^

Monde

Nous ne paierons pas la crise

22 000 emplois supprimés et 9 Milliards d’aides pour la Lufthansa

La commission européenne a validé le plan de 9 milliards d’euros du gouvernement allemand pour sauver la compagnie aérienne Lufthansa. Cependant cela ne va pas épargner les salariés dont 22000 postes seront supprimés.

jeudi 25 juin

Crédit Photo : REUTERS/Kai Pfaffenbach

Comme nous l’avons écrit il y a quelques semaines Lufthansa a été mise gravement en difficulté par la crise du covid, à l’image de l’ensemble du secteur aérien. Pour sauver sa compagnie aérienne nationale le gouvernement allemand est monté au créneau et a déployé un plan de 9 milliards d’euros qui a été approuvé par la commission européenne. Celui-ci comprend 6 milliards d’euros d’investissements directs dans la compagnie ainsi que 3 milliards de prêts garantis par l’Etat. Ce plan doit encore être approuvé par les actionnaires de la firme pour entrer en vigueur, cependant, l’actionnaire principale de la compagnie M. Thiele, bien qu’initialement opposé au plan y est maintenant favorable.

En effet, M. Thiele qui détient actuellement un peu plus de 15% des parts de la Lufthansa s’opposait à l’entrée de l’Etat au capital de la société. Les parts de l’Etat allemand représenteront 20% de l’ensemble des actions. M. Thiele refusait le plan d’aide de peur que les actionnaires perdent leur pouvoir sur l’entreprise à la faveur du gouvernement. Il semble donc que l’Etat ait donné les garanties aux actionnaires et se contentera de renflouer l’entreprise sans pour autant aller contre les intérêts des patrons.

En particulier, M. Thiele et les actionnaires entendent profiter de la crise du covid pour supprimer un nombre considérable de 22000 emplois ainsi que pour geler les salaires. Le gouvernement allemand n’ira pas contre ce plan. Le message est clair, l’objectif du gouvernement n’est pas d’aider les travailleuses et travailleur mais de permettre aux actionnaires de ne pas voir leur investissement disparaitre. En conséquence, l’annonce du plan d’aide à fait bondir l’action de la compagnie de 17%.

La suppression de 22000 postes représente 16% de ses effectifs et est justifiée par la quasi suppression du trafic aérien pendant le confinement qui a été mis en place à travers le monde suite à l’épidémie de covid-19. Il faut aussi compter avec le ralentissement de l’économie qui pourrait s’établir de façon durable jusqu’à 2021.

Du coté des syndicats, à l’image de Force Ouvrière à Derichebourg qui a signé l’Accord Performance Collective, le syndicat Verdi accepte un gel des salaires et des mesures dures de chômage partiel et est allé jusqu’à remercier M. Thiele et le gouvernement allemand pour avoir sauvé l’entreprise.

Face aux actionnaires, aux gouvernements et aux bureaucraties syndicales complices de leurs attaques, les travailleurs doivent se battre pour l’ouverture des livres de comptabilité, pour le partage du temps de travail afin de sauver l’ensemble des postes, ce qui ne pourrait s’obtenir qu’en imposant le contrôle ouvrier, en particulier sur les entreprises qui ne survivront pas à la récession qui s’annonce.




Mots-clés

Crise économique   /    Lufthansa   /    Licenciement(s)   /    Aéronautique   /    Monde