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Politique

Un affront !

Automobile. Un plan d’aide de 8 milliards d’euros et Renault va supprimer 5000 postes

C'est une information du Figaro. Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé un plan d'aide au secteur automobile de 8 milliards d'euros ce 26 mai, Renault va supprimer 5000 postes d'ici à 2024.

mardi 26 mai

Crédits photos : MARTIN BUREAU/AFP

Le 19 mai dernier, Le Canard Enchaîné lâchait une véritable bombe en annonçant que Renault s’apprêtait à fermer quatre usines, avec plus de 3500 emplois menacé. C’est au tour du Figaro de balancer un véritable pavé dans la mare ce 26 mai : D’ici à 2024, 5000 postes vont être supprimés par le géant automobile !

L’information tombe mal, c’est un euphémisme de le dire, pour Emmanuel Macron. En effet, le chef de l’Etat s’est attelé, quelques heures auparavant, à détailler son plan concernant la filière automobile. Aux 5 milliards de prêt garantis par l’État se sont donc ajoutés 8 milliards d’aides aux entreprises du secteur, dans un plan présenté comme voulant placer la France comme le leader européen de la production de « voiture propre ». Dans son allocution, le président s’était bien gardé d’évoquer la question des fermetures de site chez Renault... On comprend mieux pourquoi !

En effet, selon Le Figaro, « le gouvernement « intransigeant sur la préservation des sites de Renault en France », selon Édouard Philippe, ne s’est pas opposé à cette restructuration. Mardi matin, le président du conseil d’administration de Renault, Jean-Dominique Senard, s’est entretenu avec le président de la République sur les mesures d’accompagnement de cette réorganisation industrielle. Renault a donné des gages sur le maintien en France d’activités à valeur ajoutée comme l’assemblage, à Cléon, d’un nouveau moteur électrique destiné aux trois partenaires de l’Alliance, Renault, Nissan et Mitsubishi, mais aussi le rapatriement à Douai de l’assemblage de véhicules qui avait lieu hors de France ».

En d’autres termes, c’est en toute connaissance de cause que Macron a détaillé son plan ce 26 mai. Toujours selon Le Figaro, « les projets de fermetures de sites à Choisy, Dieppe et Caudan seront détaillés. Renault cherche un repreneur pour la Fonderie de Bretagne (370 salariés) à Caudan (Morbihan), qui produit des pièces de fonderie brutes et usinées pour l’industrie automobile […] Les dirigeants de Renault devraient également préciser le projet de reconversion de l’usine de Flins, qui pourrait être dédiée à des activités de recyclage. Quant au site de Maubeuge, dont une partie de l’activité devait être transférée à Douai, il fera l’objet lundi d’une table ronde réunissant syndicats et élus et direction, à la demande du président de la République ».

C’est ici qu’apparaît au grand jour le fait que l’ambitieux plan de Macron de 8 milliards d’aides est un cadeau fait au patronat de la branche, et qu’en définitive ce dernier entend faire payer le coût de la crise aux travailleurs. D’autant plus qu’avec la suppression de 5000 postes chez Renault, ce sont aussi des milliers de licenciements qui pourraient disparaître dans les entreprises sous-traitantes, sans même parler des fameux « emplois induis ».

A ce titre, et comme l’explique Vincent Duse, militant CGT chez PSA Mulhouse et au NPA-Révolution Permanente, les travailleurs de la fonderie de Bretagne, qui bloquent leur usine depuis lundi, montre la voie à suivre ! C’est en effet par la lutte de l’ensemble des travailleurs de l’automobile, des entreprises sous traitantes comme des donneurs d’ordres, qu’il sera possible de mettre un stop à l’offensive acharnée du patronat. Une lutte qui ne se limitera pas aux frontières des entreprises Renault, ni même de la branche automobile, tant la tendance va à la multiplication des plans de licenciements dans de très nombreux secteurs de l’économie.




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