^

Politique

Moins 3 points pour Macron !

Sondages en baisse pour le gouvernement, le signe d’une fébrilité toujours plus grande

À trois semaines des municipales, la cote de popularité du gouvernement Macron ne cesse de chuter. Selon un sondage Odoxa-CGI, Macron perd 3 nouveaux points et Edouard Phillipe connaît une légère baisse (-1). Une démonstration de la faiblesse du gouvernement, alors qu'il tente de faire passer une réforme des retraites largement désavouée.

mardi 25 février

Crédits photo : AFP

Ainsi un français sur trois seulement juge que Macron est un « bon président » contre 66% (+2) d’un avis contraire. La popularité du chef de l’Etat s’écroule notamment auprès des sympathisants d’Europe Ecologie Les Verts (-22 points) par rapport au mois précédent. De même avec 35% d’opinions favorables et près de deux tiers d’un avis contraire, le Premier ministre fait face à un affaissement de même échelle, qui s’avère particulièrement frappant, encore, auprès des proches d’EELV (-16). Cette dégringolade dans les sondages est le signe que le virage à droite opéré par le gouvernement creuse toujours plus le fossé avec la population. De même, alors que l’écologie est l’un des objectifs affichés du gouvernement, la propagande verte ne prend pas, tant la réponse apportée par le gouvernement à la crise écologique reste dérisoire.

Rien de très surprenant à ce que la population, et ce de façon très majoritaire, soit opposée à Macron et son gouvernement, tant la succession des réformes de ce gouvernement a toujours été au service des plus riches et au détriment des plus pauvres, tant les crises sociales s’enchainent depuis deux ans pour ce gouvernement qui a du faire front face aux gilets jaunes et à une grève historique contre la réforme des retraites entamée le 5 décembre dernier, tant enfin, Macron semble vouloir faire cavalier seul, en imposant la réforme des retraites quand une immense partie de la population la rejette.

La baisse dans les sondages annoncée ce mardi, n’est que le dernier signe de la faiblesse toujours plus grande de ce gouvernement qui doit faire face donc à une crise par le bas mais aussi par le haut. Ainsi, mêmes ses alliés traditionnels le mettent en difficulté, le conseil d’Etat a statué contre la réforme des retraites, les défections se succèdent dans les rangs de LREM à l’assemblée nationale et des secteurs traditionnellement partenaires comme les avocats ou les enseignants chercheurs participent encore à la grève contre la réforme des retraites.

Ces différentes crises, son impopularité, poussent ce gouvernement à toujours plus user de ses prérogatives autoritaires. A l’Assemblée, il révèle de plus en plus sa nature bonapartiste, multipliant les ordonnances et faisant peser la menace de plus en plus pressante du 49-3 pour faire passer sa réforme le plus rapidement possible. De même alors que les municipales s’approchent, la macronie craint que le rejet crié dans la rue s’exprime à son tour dans les urnes, et multiplie là encore les tentatives grossières pour tenter de masquer sa fébrilité. Un feuillet a été envoyé aux candidats LREM, leur conseillant, lorsque la situation est défavorable de ne pas s’afficher avec les couleurs du parti. Surtout avec la circulaire Castaner, retoquée par le Conseil d’Etat, qui prévoyait une modification avantageuse de la comptabilisation des scores des municipales en faveur de LREM. Enfin dans la rue, la répression a été la seule réponse comme devant les dépôts de la RATP, les lycées, les universités, et pendant les manifestations.

Ce sondage est donc la dernière démonstration de la faiblesse du gouvernement. La macronie n’est pas aussi stable qu’elle aimerait le faire croire, et alors que son impopularité est toujours plus grande, et que le mouvement social se cherche un second souffle, il semble plus urgent que jamais que ces contestations qui s’expriment dans les sondages se manifestent dans la rue pour qu’enfin Macron renvoie sa réforme aux oubliettes.




Mots-clés

Crise sociale   /    Macronisme   /    Crise de la représentation    /    Réforme des retraites   /    Édouard Philippe   /    49.3   /    Emmanuel Macron   /    Politique