans les métiers de l’aérien, à l’image de la loi anti-grève adoptée contre les contrôleurs aériens. Une politique patronale d’autant plus agressive que plusieurs grèves se déclarent pour des augmentations de salaires, face à une inflation galopante. Face à la répression et pour ne pas que ces grèves restent isolées, face à des entreprises sous-traitantes et donneurs d’ordres qui eux sont très bien coordonnées, il faut construire un mouvement d’ensemble !


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